Syndrome d'Asherman : comprendre les adhérences utérines
Basé sur des recommandations cliniques internationales
Aperçu
Le syndrome d'Asherman est une affection de l'utérus. Dans cette condition, des cicatrices (appelées adhérences) se forment à l'intérieur de la cavité utérine, et peuvent coller les parois entre elles. Cela peut perturber le cycle menstruel, rendre les règles rares ou douloureuses, et gêner la nidation d'un embryon.
Faits essentiels
- Les adhérences apparaissent le plus souvent après un curetage de l'utérus, par exemple après une fausse couche ou un accouchement.
- Les symptômes les plus courants sont des règles très peu abondantes ou absentes, des douleurs et des difficultés à concevoir.
- Le traitement repose sur une petite chirurgie hystéroscopique, qui donne généralement de bons résultats.
C'est une maladie relativement rare et souvent méconnue. On pense qu'elle touche moins de 1 % des femmes, mais elle est probablement sous-diagnostiquée car elle peut passer inaperçue.
Elle concerne principalement les femmes en âge d'avoir des enfants. Le plus souvent, elle survient après un geste sur l'utérus, comme un curetage, une césarienne ou une infection.
Symptômes
- Une douleur pelvienne intense et brutale.
- Des saignements vaginaux très abondants associés à un malaise, une pâleur ou un pouls rapide.
- Une fièvre élevée accompagnée de violentes douleurs dans le bas-ventre.
- ⚠Des douleurs pelviennes qui persistent ou s'aggravent malgré un traitement antidouleur.
- ⚠Des saignements inhabituels, en dehors des règles ou après une intervention.
- ⚠Une fièvre modérée avec des douleurs dans le bas-ventre.
Symptômes courants
- Règles moins abondantes que d'habitude, voire absentes.
- Crampes ou douleurs pelviennes, parfois seulement au moment des règles.
- Difficulté à tomber enceinte ou fausses couches à répétition.
- Absence de règles mais douleurs cycliques dans le bas-ventre.
Symptômes chez l'enfant
- Le syndrome d'Asherman ne survient pas chez les enfants avant la puberté. Chez une adolescente, des règles irrégulières ou absentes relèvent le plus souvent d'autres causes et doivent être explorées par un pédiatre ou un gynécologue.
Symptômes chez les personnes âgées
- Après la ménopause, le syndrome d'Asherman est souvent découvert par hasard lors d'une échographie. Il ne provoque en général aucun symptôme ou seulement une gêne bénigne.
Causes
Causes principales
- Un curetage de la cavité utérine (pour vider l'utérus après une fausse couche, un accouchement ou une interruption de grossesse).
- Une infection utérine (endométrite).
- Une chirurgie sur l'utérus : césarienne, retrait de fibromes, résection de polypes.
- Certaines techniques de radiologie interventionnelle sur l'utérus.
Facteurs de risque
- Avoir subi plusieurs curetages.
- Avoir eu une infection utérine après une grossesse ou une fausse couche.
- Une grossesse récente (l'utérus est plus fragile).
- Des antécédents de synéchies (adhérences utérines).
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Une douleur pelvienne très intense ou des saignements très abondants.
- Une fièvre avec des douleurs du bas-ventre, surtout après un curetage ou une fausse couche.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Si vos règles deviennent très faibles ou disparaissent plusieurs mois.
- Si vous avez des difficultés à concevoir après une fausse couche ou un curetage.
- Si des douleurs pelviennes réapparaissent régulièrement.
Diagnostic
Le médecin commence par écouter votre histoire (symptômes, antécédents de curetage ou d'infection). Il réalise ensuite une échographie pelvienne et peut demander des examens complémentaires. Le diagnostic de certitude se fait par une hystéroscopie : on introduit une fine caméra dans l'utérus pour voir directement les adhérences. Ce geste est court et peut être réalisé sans hospitalisation. En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) encourage un suivi gynécologique adapté, surtout après un curetage ou une infection.
Tests qui peuvent être effectués
- Échographie pelvienne
- Hystérosonographie : échographie avec injection d'un liquide dans l'utérus pour mieux voir la cavité
- Hystéroscopie diagnostique : caméra dans l'utérus
- IRM pelvienne dans certaines situations particulières
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
La plupart des examens se déroulent en consultation ou dans un centre de radiologie, sans hospitalisation. L'hystéroscopie peut être légèrement désagréable mais dure généralement quelques minutes. Vous pourrez reprendre vos activités habituelles dès le lendemain.
Traitement
Le traitement du syndrome d'Asherman a deux objectifs : supprimer les adhérences pour redonner à l'utérus une forme normale, et soulager les symptômes. Il dépend de l'étendue des adhérences, de votre âge et de votre projet de grossesse. Dans tous les cas, une consultation avec un gynécologue ou un spécialiste de la fertilité est nécessaire.
Soins personnels à domicile
- Respecter les consignes de repos et d'hygiène données par votre chirurgien ou votre gynécologue.
- Utiliser des protections hygiéniques adaptées et les changer régulièrement en cas de saignement.
- Reprendre progressivement les activités physiques, en préférant la marche ou le yoga pendant la convalescence.
- Signaler à votre médecin toute apparition de fièvre, de douleur inhabituelle ou de saignement abondant.
Traitements médicaux
Après l'intervention chirurgicale, des traitements médicamenteux peuvent aider la muqueuse utérine à se reconstruire. Votre médecin peut prescrire un traitement hormonal sur quelques semaines. En cas d'infection, un traitement anti-infectieux adapté est prescrit. Dans tous les cas, ces médicaments sont choisis par votre médecin et adaptés à votre situation.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
Lorsque les adhérences sont nombreuses ou gênent un projet de grossesse, une hystéroscopie opératoire est proposée. Sous anesthésie, le chirurgien sectionne les adhérences avec de fins instruments. L'intervention se fait le plus souvent en ambulatoire (vous rentrez le jour même).
Vivre avec cette affection
Au quotidien, le syndrome d'Asherman ne se voit pas, mais ses conséquences (règles rares, difficultés à concevoir) peuvent être difficiles à vivre. Un suivi médical régulier est essentiel pour surveiller l'état de l'utérus et détecter une éventuelle récidive.
Conseils de mode de vie
- Éviter les rapports sexuels pendant les saignements ou selon les conseils de votre médecin après une intervention.
- Ne pas utiliser de produits d'hygiène agressifs à l'intérieur du vagin (douches vaginales).
- Consulter régulièrement votre gynécologue pour un contrôle de l'utérus.
- Si vous êtes fumeuse, réduire ou arrêter le tabac pour favoriser une bonne vascularisation de l'utérus.
Alimentation et exercice
Il n'y a pas de régime spécial pour le syndrome d'Asherman. Une alimentation équilibrée et riche en fer (lentilles, épinards, viandes maigres) peut être conseillée en cas de saignements abondants. Une activité physique douce, comme la marche, la natation ou le yoga, peut aider à mieux vivre les douleurs et le stress.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Recevoir un diagnostic de syndrome d'Asherman peut provoquer une profonde détresse, surtout lorsqu'il est lié à des fausses couches ou à des difficultés à avoir un enfant. La tristesse, l'anxiété et la colère sont des émotions normales. N'hésitez pas à en parler à votre médecin, à une sage-femme ou à un psychologue. Si vous avez des pensées suicidaires, appelez immédiatement le 3114 (numéro national de prévention du suicide) ou le 15.
Prévention
On ne peut pas toujours éviter le syndrome d'Asherman, notamment lorsqu'un curetage est nécessaire. Toutefois, les médecins peuvent réduire les risques en limitant les gestes itératifs sur l'utérus et en préférant des techniques plus douces quand c'est possible. Une bonne rééducation après une infection utérine est aussi importante.
Vaccins
Il n'existe aucun vaccin contre le syndrome d'Asherman.
Programmes de dépistage
Il n'y a pas de dépistage systématique. Si vous avez eu un curetage ou une infection utérine, votre médecin peut proposer une échographie de contrôle quelques semaines plus tard pour vérifier que tout va bien.
Complications
En l'absence de traitement
- Des difficultés importantes à concevoir ou une infertilité.
- Des fausses couches répétées, car l'embryon a du mal à s'implanter.
- Des douleurs pelviennes chroniques, parfois invalidantes.
- Une accumulation de sang dans l'utérus (hématométrie) lorsque la sortie est bloquée.
Pronostic à long terme
Le syndrome d'Asherman se traite très bien dans la grande majorité des cas. Après une hystéroscopie opératoire, la plupart des femmes constatent une amélioration de leurs règles et une meilleure fertilité. Le taux de succès dépend de l'importance des adhérences, mais il est réel. Même si les traitements ne donnent pas entière satisfaction, des solutions pour réaliser un projet d'enfant existent, avec l'accompagnement d'une équipe médicale spécialisée.
Trouver du soutien
Lignes d'assistance
Les liens externes ouvrent des sites tiers. Ruqelo n'est pas responsable du contenu externe. La mention d'une organisation ne signifie pas qu'elle est approuvée.
Vérifiez toujours avec votre médecin
Les recommandations de santé varient selon les pays et les régions. Les informations de cet article sont fondées sur des recommandations cliniques internationales, mais peuvent ne pas refléter les recommandations, médicaments ou pratiques spécifiques de votre pays. Discutez toujours de vos préoccupations de santé avec votre médecin ou professionnel de santé, et consultez les recommandations nationales locales lorsqu'elles sont disponibles.
Avis important Ces informations sont fournies à titre éducatif uniquement. Elles ne remplacent pas les conseils médicaux, le diagnostic ou le traitement d'un professionnel. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié au sujet de votre situation spécifique. En cas d'urgence médicale, appelez immédiatement les services d'urgence locaux.
Affections liées
Sources et recommandations
Cet article est éducatif et s'appuie sur des sources reconnues d'information sanitaire et de recommandations cliniques lorsqu'elles sont disponibles. Les liens vers les sources peuvent varier selon le sujet.
Dernière mise à jour: 31 juillet 2026
Note éducative: Ces informations sont uniquement à titre éducatif et ne constituent pas un diagnostic.
Utilisez-les pour compléter, et non remplacer, l'avis d'un professionnel de santé.
Si les symptômes sont graves, s'aggravent ou sont urgents, appelez le numéro d'urgence local ou consultez en urgence.