Décision de ne pas réanimer (DNACPR) : comprendre et préparer cette décision
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Une décision de ne pas réanimer (parfois appelée DNACPR, ou « ordonnance de non-réanimation ») est une décision médicale écrite dans le dossier de soins. Elle signifie que, si le cœur s'arrête ou si la personne cesse de respirer, l'équipe soignante ne pratiquera pas de réanimation cardio-pulmonaire : pas de massage cardiaque, pas de ventilation forcée. Il est important de comprendre que cette décision ne veut pas dire « on arrête de soigner ». Tous les autres soins continuent : soulager la douleur, traiter une infection, aider à respirer, hydrater, accompagner, être présent. La réanimation cardio-pulmonaire est un ensemble de gestes vigoureux (massage de la poitrine, insufflations, parfois chocs électriques) destinés à relancer le cœur. Elle réussit rarement chez les personnes très fragiles ou atteintes d'une maladie grave évolutive, et lorsqu'elle réussit, elle peut laisser de lourdes séquelles. La décision de ne pas réanimer est prise après une discussion avec la personne malade, ou avec ses proches si elle ne peut plus s'exprimer, et après un échange entre plusieurs professionnels de santé. En France, ce cadre est défini par la loi et par les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS).
Faits essentiels
- Cette décision ne concerne que la réanimation en cas d'arrêt du cœur ou de la respiration. Elle ne supprime aucun autre soin, ni les visites, ni l'accompagnement.
- C'est une décision médicale, mais elle doit tenir compte de la volonté de la personne. Si la personne ne peut plus parler, ses directives anticipées et le témoignage de ses proches sont pris en compte.
- Elle se prend après une discussion entre plusieurs soignants (on parle de décision collégiale) et elle est écrite, datée et signée dans le dossier médical.
- Elle n'est jamais définitive : la situation peut changer, et la personne peut revenir sur son choix à tout moment.
- L'âge, à lui seul, n'est jamais une raison suffisante pour décider de ne pas réanimer.
Oui, cette situation est fréquente, surtout à l'hôpital, en maison de retraite (EHPAD) et en soins palliatifs. Elle concerne souvent des personnes atteintes d'une maladie grave qui évolue, ou très fragiles. Beaucoup de personnes en bonne santé en parlent aussi à l'avance, par exemple en rédigeant leurs directives anticipées.
Toute personne peut être concernée un jour, directement ou par le biais d'un proche. En pratique, la question se pose surtout chez les personnes atteintes d'une maladie grave et évolutive (cancer avancé, insuffisance cardiaque ou respiratoire sévère, maladie neurologique évolutive), chez les personnes très âgées et très dépendantes, et chez celles qui ont exprimé le souhait de ne pas être réanimées. Chez l'enfant, la situation est rare et encadrée de façon très particulière avec les parents et l'équipe pédiatrique.
Symptômes
- Une personne inconsciente qui ne répond pas quand on lui parle ou qu'on la secoue doucement.
- Une personne qui ne respire pas, ou qui respire de façon très anormale (gasps, respirations rares et inefficaces).
- Dans ce cas, appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112, et suivez les consignes données au téléphone. Si une décision de ne pas réanimer existe, dites-le dès que possible à la personne qui répond, et montrez le document aux secours à leur arrivée.
- ⚠Une douleur forte dans la poitrine, surtout si elle serre ou irradie vers le bras ou la mâchoire.
- ⚠Un malaise avec perte de connaissance, même brève.
- ⚠Un essoufflement qui s'aggrave rapidement, une impossibilité de parler sans reprendre son souffle.
- ⚠Une confusion inhabituelle ou un état de somnolence qui s'aggrave.
Symptômes courants
- La décision de ne pas réanimer n'est pas une maladie : elle n'a pas de symptômes. Ce qui existe, ce sont des situations qui amènent à en parler : une maladie grave qui s'aggrave malgré les traitements.
- Une très grande fragilité, avec plusieurs hospitalisations rapprochées ou une perte importante d'autonomie.
- Une entrée en soins palliatifs ou en maison de retraite, moment où l'on fait le point sur les souhaits de la personne.
- Un souhait exprimé clairement par la personne elle-même, parfois bien avant d'être malade, dans ses directives anticipées.
- Des questions posées par la famille ou par la personne : « Que se passerait-il si mon cœur s'arrêtait ? »
Symptômes chez l'enfant
- Chez l'enfant, cette décision est rare et toujours prise dans un cadre très encadré, avec les deux parents et l'équipe pédiatrique.
- Elle ne survient que dans des situations de maladie très grave et incurable, lorsque la réanimation ne pourrait pas apporter de bénéfice.
- Les parents sont accompagnés et soutenus tout au long des échanges, et peuvent demander un avis supplémentaire.
Symptômes chez les personnes âgées
- Chez les personnes âgées, la question est fréquente, notamment en maison de retraite ou après une hospitalisation.
- Elle est souvent liée à l'accumulation de plusieurs maladies et à une perte d'autonomie importante — mais jamais au seul âge.
- Une personne âgée en bonne forme physique et bien entourée peut tout à fait ne pas être concernée par cette décision.
- Il est utile d'en parler calmement, sans dramatiser, avec le médecin traitant et la famille.
Causes
Causes principales
- Une maladie grave et évolutive dont les traitements ne permettent plus d'espérer une amélioration : cancer avancé, insuffisance cardiaque ou respiratoire sévère, maladie neurologique évolutive.
- Un état général très dégradé, avec une dépendance importante et des hospitalisations répétées.
- La conviction, partagée par l'équipe soignante, qu'une réanimation aurait très peu de chances de fonctionner, ou qu'elle laisserait des séquelles très lourdes.
- Le souhait clairement exprimé par la personne de ne pas être réanimée, notamment dans ses directives anticipées.
- Une situation de fin de vie, où l'objectif des soins devient le confort et l'accompagnement.
Facteurs de risque
- Un âge très avancé associé à une fragilité et à plusieurs maladies (le grand âge seul n'est pas un critère).
- La présence de plusieurs maladies chroniques en même temps.
- Une perte d'autonomie importante pour les actes de la vie quotidienne.
- Un séjour en maison de retraite ou en soins de longue durée.
- Des hospitalisations fréquentes dans l'année écoulée.
- L'absence de directives anticipées ou de personne de confiance désignée : dans ce cas, il est plus difficile de savoir ce que la personne aurait voulu.
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Perte de connaissance, arrêt respiratoire ou suspicion d'arrêt cardiaque : appelez le 15 ou le 112 sans attendre.
- Douleur thoracique intense, malaise grave, difficulté à respirer qui s'aggrave brutalement.
- Chez une personne ayant une décision de ne pas réanimer, toute aggravation soudaine de son état doit conduire à appeler un médecin, car les soins de confort et les traitements utiles continuent.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Vous souhaitez rédiger ou mettre à jour vos directives anticipées : parlez-en à votre médecin traitant, qui peut vous accompagner.
- Vous avez des questions sur une décision de ne pas réanimer prise pour vous ou pour un proche.
- Vous voulez désigner une personne de confiance qui parlera pour vous si vous ne pouvez plus le faire.
- Vous vous sentez en détresse ou seul face à ces questions, pour vous-même ou après le décès d'un proche.
- Un proche vient d'entrer en maison de retraite ou en soins palliatifs et vous souhaitez comprendre comment les décisions se prennent.
Diagnostic
Il ne s'agit pas d'une maladie à diagnostiquer, mais d'une décision de soins à construire. Le médecin qui suit la personne (à l'hôpital ou en ville) engage la discussion, souvent à la demande de la famille, de l'équipe ou de la personne elle-même. Plusieurs professionnels échangent entre eux : c'est la discussion collégiale. La parole de la personne malade passe en premier. Si elle ne peut plus s'exprimer, on regarde ses directives anticipées, on interroge la personne de confiance désignée, puis les proches, pour savoir ce qu'elle aurait voulu. La décision est ensuite écrite dans le dossier médical, avec la date et la signature du médecin, et la personne (ou ses proches) en est informée. Elle est réévaluée régulièrement, à chaque changement important de l'état de santé.
Tests qui peuvent être effectués
- Il n'y a pas d'examen de laboratoire ni d'imagerie pour cette décision.
- Les éléments examinés sont : le dossier médical et l'ensemble des maladies en cours, le niveau d'autonomie et l'état général.
- Les directives anticipées, si la personne en a rédigé, et la désignation d'une personne de confiance.
- Le ressenti et les souhaits exprimés par la personne, ou par ses proches si elle ne peut plus parler.
- L'avis partagé de plusieurs soignants (médecin, infirmier, parfois psychologue ou équipe de soins palliatifs).
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
L'échange se fait en général lors d'un entretien calme, à l'hôpital, en maison de retraite ou au cabinet. Le médecin explique simplement ce qu'est la réanimation, ses chances de réussir dans cette situation précise et ses conséquences possibles. Vous pouvez poser toutes vos questions, prendre le temps de réfléchir, demander un second avis, en parler avec un proche. Il est normal d'être bouleversé, en colère ou soulagé : ces émotions sont accueillies. Le médecin peut aussi vous orienter vers un psychologue ou vers l'équipe de soins palliatifs si vous le souhaitez.
Traitement
La décision de ne pas réanimer ne réduit pas les soins : elle les réoriente vers le confort et la qualité de vie. Une personne concernée continue à recevoir tout ce qui peut l'aider : soulagement de la douleur et de l'essoufflement, soins de nursing, traitement d'une infection quand c'est utile, aide alimentaire ou hydratation adaptée à la situation, présence et écoute. Les traitements de la maladie de fond peuvent aussi continuer s'ils apportent un bénéfice. L'équipe soignante adapte les soins au fil du temps, en en parlant avec la personne et ses proches.
Soins personnels à domicile
- Écrire ou mettre à jour ses directives anticipées : ce sont vos souhaits, rédigés librement, que les médecins doivent prendre en compte.
- Désigner une personne de confiance, qui pourra parler pour vous si vous ne pouvez plus le faire.
- Parler de vos souhaits avec vos proches, calmement et à plusieurs reprises : cela leur évite de devoir deviner plus tard.
- Faire savoir à votre médecin traitant, à votre pharmacien et à l'équipe qui vous suit qu'une décision existe, et où elle est notée.
- Garder une copie du document accessible à la maison et lors des déplacements, pour pouvoir la montrer aux secours si besoin.
- Prendre soin de vous au quotidien : repos, liens avec les proches, petites activités qui font du bien.
Traitements médicaux
Les soins proposés sont avant tout des soins de confort, adaptés à chaque situation et décidés avec la personne et ses proches. Ils peuvent comprendre le soulagement de la douleur et de l'essoufflement, des soins de bouche et de peau, une aide pour trouver une position confortable, la prise en charge d'une anxiété ou d'une tristesse envahissante, et le traitement d'une infection lorsque cela améliore le confort. L'équipe de soins palliatifs peut intervenir à domicile, à l'hôpital ou en maison de retraite pour conseiller et soutenir. Un accompagnement psychologique est possible pour la personne comme pour ses proches. Les médicaments exacts et leurs doses sont choisis par le médecin en fonction de la situation : parlez-en avec lui plutôt que de suivre des conseils trouvés ailleurs.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
Une décision de ne pas réanimer n'interdit pas une opération ou un examen utile. Chaque situation est examinée au cas par cas : si une intervention peut apporter un confort ou améliorer l'état de santé, elle peut être proposée. L'équipe en discute alors avec vous et adapte la décision de non-réanimation si nécessaire.
Vivre avec cette affection
La vie continue, avec ses habitudes et ses moments agréables. La décision de ne pas réanimer ne change rien au quotidien : les visites, les soins, les repas, les sorties quand c'est possible restent les mêmes. Ce qui change, c'est que chacun sait à quoi s'en tenir, ce qui évite souvent des décisions difficiles prises dans l'urgence. Il est utile que les proches et les soignants sachent où se trouve le document, et qu'il soit mis à jour quand la situation évolue.
Conseils de mode de vie
- Garder des liens : voir ses proches, sortir quand c'est possible, téléphoner, entretenir ses centres d'intérêt.
- Aménager son logement et son quotidien pour rester le plus autonome possible, avec l'aide d'un ergothérapeute si besoin.
- Demander de l'aide sans attendre : aide à domicile, portage des repas, transport, auxiliaire de vie.
- Faire part de ses souhaits à ses proches, à son médecin et à son pharmacien, sans craindre d'en parler.
- Se ménager des temps de repos et de plaisir, à son rythme.
Alimentation et exercice
Il n'y a pas de règle stricte. L'alimentation doit rester un plaisir : on privilégie ce que la personne aime et tolère, en quantité adaptée à son appétit, sans forcer. Une perte d'appétit est fréquente en fin de vie et ne doit pas devenir une source de conflit : parlez-en à l'équipe soignante. Pour le mouvement, on favorise une activité douce et régulière si elle est confortable : marcher un peu, s'étirer, se lever plusieurs fois par jour avec de l'aide si besoin. En cas de fatigue importante, le repos prime.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Parler de la fin de vie réveille souvent des émotions fortes : peur, tristesse, colère, sentiment d'injustice, mais aussi parfois soulagement et apaisement. Chez les proches, la culpabilité est fréquente, alors qu'ils ont souvent fait au mieux avec les informations dont ils disposaient. Ces émotions sont normales et méritent d'être accueillies, pas cachées. Un psychologue, un médecin, un infirmier ou une équipe de soins palliatifs peut vous écouter, vous ou votre famille. Si vous avez des pensées suicidaires ou si vous vous sentez en détresse, appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, ouvert 24h/24) ou contactez les urgences (15 ou 112).
Prévention
Cette décision n'est pas une maladie, donc elle ne se « prévient » pas au sens habituel. En revanche, tout peut être anticipé : rédiger ses directives anticipées, désigner une personne de confiance, et parler de ses souhaits avec ses proches et son médecin. Une décision préparée à l'avance, comprise de tous et régulièrement revue, est souvent vécue beaucoup plus sereinement qu'une décision prise dans l'urgence.
Programmes de dépistage
Il n'existe pas de dépistage : il s'agit d'une décision de soins et non d'une maladie. Le « repérage » utile, c'est simplement de parler de ces sujets à l'occasion d'une consultation, d'une hospitalisation ou d'une entrée en maison de retraite.
Complications
En l'absence de traitement
- Si le sujet n'est jamais abordé, une personne peut recevoir une réanimation qu'elle ne souhaitait pas, parfois dans des conditions qui ne correspondent pas à ce qu'elle aurait voulu.
- Les proches peuvent se retrouver à devoir décider dans l'urgence, sans savoir ce que la personne aurait souhaité, ce qui est une source de grande souffrance.
- Des désaccords ou des conflits peuvent apparaître dans la famille ou avec l'équipe soignante.
- À l'inverse, une décision prise sans explication peut être vécue comme un abandon par la personne ou ses proches : c'est pourquoi la discussion et l'information sont essentielles.
Pronostic à long terme
Une décision de ne pas réanimer bien expliquée et bien partagée apporte souvent de l'apaisement : chacun sait ce qui est prévu, les soins de confort sont renforcés, et la personne garde la main sur ses choix. Elle peut être revue à tout moment, à la hausse comme à la baisse, selon l'évolution de la santé et des souhaits. Beaucoup de personnes concernées vivent encore longtemps et continuent à recevoir des soins actifs et attentionnés. Si vous avez des questions, parlez-en à votre médecin traitant : il est là pour vous accompagner, sans jugement.
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Dernière mise à jour: 23 octobre 2026
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