Fièvre hémorragique de Crimée-Congo
Aperçu
La fièvre hémorragique de Crimée-Congo est une maladie causée par un virus. Elle se transmet surtout par la piqûre d'une tique (un petit parasite qui s'accroche à la peau), la tique du genre Hyalomma. Elle peut aussi se transmettre au contact du sang ou des liquides corporels d'animaux infectés, ou d'une personne malade. Le mot « hémorragique » veut dire que, dans les formes graves, la maladie peut provoquer des saignements. C'est une infection rare, connue surtout dans certaines régions du monde, et elle se soigne à l'hôpital.
Faits essentiels
- Elle est causée par un virus transmis principalement par la piqûre d'une tique présente dans certaines régions chaudes et sèches (Afrique, Balkans, Moyen-Orient, Asie, pourtour méditerranéen).
- Elle peut aussi se transmettre par contact direct avec le sang ou les liquides corporels d'un animal ou d'une personne infectée, notamment dans les élevages et les hôpitaux.
- Il n'existe pas de traitement antiviral largement disponible : la prise en charge se fait à l'hôpital, avec des soins de soutien attentifs, et la plupart des personnes atteintes guérissent.
Non, c'est une maladie rare. On la rencontre surtout dans certaines zones rurales d'Afrique, des Balkans, du Moyen-Orient et d'Asie. En France métropolitaine, aucun cas humain contracté sur place n'a été confirmé à ce jour, mais la tique qui peut transmettre le virus est désormais présente dans le sud du pays et en Corse. Les autorités de santé suivent la situation de près.
Les personnes les plus exposées sont celles qui travaillent au contact des animaux (éleveurs, bergers, vétérinaires, personnel d'abattoirs), les personnes qui passent du temps dans la nature dans les régions concernées, les voyageurs qui s'y rendent, et les soignants qui s'occupent de malades sans protection suffisante. Tout le monde peut être concerné, quel que soit l'âge.
Symptômes
- Des saignements importants qui ne s'arrêtent pas (nez, gencives, vomissements de sang, selles noires ou sanglantes)
- Une confusion, un discours incohérent, une somnolence inhabituelle ou une perte de connaissance
- Une difficulté à respirer ou une respiration très rapide
- Des convulsions
- Les signes d'un état de choc : peau froide et moite, pâleur, pouls très rapide, tension qui chute, très grande faiblesse
- Une fièvre élevée avec saignements, survenant dans les deux semaines après un séjour dans une zone concernée ou une piqûre de tique
- ⚠De la fièvre dans les deux semaines qui suivent un retour d'une région où la maladie existe
- ⚠De la fièvre après une piqûre de tique, même si la piqûre semble ancienne
- ⚠De la fièvre après un contact avec un animal d'élevage malade ou avec du sang animal
- ⚠Des vomissements répétés ou une impossibilité à boire, avec une sensation de déshydratation
- ⚠Une fatigue extrême qui s'aggrave d'heure en heure
Symptômes courants
- Une fièvre qui monte brutalement, souvent avec des frissons
- Des maux de tête intenses et des douleurs musculaires
- Des douleurs dans le dos, dans la nuque et une sensation de courbature générale
- Une gêne à la lumière et des yeux douloureux
- Des nausées, des vomissements, des douleurs de ventre et parfois une diarrhée
- Un mal de gorge et une fatigue très forte
- Dans un second temps, parfois : de petits bleus ou taches rouges sur la peau, des saignements du nez ou des gencives
Symptômes chez l'enfant
- Les enfants peuvent présenter les mêmes signes que les adultes : fièvre brutale, fatigue, douleurs diffuses
- Ils peuvent être plus irritables, moins réactifs ou moins intéressés par ce qui les entoure
- Les vomissements et la déshydratation sont à surveiller de près chez le petit enfant
- Un enfant qui a de la fièvre après une piqûre de tique ou un voyage dans une zone concernée doit être vu rapidement par un médecin
Symptômes chez les personnes âgées
- Après 60-65 ans, les formes graves sont plus fréquentes et l'évolution peut être plus sérieuse
- La fatigue et la confusion peuvent être plus marquées, avec un risque de déshydratation
- Les maladies chroniques déjà présentes (cœur, reins, foie, diabète) peuvent rendre la maladie plus difficile à traverser
- Une surveillance à l'hôpital est souvent proposée plus facilement
Causes
Causes principales
- La piqûre d'une tique infectée du genre Hyalomma, qui vit dans les zones sèches, les pâturages et les buissons
- Le contact direct avec le sang, les tissus ou les liquides corporels d'animaux infectés (moutons, chèvres, bovins), surtout lors de l'abattage ou des soins aux bêtes
- Le contact avec le sang ou les liquides corporels d'une personne malade, notamment en milieu hospitalier ou dans la famille proche, quand les protections ne sont pas suffisantes
Facteurs de risque
- Vivre ou voyager dans une région où la maladie est présente (Afrique, Balkans, Moyen-Orient, Asie, pourtour méditerranéen)
- Travailler avec des animaux ou dans un abattoir
- Passer du temps en extérieur dans des zones de broussailles ou de pâturages, surtout au printemps et en été
- S'occuper d'une personne malade sans protection adaptée (gants, masque, protection des yeux)
- Avoir une maladie chronique ou un âge avancé, ce qui augmente le risque de forme grave
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Toute fièvre apparaissant dans les 14 jours après un séjour dans une zone concernée
- Une piqûre de tique suivie de fièvre, de douleurs musculaires ou de maux de tête
- Des saignements anormaux, des bleus qui apparaissent sans raison ou du sang dans les urines ou les selles
- Une somnolence inhabituelle, une confusion ou un comportement qui change
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Avant un voyage dans une région à risque, pour parler des précautions contre les tiques
- Après une piqûre de tique, même sans symptôme, si vous vous posez des questions
- Si vous travaillez avec des animaux et souhaitez savoir comment vous protéger
- Si vous avez eu un contact avec une personne ou un animal malade et que vous vous inquiétez
Diagnostic
Le médecin commence par vous interroger sur vos symptômes, vos voyages récents, vos activités en extérieur et vos contacts avec des animaux. Comme les premiers signes ressemblent à ceux de nombreuses autres infections, il faut des analyses de sang pour confirmer. Le diagnostic est ensuite transmis aux autorités sanitaires, car cette maladie doit être surveillée.
Tests qui peuvent être effectués
- Une prise de sang pour rechercher directement le virus (test appelé PCR)
- Des tests pour détecter les anticorps produits par l'organisme contre le virus
- Une numération formule sanguine, qui compte les cellules du sang et repère certaines anomalies
- Des analyses du foie et des reins, pour vérifier leur fonctionnement
- Des tests de coagulation, pour vérifier que le sang coagule normalement
- Parfois, une recherche du virus dans d'autres prélèvements, selon les symptômes
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
En attendant les résultats, vous pouvez être installé dans une chambre seule, avec des mesures de protection pour éviter toute transmission aux soignants et aux proches. C'est une précaution standard, pas une mise à l'écart punitive. Les résultats arrivent généralement en quelques jours, et l'équipe médicale vous explique chaque étape.
Traitement
Il n'existe pas de médicament antiviral largement disponible contre ce virus. Le traitement se fait à l'hôpital et consiste à soutenir l'organisme pendant qu'il combat l'infection : hydratation, repos, surveillance étroite et prise en charge des complications si elles apparaissent. La plupart des personnes atteintes guérissent, surtout lorsqu'elles sont prises en charge tôt.
Soins personnels à domicile
- Se reposer beaucoup et boire régulièrement pour rester bien hydraté
- Prendre sa température et noter l'évolution des symptômes
- Signaler immédiatement tout nouveau symptôme, en particulier des saignements
- Ne pas prendre de médicaments sans demander conseil à un soignant, surtout ceux qui peuvent favoriser les saignements
- Prévenir les soignants de vos voyages récents, de piqûres de tiques ou de contacts avec des animaux, dès le premier rendez-vous
Traitements médicaux
La prise en charge repose sur des soins de soutien en milieu hospitalier : apport de liquides par voie veineuse si besoin, oxygène, surveillance rapprochée du cœur, de la respiration, du foie, des reins et de la coagulation. En cas de saignements importants, l'équipe médicale peut avoir recours à des transfusions de produits sanguins. Un isolement protecteur est mis en place pour les soignants et les visiteurs. Les médecins adaptent le traitement à chaque personne, selon l'évolution de la maladie, et il est important de ne jamais prendre de médicament de sa propre initiative.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
La chirurgie ne fait pas partie du traitement de cette infection.
Vivre avec cette affection
La guérison peut demander du temps. Une grande fatigue, des douleurs diffuses et une baisse de force peuvent persister plusieurs semaines après la sortie de l'hôpital. Il est normal d'avancer par étapes. Un suivi médical régulier permet de vérifier que tout rentre dans l'ordre et de répondre à vos questions.
Conseils de mode de vie
- Reprendre les activités physiques très progressivement, en écoutant votre corps
- Continuer à se protéger des tiques lors des sorties en nature
- Prévenir tout soignant de cet épisode lors de futurs rendez-vous médicaux
- Éviter l'alcool et le tabac pendant la convalescence, pour aider l'organisme à récupérer
- Garder un rythme de sommeil régulier et accepter l'aide de son entourage
Alimentation et exercice
Une alimentation équilibrée et une bonne hydratation aident à récupérer. Les activités physiques se reprennent doucement : courtes marches, étirements, puis davantage selon la forme ressentie. Il n'y a pas d'aliment interdit. En cas de perte d'appétit ou de fatigue persistante, parlez-en à votre médecin ou à un diététicien.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Traverser une maladie rare et parfois impressionnante peut provoquer de l'anxiété, des troubles du sommeil ou un sentiment de solitude, surtout après une période d'isolement à l'hôpital. Ces réactions sont normales et elles s'atténuent souvent avec du soutien. Parlez-en à votre médecin : il existe des accompagnements efficaces. Si vous vous sentez en grande détresse ou si des pensées sombres vous envahissent, demandez de l'aide sans attendre et contactez le 3114, le numéro national de prévention du suicide en France, ouvert jour et nuit.
Prévention
Oui, en grande partie. Le meilleur moyen est d'éviter les piqûres de tiques et de se protéger lors des contacts avec les animaux. Dans les zones concernées, portez des vêtements couvrants et clairs, rentrez le bas du pantalon dans les chaussettes, marchez sur les chemins plutôt que dans les herbes hautes, et inspectez votre peau et celle de vos enfants après chaque sortie. Retirez une tique accrochée le plus tôt possible, avec une pince fine, sans écraser la tête. Les personnes qui manipulent des animaux ou des carcasses doivent porter des gants et des protections adaptées. En milieu hospitalier, des mesures d'isolement protègent les soignants et les proches.
Vaccins
Il n'existe pas de vaccin contre cette maladie qui soit largement disponible pour l'être humain. La recherche continue dans ce domaine. En cas de voyage dans une région à risque, demandez conseil à un centre de conseil aux voyageurs ou à votre médecin.
Programmes de dépistage
Il n'existe pas de dépistage systématique chez les personnes sans symptôme. La surveillance porte surtout sur les tiques et sur les cas déclarés, afin de détecter rapidement toute apparition inhabituelle. En France, les autorités sanitaires suivent la présence de la tique concernée dans le sud du pays et en Corse.
Complications
En l'absence de traitement
- Une aggravation des saignements, qui peuvent toucher le nez, les gencives, le tube digestif ou les voies urinaires
- Une atteinte du foie et des reins pouvant aller jusqu'à leur dysfonctionnement
- Un état de choc, avec chute de la tension et atteinte de plusieurs organes
- Des infections secondaires pendant l'hospitalisation
- Dans les formes les plus graves, une évolution pouvant être fatale
Pronostic à long terme
La majorité des personnes atteintes guérissent, même si la maladie peut être sérieuse et nécessite une hospitalisation. La guérison est souvent progressive : la fatigue peut durer plusieurs semaines, puis s'estomper. Être pris en charge tôt, être bien hydraté et être surveillé à l'hôpital améliorent nettement les chances. Après la maladie, un suivi médical permet de vérifier la récupération et de répondre à vos inquiétudes.
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Sources et recommandations
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Dernière mise à jour: 22 octobre 2026
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