Maladie coronarienne : prendre soin de son cœur au quotidien
Aperçu
La maladie coronarienne touche les artères coronaires, c'est-à-dire les petits vaisseaux qui apportent du sang et de l'oxygène au muscle du cœur. Avec le temps, des dépôts de graisses et de cholestérol peuvent se former sur la paroi de ces artères : on parle de plaques d'athérome (un athérome est un dépôt qui durcit et rétrécit l'artère). Le sang passe alors moins bien. Quand le cœur manque d'oxygène, surtout pendant un effort, cela peut donner une douleur ou un serrement dans la poitrine appelé angine de poitrine (ou angor). Si une artère se bouche complètement, cela provoque un infarctus du myocarde, c'est-à-dire une souffrance du muscle cardiaque. Cette maladie évolue souvent pendant des années sans se faire remarquer, et beaucoup de choses peuvent être faites pour la ralentir et vivre normalement avec elle.
Faits essentiels
- C'est l'une des maladies du cœur les plus fréquentes en France et dans le monde.
- Elle se développe souvent pendant des années sans aucun symptôme.
- Elle est liée en grande partie à des facteurs sur lesquels on peut agir : tabac, tension artérielle, cholestérol, diabète, alimentation, activité physique.
- Avec un suivi médical régulier et des habitudes de vie adaptées, on peut vivre longtemps et plutôt bien.
- Une douleur forte dans la poitrine qui dure plus de quelques minutes est une urgence : il faut appeler le 15 (SAMU) ou le 112.
Oui, elle est très fréquente. C'est l'une des principales maladies cardiovasculaires. En France, des centaines de milliers de personnes vivent avec une maladie coronarienne connue, et beaucoup d'autres ne le savent pas encore.
Elle touche surtout les hommes à partir de 50 ans et les femmes à partir de 60 ans, souvent après la ménopause, mais elle peut apparaître plus tôt. Certaines personnes sont plus concernées : les fumeurs, les personnes diabétiques, celles qui ont une tension artérielle ou un cholestérol élevé, les personnes en surpoids et celles qui ont des antécédents familiaux de maladie cardiaque. Chez l'enfant, elle est exceptionnelle.
Symptômes
- Une douleur ou un serrement dans la poitrine qui dure plus de quelques minutes, qui ne passe pas au repos, ou qui est très intense.
- Une douleur dans la poitrine accompagnée de sueurs froides, de nausées, d'un essoufflement, d'un malaise ou d'une peur intense.
- Une douleur qui part vers les bras, la mâchoire, le dos ou le ventre, surtout avec les signes ci-dessus.
- Un malaise avec perte de connaissance, ou une sensation que le cœur s'emballe et ne se calme pas.
- ⚠Une douleur dans la poitrine qui apparaît pour la première fois à l'effort et qui disparaît au repos.
- ⚠Une douleur qui devient plus fréquente, plus forte, ou qui survient pour un effort de plus en plus petit.
- ⚠Une douleur qui apparaît au repos ou la nuit.
- ⚠Un essoufflement nouveau ou qui s'aggrave rapidement, même sans douleur.
Symptômes courants
- Une douleur, un serrement ou une pression dans la poitrine, souvent au milieu, qui apparaît à l'effort (monter une côte, marcher vite, porter des charges) et qui s'arrête au repos : c'est l'angine de poitrine.
- Une douleur qui part vers le bras gauche, l'épaule, la mâchoire, le dos ou le haut du ventre.
- Un essoufflement inhabituel pour un effort qui, avant, ne posait pas de problème.
- Une fatigue plus marquée qu'avant, ou une gêne à l'effort qui ressemble à une mauvaise digestion.
- Des palpitations, c'est-à-dire la sensation que le cœur bat trop fort ou de façon irrégulière.
- Parfois aucun symptôme : la maladie peut être découverte lors d'un examen ou d'un bilan de routine.
Symptômes chez l'enfant
- Chez l'enfant et l'adolescent, la maladie coronarienne est exceptionnelle.
- Quand elle existe, elle est liée à des maladies génétiques rares (par exemple un cholestérol très élevé depuis la naissance) ou à une malformation du cœur.
- Une douleur dans la poitrine chez un enfant doit toujours être expliquée par un médecin, mais dans la très grande majorité des cas, la cause n'est pas une maladie coronarienne.
Symptômes chez les personnes âgées
- Après 75 ans, les signes peuvent être moins typiques : essoufflement, grande fatigue, vertiges, confusion, chute ou simple malaise, plutôt qu'une douleur claire dans la poitrine.
- Une douleur peut être ressentie comme une gêne digestive, des nausées ou un poids sur l'estomac.
- Ces signes inhabituels ne doivent pas être mis sur le compte de l'âge : s'ils apparaissent brutalement, il faut demander un avis rapidement.
- Chez les personnes âgées, la maladie est parfois découverte seulement après un malaise ou un essoufflement inexpliqué.
Causes
Causes principales
- L'athérosclérose : des dépôts de graisses et de cholestérol se forment sur la paroi des artères et forment des plaques qui rétrécissent le passage du sang. Ce n'est pas une faute personnelle, c'est un processus qui dépend de plusieurs facteurs et qui évolue sur des années.
- La formation d'un caillot sur une plaque, qui peut boucher l'artère d'un seul coup et provoquer un infarctus.
- Plus rarement, un spasme (une contraction anormale) de l'artère coronaire, ou une atteinte des très petites artères du cœur.
- Dans de rares cas, une maladie héréditaire du cholestérol ou une malformation des artères.
Facteurs de risque
- Le tabac, y compris la cigarette électronique et le tabagisme passif, qui abîme directement la paroi des artères.
- Une tension artérielle trop élevée (hypertension).
- Un cholestérol trop élevé dans le sang.
- Le diabète, qui accélère l'athérosclérose.
- Le surpoids et l'obésité, surtout au niveau du ventre.
- Le manque d'activité physique et une alimentation riche en graisses saturées, en sel et en sucres.
- La consommation d'alcool au-delà des repères de santé.
- L'âge : le risque augmente avec les années.
- Les antécédents familiaux de maladie cardiaque précoce (avant 55 ans chez un père ou un frère, avant 65 ans chez une mère ou une sœur).
- Le stress chronique, le manque de sommeil et l'isolement social, qui pèsent aussi sur le cœur.
- Une maladie rénale chronique ou certaines maladies inflammatoires.
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Une douleur thoracique nouvelle, intense ou qui ne passe pas au repos : appelez le 15 ou le 112.
- Une douleur à la poitrine qui change de rythme, devient plus fréquente ou survient au repos.
- Un malaise, une perte de connaissance ou un essoufflement qui s'aggrave brutalement.
- Des palpitations très rapides ou irrégulières qui ne s'arrêtent pas.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Vous avez des antécédents familiaux de maladie cardiaque précoce.
- Vous avez une tension artérielle, un cholestérol ou une glycémie élevés, ou un diabète.
- Vous fumez et vous souhaitez de l'aide pour arrêter.
- Vous avez des douleurs à la poitrine à l'effort, même légères, ou un essoufflement inhabituel.
- Vous avez plus de 50 ans et vous n'avez pas eu de bilan cardiovasculaire récemment : parlez-en à votre médecin.
- Votre médecin vous a prescrit un traitement et vous avez des questions ou des effets indésirables.
Diagnostic
Le diagnostic commence presque toujours par une consultation chez votre médecin traitant. Il vous posera des questions sur vos douleurs, vos habitudes de vie, vos antécédents et ceux de votre famille. Il vous examinera, prendra votre tension et pourra faire un électrocardiogramme, un examen rapide et indolore qui enregistre le rythme du cœur. Selon les résultats, il vous adressera à un cardiologue, le spécialiste du cœur, qui pourra demander des examens supplémentaires.
Tests qui peuvent être effectués
- Électrocardiogramme (ECG) : des petites électrodes posées sur la poitrine enregistrent l'activité électrique du cœur.
- Prise de sang : recherche de marqueurs cardiaques en cas de douleur aiguë, et mesure du cholestérol, de la glycémie, du sucre et du fonctionnement des reins.
- Épreuve d'effort ou test d'effort : on enregistre le cœur pendant que vous pédalez ou marchez sur un tapis.
- Échocardiographie : une échographie du cœur, indolore, qui montre le muscle et la façon dont il se contracte.
- Scanner coronaire : un examen d'imagerie qui permet de visualiser les artères du cœur.
- Coronarographie : un examen des artères coronaires avec un produit de contraste, réalisé à l'hôpital, qui permet de voir précisément où se situent les rétrécissements.
- Holter ou monitoring : un enregistrement du cœur sur plusieurs heures ou plusieurs jours, quand les symptômes sont intermittents.
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
Le parcours peut prendre quelques jours à quelques semaines. Ce n'est pas un seul examen qui fait le diagnostic : c'est l'ensemble des informations, réunies par votre médecin. Entre les rendez-vous, n'hésitez pas à écrire vos questions et vos symptômes, à noter quand ils apparaissent et ce qui les soulage. Et si une douleur forte survient, ne faites pas attendre : appelez le 15 ou le 112.
Traitement
La maladie coronarienne se traite sur plusieurs plans à la fois : les habitudes de vie, les médicaments prescrits par le médecin, et parfois une intervention pour rouvrir une artère. Le but est double : soulager les symptômes et surtout réduire le risque d'infarctus. Le traitement se construit avec vous, en tenant compte de votre âge, de vos autres maladies et de ce qui vous convient.
Soins personnels à domicile
- Arrêter de fumer, avec de l'aide si besoin : c'est le geste qui apporte le plus de bénéfices pour le cœur.
- Bouger régulièrement, progressivement, en suivant les conseils de votre médecin (marche, vélo, natation).
- Manger équilibré : moins de graisses saturées, moins de sel, plus de légumes, de fruits, de légumineuses et de poisson.
- Surveiller son poids sans faire de régimes extrêmes.
- Limiter l'alcool.
- Dormir suffisamment et essayer de réduire le stress durable.
- Prendre son traitement tous les jours comme prescrit, et ne jamais l'arrêter de soi-même.
- Venir aux rendez-vous de suivi, même quand tout va bien.
Traitements médicaux
Les médicaments prescrits ont plusieurs rôles et se complètent. Certains empêchent la formation de caillots dans les artères. D'autres font baisser la tension artérielle ou le cholestérol, ce qui protège les artères sur le long terme. D'autres encore ralentissent le cœur pour qu'il travaille avec moins d'effort et diminue les douleurs. Votre médecin peut aussi vous prescrire un traitement à utiliser en cas de crise de douleur, avec une explication précise de la façon de l'utiliser. Le choix des médicaments, leur nombre et leur adaptation sont propres à chaque personne : c'est votre médecin qui décide, en vous expliquant pourquoi. Ne prenez jamais un médicament conseillé par quelqu'un d'autre, et signalez tout effet indésirable.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
Quand une artère est très rétrécie et que les symptômes restent gênants malgré le traitement, le cardiologue peut proposer une intervention. La plus courante consiste à passer un petit ballonnet dans l'artère pour la dilater, puis à y placer un petit ressort métallique appelé stent, qui maintient l'artère ouverte. Dans d'autres situations, notamment quand plusieurs artères sont atteintes, une chirurgie peut être nécessaire : on parle de pontage coronarien, une dérivation créée avec un vaisseau prélevé ailleurs dans le corps. Ces gestes ne guérissent pas la maladie : ils rétablissent la circulation, et les habitudes de vie et le traitement restent indispensables ensuite.
Vivre avec cette affection
Vivre avec une maladie coronarienne demande une adaptation, mais la grande majorité des personnes continue à travailler, à voyager et à profiter de sa famille. L'important est la régularité : les rendez-vous de suivi, la prise du traitement, l'activité physique et l'écoute des signaux du corps. Il est utile d'apprendre à reconnaître sa douleur habituelle et à repérer ce qui la déclenche. Beaucoup de personnes reprennent confiance progressivement, souvent grâce à un programme de réadaptation cardiaque proposé après un événement cardiaque.
Conseils de mode de vie
- Planifier une activité physique régulière et adaptée, plutôt que des efforts intenses et soudains.
- Éviter les efforts violents par grand froid ou par forte chaleur, et les repas très copieux.
- Garder un rythme de sommeil régulier.
- Réduire le stress durable : respiration, relaxation, activités qui font du bien, soutien de l'entourage.
- Éviter l'alcool et le tabac, y compris la fumée des autres.
- Demander de l'aide pour arrêter de fumer : médecin, pharmacien, tabacologue.
- Prévoir ses médicaments lors des déplacements et ne jamais rester à court.
- Reprendre une vie sexuelle : c'est possible et souvent recommandé, parlez-en à votre cardiologue pour être rassuré.
Alimentation et exercice
Côté alimentation, l'idée est simple : privilégier les aliments qui protègent le cœur. Légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes, huile d'olive, noix et poissons gras ont leur place chaque semaine. À l'inverse, on limite la charcuterie, les fritures, les produits industriels très salés, les sodas et les pâtisseries. Côté mouvement, l'objectif est une activité modérée et régulière, comme 30 minutes de marche rapide la plupart des jours, en commençant progressivement si vous n'étiez pas actif. Si un effort déclenche une douleur, arrêtez-vous et parlez-en à votre médecin avant d'augmenter la dose.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Il est très fréquent d'avoir peur après l'annonce d'une maladie du cœur, ou après une douleur ou un infarctus. L'anxiété et une baisse du moral sont courantes, et ce n'est pas un signe de faiblesse. Parler de ce que vous ressentez à votre médecin, à un proche ou à un psychologue peut beaucoup aider, et un soutien psychologique est parfois proposé dans le parcours de soins. Si vous avez des pensées sombres ou l'impression de ne plus pouvoir faire face, demandez de l'aide rapidement : en France, un numéro national de prévention du suicide est joignable jour et nuit au 3114, et le 15 répond aux urgences.
Prévention
En grande partie, oui. Une large part des maladies cardiovasculaires est liée à des facteurs sur lesquels on peut agir. Arrêter de fumer, surveiller sa tension et son cholestérol, bouger, manger équilibré et limiter l'alcool protègent réellement le cœur. Même après un diagnostic, ces gestes ralentissent la maladie et réduisent le risque de nouveaux événements.
Vaccins
La vaccination contre la grippe est recommandée pour les personnes ayant une maladie cardiaque, car la grippe peut fragiliser le cœur. D'autres vaccinations peuvent être conseillées selon votre âge et votre état de santé. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.
Programmes de dépistage
Il n'existe pas de dépistage systématique de la maladie coronarienne pour toute la population. En revanche, on peut repérer les facteurs de risque : mesure de la tension, bilan sanguin du cholestérol et de la glycémie, calcul du risque cardiovasculaire. La Haute Autorité de Santé recommande d'en parler régulièrement avec son médecin, notamment lors des consultations de prévention, la fréquence dépendant de votre âge, de vos antécédents et de vos habitudes de vie.
Complications
En l'absence de traitement
- Aggravation de l'angine de poitrine : douleurs plus fréquentes, plus fortes, pour des efforts de plus en plus petits.
- Infarctus du myocarde, c'est-à-dire la mort d'une partie du muscle cardiaque quand une artère se bouche complètement.
- Insuffisance cardiaque : le cœur devient moins efficace pour pomper le sang, ce qui provoque essoufflement et fatigue.
- Troubles du rythme cardiaque, parfois graves.
- Dans les cas les plus graves, arrêt cardiaque : c'est pourquoi une douleur thoracique prolongée est une urgence.
Pronostic à long terme
Le message est encourageant : la maladie coronarienne se traite, et la plupart des personnes vivent de nombreuses années après le diagnostic. Arrêter de fumer, suivre son traitement, bouger et venir aux rendez-vous de suivi améliore réellement la situation. Une surveillance régulière permet aussi d'agir avant que les choses ne s'aggravent.
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Dernière mise à jour: 22 octobre 2026
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