Maladie de Bowen
Basé sur des recommandations cliniques internationales
Aperçu
La maladie de Bowen est un cancer de la peau très superficiel, qui reste dans la couche externe de la peau (l’épiderme). On l’appelle aussi carcinome épidermoïde in situ. Cela signifie que des cellules anormales se développent, mais qu’elles n’ont pas encore envahi les tissus plus profonds. Avec un traitement adapté, le pronostic est excellent.
Faits essentiels
- La maladie de Bowen se présente souvent comme une plaque rouge, squameuse ou croûteuse, qui peut ressembler à du psoriasis ou de l’eczéma.
- Elle évolue lentement sur plusieurs années.
- Elle touche surtout les adultes après 60 ans.
- Elle est le plus souvent liée à une exposition excessive au soleil au cours de la vie.
- Le traitement est efficace dans la grande majorité des cas.
La maladie de Bowen est relativement rare. Elle est plus fréquente dans les régions à fort ensoleillement et chez les personnes à peau claire.
Elle concerne principalement les hommes et les femmes de plus de 60 ans, surtout ceux qui ont eu des expositions solaires répétées ou des coups de soleil dans l’enfance. Les personnes dont le système immunitaire est affaibli (par un médicament, une maladie ou une greffe) sont également plus exposées.
Symptômes
- En cas de saignement abondant de la lésion (très rare).
- Si la lésion s’accompagne d’une forte fièvre, de frissons ou d’une rougeur qui s’étend rapidement autour (signes d’infection grave).
- ⚠Si la plaque grossit rapidement en quelques semaines.
- ⚠Si la lésion devient très douloureuse, suintante ou malodorante.
- ⚠Si une petite boule (nodule) apparaît à l’intérieur ou à côté de la plaque.
- ⚠Si vous avez déjà été traité pour une maladie de Bowen et que la lésion revient.
Symptômes courants
- Une plaque rouge ou brunâtre, bien délimitée, avec une surface squameuse ou qui desquame.
- Une légère croûte qui ne guérit pas.
- Une plaque qui peut ressembler à de l’eczéma, à du psoriasis ou à une mycose qui résiste aux traitements.
- Parfois des démangeaisons ou un léger saignement au toucher.
- Le plus souvent aucune douleur.
Causes
Causes principales
- Le rayonnement ultraviolet du soleil est la cause la plus fréquente, en particulier les expositions intenses et répétées pendant l’enfance et l’adolescence.
- Une infection par certains types de virus du papillome humain (HPV) peut favoriser la maladie, surtout sur les organes génitaux ou autour de l’anus.
- Une exposition à l’arsenic, une substance chimique présente dans certains pesticides ou eaux polluées, augmente le risque.
- Les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies (médicaments immunosuppresseurs, VIH, greffe d’organe) sont plus à risque.
Facteurs de risque
- Peau claire, cheveux roux ou blonds, yeux clairs.
- Réaliser beaucoup de séances d’UV artificiels (cabines de bronzage).
- Antécédent de cancers de la peau ou de nombreuses kératoses actiniques.
- Âge de plus de 60 ans.
- Exposition professionnelle au goudron, au brai ou à l’arsenic.
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Toute lésion cutanée qui saigne spontanément, qui ne cicatrise pas ou qui change d’aspect rapidement doit être vue en urgence par un médecin ou un dermatologue.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Consultez votre médecin traitant si vous remarquez une plaque rouge, squameuse ou croûteuse qui persiste plus de 4 à 6 semaines.
- Faites un contrôle annuel de votre peau si vous avez des antécédents de cancers cutanés ou de nombreuses lésions précancéreuses.
Diagnostic
Le diagnostic repose d’abord sur un examen visuel de la lésion par un médecin généraliste ou un dermatologue. Il utilise également une dermatoscopie, une loupe grossissante qui permet de voir la peau en détail. Seule une biopsie peut confirmer le diagnostic avec certitude.
Tests qui peuvent être effectués
- Examen clinique avec observation à la lumière et dermatoscope.
- Biopsie de peau : prélèvement d’un petit fragment de la lésion sous anesthésie locale, envoyé à un laboratoire d’anatomopathologie pour analyse microscopique.
- Parfois, un bilan sanguin si l’on suspecte une cause virale ou une immunodépression (sur avis du médecin).
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
La biopsie est un examen rapide, réalisé au cabinet ou dans un service de dermatologie. Une petite anesthésie locale insensibilise la zone. Après le prélèvement, vous pourrez reprendre vos activités normalement. Les résultats arrivent généralement en 1 à 2 semaines. Pendant cette période, la lésion peut laisser une petite croûte qui tombe en quelques jours.
Traitement
Le traitement vise à détruire ou retirer les cellules anormales. Le choix dépend de la taille, du nombre, de la localisation et de votre état de santé. Dans tous les cas, le traitement est bien codifié et efficace, surtout lorsque la lésion est encore fine.
Soins personnels à domicile
- Appliquez une protection solaire SPF 50 sur les zones exposées, même par temps nuageux.
- Surveillez régulièrement votre peau avec un miroir, ou faites-vous aider par un proche pour le dos et le cuir chevelu.
- Évitez d’irriter la lésion : ne la grattez pas et ne la frottez pas, car vous pourriez favoriser un saignement ou une infection.
- Après traitement, suivez scrupuleusement les consignes de soins locaux données par votre médecin ou votre infirmier(ère).
Traitements médicaux
Il existe plusieurs options thérapeutiques. Les crèmes topiques (à appliquer sur la peau) sont utilisées pour des lésions fines et peu profondes. La cryothérapie (application de froid intense) détruit la lésion par le froid. Le curetage et l’électrocoagulation retirent la lésion et cautérisent la zone. La photothérapie dynamique utilise une crème photosensibilisante et une lumière spécifique pour détruire les cellules anormales. Toutes ces techniques se pratiquent en consultation, sans hospitalisation. Le dermatologue vous proposera la méthode la plus adaptée à votre situation.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
Une exérèse chirurgicale (ablation au scalpel sous anesthésie locale) est recommandée si la lésion est épaisse, étendue ou récidivante. Elle permet de retirer toute la lésion et de vérifier qu’elle ne contient pas de cellule invasive.
Vivre avec cette affection
La maladie de Bowen est un problème à long terme qui demande une surveillance régulière. Après le traitement, la zone peut rester un peu décolorée ou légèrement en relief. Vous apprendrez à repérer rapidement toute nouvelle lésion. Votre médecin vous donnera un rythme de suivi, par exemple une consultation dermatologique une fois par an.
Conseils de mode de vie
- Utilisez un écran solaire à large spectre SPF 50 tous les jours, toutes les saisons.
- Portez un chapeau à large bord, des vêtements anti-UV et des lunettes de soleil.
- Évitez les cabines de bronzage et l’exposition au soleil en milieu de journée.
- Arrêtez de fumer : le tabac augmente le risque de récidive et ralentit la cicatrisation.
- Surveillez votre peau une fois par mois : prenez des photos pour comparer.
Alimentation et exercice
Une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes (antioxydants) et une activité physique régulière aident votre corps à garder des défenses immunitaires fortes. Il n’existe pas de régime miracle contre la maladie de Bowen, mais un mode de vie sain favorise une meilleure santé de la peau.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Recevoir un diagnostic de cancer de la peau, même s’il est très superficiel, peut susciter de l’anxiété et des inquiétudes. Discutez librement avec votre médecin. N’hésitez pas à dire que vous êtes inquiet ou inquiète. Dans la majorité des cas, la guérison est totale et n’affecte pas l’espérance de vie.
Prévention
Une bonne partie des cas de maladie de Bowen peuvent être évités en réduisant l’exposition aux UV. Protégez votre peau dès l’enfance. Évitez les brûlures, les séances prolongées de bronzage et les coups de soleil.
Programmes de dépistage
Faites examiner votre peau une fois par an, notamment si vous avez un terrain à risque (peau claire, antécédents de coups de soleil, système immunitaire affaibli ou antécédents familiaux de cancer de la peau).
Complications
En l'absence de traitement
- Sans traitement, la lésion peut lentement s’étendre en surface.
- Dans 3 à 5 % des cas, elle peut évoluer en carcinome épidermoïde invasif, c’est-à-dire un cancer qui pénètre dans l’épaisseur de la peau et peut donner des métastases.
- Une lésion négligée sur des années peut nécessiter une chirurgie plus lourde et avoir un moins bon pronostic.
Pronostic à long terme
Grâce à un traitement précoce et adapté, la guérison est obtenue dans plus de 90 % des cas. La maladie ne réapparaît généralement pas au même endroit, mais des nouvelles lésions peuvent apparaître ailleurs. Un suivi régulier permet de les traiter très tôt. Vous pouvez vivre normalement avec la maladie de Bowen, à condition de protéger votre peau et de rester attentif.
Trouver du soutien
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Vérifiez toujours avec votre médecin
Les recommandations de santé varient selon les pays et les régions. Les informations de cet article sont fondées sur des recommandations cliniques internationales, mais peuvent ne pas refléter les recommandations, médicaments ou pratiques spécifiques de votre pays. Discutez toujours de vos préoccupations de santé avec votre médecin ou professionnel de santé, et consultez les recommandations nationales locales lorsqu'elles sont disponibles.
Avis important Ces informations sont fournies à titre éducatif uniquement. Elles ne remplacent pas les conseils médicaux, le diagnostic ou le traitement d'un professionnel. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié au sujet de votre situation spécifique. En cas d'urgence médicale, appelez immédiatement les services d'urgence locaux.
Affections liées
Sources et recommandations
Cet article est éducatif et s'appuie sur des sources reconnues d'information sanitaire et de recommandations cliniques lorsqu'elles sont disponibles. Les liens vers les sources peuvent varier selon le sujet.
Dernière mise à jour: 31 juillet 2026
Note éducative: Ces informations sont uniquement à titre éducatif et ne constituent pas un diagnostic.
Utilisez-les pour compléter, et non remplacer, l'avis d'un professionnel de santé.
Si les symptômes sont graves, s'aggravent ou sont urgents, appelez le numéro d'urgence local ou consultez en urgence.