Tumeur de Buschke-Lowenstein : ce qu'il faut savoir
Aperçu
La tumeur de Buschke-Lowenstein est une excroissance rare qui ressemble à une grosse verrue en forme de chou-fleur. Elle se développe lentement dans la région génitale ou anale. Elle est causée par un virus appelé papillomavirus humain (HPV). Ce n'est pas un cancer au sens habituel, mais elle peut envahir les tissus voisins et réapparaître après traitement.
Faits essentiels
- Il s'agit d'une tumeur très rare, liée à certains types de papillomavirus humain (HPV), surtout les types 6 et 11.
- Elle se développe lentement, parfois sur plusieurs années, mais peut devenir volumineuse et envahir les zones voisines.
- Le traitement repose principalement sur la chirurgie, et une surveillance régulière est nécessaire car elle peut récidiver.
Non, c'est une maladie très rare. La plupart des médecins généralistes n'en verront jamais dans leur carrière.
Elle touche principalement les hommes, surtout ceux qui ont un système immunitaire affaibli. Les femmes peuvent aussi être concernées. Elle survient généralement à l'âge adulte, mais des cas chez l'enfant existent.
Symptômes
- Saignement abondant qui ne s'arrête pas.
- Incapacité à uriner ou à aller à la selle.
- Douleur intense et soudaine dans la région génitale ou anale.
- ⚠Croissance rapide de la tumeur en quelques semaines.
- ⚠Signes d'infection : rougeur importante, chaleur, pus qui s'écoule, fièvre.
- ⚠Douleurs qui s'aggravent malgré des antalgiques simples.
Symptômes courants
- Une grosse excroissance en forme de chou-fleur, de couleur chair ou rosée, sur la région génitale ou anale.
- Une croissance lente, mais progressive, de cette excroissance.
- Des démangeaisons, une sensation de gêne ou de brûlure.
- Un écoulement malodorant ou des saignements de la zone concernée.
- Des douleurs, surtout pendant les rapports sexuels ou la défécation.
Symptômes chez l'enfant
- Les symptômes sont similaires à ceux des adultes : une excroissance génitale ou anale qui grossit.
- Chez l'enfant, il peut y avoir une constipation, des douleurs en allant aux toilettes, ou des saignements.
- La maladie est parfois liée à une transmission du virus par l'accouchement ou par d'autres contacts étroits, mais elle reste très rare.
Symptômes chez les personnes âgées
- Chez les personnes âgées, le système immunitaire peut être moins efficace, ce qui peut rendre la tumeur plus active ou plus volumineuse.
- La peau étant plus fragile, les saignements et les infections sont plus fréquents.
- Il peut y avoir une gêne importante pour s'asseoir, uriner ou aller à la selle.
Causes
Causes principales
- Infection par certains types de papillomavirus humain (HPV), particulièrement les types 6 et 11.
- Le virus se transmet principalement par contact cutané ou sexuel.
- Une faiblesse du système immunitaire (par exemple en cas de VIH, après une greffe, ou en cas de traitement immunosuppresseur) peut favoriser le développement de la tumeur.
Facteurs de risque
- Avoir un système immunitaire affaibli (maladie, médicament, vieillissement).
- Avoir plusieurs partenaires sexuels sans protection.
- Des habitudes d'hygiène insuffisantes dans la région anogénitale.
- Le tabagisme, qui affaiblit la défense locale contre le HPV.
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Si vous remarquez une excroissance inhabituelle dans la région génitale ou anale, surtout si elle grossit rapidement.
- Si la zone saigne, est très douloureuse ou présente des signes d'infection.
- Si vous avez des difficultés à uriner ou à aller à la selle à cause de cette excroissance.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Consultez votre médecin traitant dès que possible si vous voyez une verrue ou une bosse anormale dans la région génitale, même sans douleur.
- Un suivi régulier est utile si vous avez déjà traité une lésion génitale liée au HPV.
Diagnostic
Le médecin commence par un examen visuel de la zone. Si la lésion est suspecte, il prélève un petit morceau de tissu (biopsie) pour l'analyser au microscope. Cela permet de confirmer le diagnostic et d'écarter un cancer.
Tests qui peuvent être effectués
- Biopsie (analyse d'un petit échantillon de tissu).
- Examens d'imagerie comme l'IRM ou le scanner, pour vérifier si la tumeur a pénétré en profondeur dans les tissus voisins.
- Recherche directe de l'ADN du HPV dans le tissu prélevé.
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
La consultation se déroule en général dans un cabinet médical. L'examen peut être un peu inconfortable mais n'est pas douloureux. Si une biopsie est faite, elle est réalisée sous anesthésie locale. Le médecin vous expliquera ensuite les résultats et les options de traitement.
Traitement
Le traitement repose surtout sur l'ablation complète de la tumeur par chirurgie. C'est le seul moyen de guérir. Des traitements complémentaires peuvent être proposés pour réduire le risque de récidive, mais la surveillance reste essentielle.
Soins personnels à domicile
- Gardez la zone propre et sèche, avec un savon doux sans parfum.
- Évitez de toucher ou de gratter la lésion pour ne pas l'irriter ni la surinfecter.
- Portez des sous-vêtements en coton amples pour réduire la friction.
- Utilisez un préservatif lors des rapports sexuels pour éviter de transmettre le HPV à votre partenaire.
Traitements médicaux
Les traitements médicaux comprennent des crèmes ou des solutions à appliquer localement, qui stimulent le système immunitaire ou détruisent les cellules anormales. Ils sont parfois utilisés seuls pour les petites lésions ou en complément de la chirurgie pour les zones restantes. Des traitements physiques comme la cryothérapie (gel par le froid) ou le laser peuvent aussi être proposés. Votre médecin choisira le traitement adapté à votre situation. Il est important de ne jamais utiliser un traitement sans avis médical.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
La chirurgie est le traitement de référence. Elle consiste à retirer complètement la tumeur, parfois avec une petite marge de tissu sain. Dans les cas étendus, une intervention plus complexe peut être nécessaire, et il peut y avoir besoin de plusieurs séances. Après l'ablation, des contrôles réguliers sont indispensables car la tumeur peut revenir.
Vivre avec cette affection
Après le traitement, il faut surveiller régulièrement la zone pour détecter toute réapparition. Votre médecin vous proposera un calendrier de suivi, souvent tous les 3 à 6 mois pendant les premières années. Vous pouvez mener une vie normale entre les consultations.
Conseils de mode de vie
- Arrêtez de fumer : le tabac freine la guérison et augmente le risque de récidive.
- Dormez suffisamment et gérez votre stress, car un bon sommeil renforce le système immunitaire.
- Évitez les rapports sexuels non protégés pendant le traitement pour éviter de transmettre le HPV.
Alimentation et exercice
Une alimentation équilibrée riche en fruits, légumes et protéines aide votre corps à se défendre. L'exercice régulier, même une marche de 30 minutes par jour, stimule l'immunité et améliore le bien-être général.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Cette maladie peut être source de honte, d'anxiété ou de gêne. Il est normal de se sentir inquiet ou déprimé. Parler à votre médecin, à un proche de confiance ou à un professionnel de la santé mentale peut beaucoup aider. Vous n'êtes pas seul(e) face à cette épreuve.
Prévention
On peut réduire le risque en se faisant vacciner contre le HPV avant le début de la vie sexuelle, en utilisant des préservatifs, et en adoptant une bonne hygiène de vie. Pour les personnes déjà touchées, une surveillance régulière permet de détecter rapidement une récidive et de la traiter tôt.
Vaccins
Le vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) est recommandé en France pour les filles et les garçons, généralement entre 11 et 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu'à 19 ans. Il protège contre les types de HPV les plus fréquents, dont les types 6 et 11 responsables de la plupart des verrues génitales et de certaines tumeurs. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.
Programmes de dépistage
Il n'existe pas de dépistage systématique de cette tumeur très rare. Cependant, pour les personnes ayant déjà eu des lésions génitales à HPV, un suivi médical régulier est recommandé. Le frottis chez la femme permet de dépister des lésions du col de l'utérus dues au HPV, mais ne concerne pas directement la tumeur de Buschke-Lowenstein.
Complications
En l'absence de traitement
- La tumeur peut continuer à grossir et envahir les tissus voisins, modifiant la forme des organes génitaux ou de l'anus.
- Elle peut saigner, s'infecter, ou devenir très douloureuse, rendant difficiles les gestes quotidiens comme uriner ou s'asseoir.
- Dans de très rares cas, une transformation en cancer peut survenir, même si cela reste exceptionnel.
Pronostic à long terme
Avec un traitement adapté, la tumeur peut être enlevée et le plus souvent guérie. Le risque de récidive existe, il est donc important de suivre les contrôles médicaux.La plupart des patients retrouvent une qualité de vie satisfaisante. Parlez ouvertement de toutes vos inquiétudes à votre médecin : il est là pour vous accompagner.
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Sources et recommandations
Ce sujet renvoie à cet article de médecine clinique fondée sur les preuves.
Dernière mise à jour: 20 octobre 2026
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