Sclérose en plaques progressive primaire (SEP-PP)
Basé sur des recommandations cliniques internationales
Aperçu
La sclérose en plaques progressive primaire (SEP-PP) est une forme de sclérose en plaques dans laquelle les symptômes neurologiques s'aggravent lentement et régulièrement dès le début, sans poussées claires (rechutes) ni périodes de récupération. Dans cette maladie, le système immunitaire attaque la myéline, la gaine protectrice des nerfs du cerveau et de la moelle épinière, ce qui perturbe la communication entre le cerveau et le corps.
Faits essentiels
- La SEP-PP est un type de sclérose en plaques où la maladie progresse de façon continue depuis le début.
- Elle est moins fréquente que la forme récurrente-rémittente de la sclérose en plaques.
- Les traitements visent à ralentir l’évolution et à soulager les symptômes, mais il n’existe pas encore de guérison.
La sclérose en plaques progressive primaire est assez rare. Elle représente environ 10 à 15 % de tous les cas de sclérose en plaques. En France, cela concerne quelques milliers de personnes.
La SEP-PP touche souvent des adultes un peu plus âgés que les autres formes de SEP. En général, le diagnostic est posé entre 40 et 50 ans. Elle affecte presque autant les hommes que les femmes, contrairement à certaines formes de SEP qui touchent plus souvent les femmes.
Symptômes
- Apparition soudaine d’une perte de vision ou d’une vision double
- Faiblesse brutale d’un bras ou d’une jambe, surtout si elle survient d’un seul côté
- Impossibilité de marcher ou de se lever sans aide
- Difficulté soudaine à parler ou à comprendre les autres
- Troubles respiratoires ou douleur thoracique inexpliquée
- ⚠Aggravation rapide des symptômes sur quelques jours, même sans poussée typique
- ⚠Grosses difficultés à uriner ou impossibilité totale d’uriner, avec sensation de vessie pleine
- ⚠Chute avec blessure ou grosse douleur à la tête
- ⚠Toute infection avec forte fièvre, surtout en cas de problèmes de mobilité
Symptômes courants
- Difficultés à marcher, souvent dues à une faiblesse des jambes ou à des problèmes d’équilibre
- Sensation de raideur ou de spasmes musculaires, surtout dans les jambes
- Fatigue persistante qui n’est pas soulagée par le repos
- Problèmes de vessie ou d’intestins, comme une envie fréquente d’uriner ou des fuites
- Fourmillements ou engourdissements dans les bras ou les jambes
- Troubles de la mémoire, de la concentration ou de l’attention
- Difficultés à coordonner les mouvements ou à faire des gestes précis
- Troubles visuels, parfois plus légers que dans d’autres formes de SEP
Symptômes chez l'enfant
- La SEP-PP est extrêmement rare chez l’enfant. Si elle apparaît avant 18 ans, les symptômes sont similaires à ceux de l’adulte, mais ils peuvent être plus difficiles à reconnaître au début, comme des difficultés scolaires ou une fatigue inhabituelle.
Symptômes chez les personnes âgées
- Chez les personnes plus âgées, les symptômes de la SEP-PP peuvent se confondre avec des troubles dus au vieillissement, comme l’arthrose ou le déconditionnement physique.
- La fatigue, les troubles de la marche et les problèmes de mémoire peuvent être accentués par d’autres maladies fréquentes chez les seniors.
- Le risque de chutes est plus important, ce qui demande une évaluation attentive.
Causes
Causes principales
- La cause exacte de la SEP-PP n’est pas encore connue. On sait que le système immunitaire attaque par erreur la myéline, la gaine qui protège les fibres nerveuses.
- Des facteurs génétiques pourraient rendre certaines personnes plus fragiles, mais la maladie n’est pas directement héréditaire.
- Des facteurs environnementaux, comme une infection virale (par exemple le virus d’Epstein-Barr), le tabagisme ou un manque de vitamine D, pourraient jouer un rôle.
Facteurs de risque
- Être âgé de 40 à 50 ans
- Être de sexe masculin ou avoir un terrain génétique particulier (la maladie est légèrement plus fréquente chez les hommes que chez les femmes dans cette forme)
- Avoir un parent proche (frère, sœur, parent) atteint de sclérose en plaques
- Fumer ou avoir fumé
- Vivre dans une région éloignée de l’équateur (va sans doute de pair avec une exposition solaire plus faible et donc moins de vitamine D)
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Si vous remarquez une aggravation nette de vos symptômes en quelques jours, comme une faiblesse nouvelle ou une impossibilité à faire certaines choses
- Si vous avez une rétention d’urine (impossibilité d’uriner)
- Si vous faites une chute ou si vous vous blessez en tombant
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Dès que vous ressentez des symptômes qui persistent, comme des fourmillements, une fatigabilité inhabituelle, des troubles de l’équilibre ou des problèmes de vessie
- Si vous avez des difficultés à réaliser vos activités quotidiennes, par exemple à monter les escaliers ou à porter des objets
Diagnostic
Le diagnostic de la SEP-PP repose sur plusieurs éléments. Votre médecin traitant vous orientera vers un neurologue. Celui-ci posera un diagnostic à partir de votre historique de santé, de votre examen neurologique et de certains examens complémentaires. Le diagnostic est parfois long car il faut éliminer d’autres maladies et observer une aggravation progressive pendant au moins un an.
Tests qui peuvent être effectués
- IRM du cerveau et de la moelle épinière : pour voir les lésions de myéline (zones endommagées)
- Ponction lombaire : pour analyser le liquide céphalorachidien et rechercher des signes d’inflammation
- Potentiels évoqués : pour mesurer la vitesse de transmission des signaux nerveux (par exemple visuels, auditifs)
- Analyses de sang : pour éliminer d’autres maladies qui peuvent imiter la SEP
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
Le diagnostic est annoncé par un neurologue, souvent lors d’une consultation longue. Vous pourrez poser des questions et prendre le temps de comprendre. L’annonce peut être une étape difficile, mais elle permet de débuter un suivi et un traitement adaptés. Vous ne serez pas seul : des professionnels de santé et des associations peuvent vous accompagner.
Traitement
Il n’existe pas encore de traitement curatif de la SEP-PP. Mais il y a des traitements qui peuvent ralentir la progression de la maladie et surtout des moyens pour soulager les symptômes et améliorer votre qualité de vie. Le traitement est personnalisé et suivi par une équipe pluridisciplinaire (neurologue, kinésithérapeute, ergothérapeute, infirmier, etc.).
Soins personnels à domicile
- Suivre les séances de kinésithérapie prescrites pour entretenir la force et l’équilibre
- Écouter votre corps et prévoir des temps de repos pour mieux gérer la fatigue
- Adapter votre logement avec des aides simples : barres d’appui, sièges de douche, rampes pour éviter les chutes
- Utiliser des aides à la marche (cannes, déambulateur) si elles sont conseillées
- Éviter le tabac et limiter l’alcool
Traitements médicaux
Les traitements médicamenteux de la SEP-PP comprennent des thérapies immunosuppressives ou immunomodulatrices qui agissent sur le système immunitaire afin de ralentir l’évolution de la maladie. Ces médicaments sont réservés à certains patients, selon leur profil et l’activité de la maladie, et ils sont prescrits par un neurologue. D’autres médicaments peuvent être utilisés pour soulager des symptômes comme la raideur, les spasmes, la fatigue, les troubles de la vessie ou la douleur. Certains sont administrés par voie orale, d’autres par injection ou par perfusion. Tous nécessitent une surveillance médicale régulière.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
La chirurgie n’est pas un traitement habituel de la SEP-PP. Dans certains cas très particuliers, une intervention peut être proposée pour gérer une complication, par exemple une pompe à médicament implantée pour des spasmes sévères, mais cela reste rare et toujours discuté en équipe spécialisée.
Vivre avec cette affection
Vivre avec une SEP-PP demande d’apprendre à s’adapter. Il est important de garder le plus d’autonomie possible, mais aussi d’accepter de l’aide lorsque c’est nécessaire. Vous pouvez organiser votre journée pour économiser votre énergie : faire les tâches importantes le matin si vous êtes moins fatigué, faire des pauses régulières, et ne pas hésiter à déléguer. Faire appel à un ergothérapeute peut vous aider à trouver des aménagements simples pour rester indépendant.
Conseils de mode de vie
- Maintenir une activité physique régulière, même douce (marche, vélo d’appartement, gymnastique douce, natation)
- Suivre un sommeil régulier et de bonne qualité
- Gérer le stress avec des techniques de relaxation, de méditation ou des loisirs agréables
- S’appuyer sur votre entourage et ne pas rester isolé
- Penser à adapter votre environnement à vos capacités actuelles
Alimentation et exercice
Il n’existe pas de régime miracle contre la SEP-PP, mais une alimentation équilibrée est recommandée. Mangez des fruits et légumes, des céréales complètes, du poisson et des sources de fibres. Une alimentation variée aide à éviter la constipation et à maintenir un bon état général. Pour l’exercice, parlez-en à votre médecin ou à un kinésithérapeute : des activités douces comme la natation, le vélo ou le tai-chi peuvent améliorer l’équilibre, la souplesse et réduire la fatigue, sans trop fatiguer le corps.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Recevoir un diagnostic de SEP-PP peut entraîner de l’anxiété, de la tristesse ou une perte de repères. La fatigue, la perte d’autonomie et l’incertitude peuvent avoir un impact émotionnel important. Il est normal de ressentir ces émotions. N’hésitez pas à en parler à votre médecin, à un psychologue ou à un psychiatre. Un soutien psychologique peut beaucoup aider. Pensez aussi à vous faire accompagner pour reconnaître les signes de dépression, qui sont fréquents mais se soignent bien.
Prévention
À l’heure actuelle, on ne sait pas comment prévenir la sclérose en plaques progressive primaire. Les causes exactes sont encore mal comprises. Cependant, une hygiène de vie saine peut aider à limiter les facteurs de risque évitables, comme le tabagisme. Il est aussi conseillé de surveiller son taux de vitamine D et d’en discuter avec son médecin.
Vaccins
Les vaccins sont importants pour prévenir des infections qui pourraient aggraver votre état de santé. La vaccination contre la grippe et le pneumocoque est souvent recommandée, ainsi que les rappels habituels. Parlez-en à votre médecin traitant ou à votre neurologue : ils pourront vous dire quels vaccins sont adaptés à votre situation. Dans la plupart des cas, la vaccination est sûre mais il faut parfois adapter le calendrier selon les traitements.
Programmes de dépistage
Il n’existe pas de test de dépistage systématique de la SEP-PP chez les personnes sans symptômes. Le diagnostic se fait uniquement à partir des symptômes et des examens médicaux. Chez les personnes qui présentent des signes évocateurs, une consultation rapide chez un médecin est essentielle.
Complications
En l'absence de traitement
- Aggravation progressive des troubles de la marche, pouvant mener à l’utilisation d’un fauteuil roulant
- Raideur et spasmes musculaires plus marqués
- Troubles vésicaux non pris en charge, pouvant entraîner des infections urinaires à répétition
- Escarres (plaies de lit) si la mobilité est très réduite
- Perte de confiance en soi et isolement social
- Symptômes dépressifs ou anxieux non traités
Pronostic à long terme
La SEP-PP est une maladie qui évolue différemment d’une personne à l’autre. Certaines personnes conservent une bonne autonomie pendant de nombreuses années, d’autres ont besoin d’aides plus tôt. Les traitements actuels peuvent ralentir la progression et les soins de réadaptation améliorent la qualité de vie. La recherche avance et de nouveaux espoirs existent. Il est important de se faire accompagner par une équipe de soins et de rester actif du mieux possible.
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Vérifiez toujours avec votre médecin
Les recommandations de santé varient selon les pays et les régions. Les informations de cet article sont fondées sur des recommandations cliniques internationales, mais peuvent ne pas refléter les recommandations, médicaments ou pratiques spécifiques de votre pays. Discutez toujours de vos préoccupations de santé avec votre médecin ou professionnel de santé, et consultez les recommandations nationales locales lorsqu'elles sont disponibles.
Avis important Ces informations sont fournies à titre éducatif uniquement. Elles ne remplacent pas les conseils médicaux, le diagnostic ou le traitement d'un professionnel. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié au sujet de votre situation spécifique. En cas d'urgence médicale, appelez immédiatement les services d'urgence locaux.
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Sources et recommandations
Cet article est éducatif et s'appuie sur des sources reconnues d'information sanitaire et de recommandations cliniques lorsqu'elles sont disponibles. Les liens vers les sources peuvent varier selon le sujet.
Dernière mise à jour: 31 juillet 2026
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