L'endométriose
Aperçu
L'endométriose est une maladie chronique dans laquelle des fragments de tissu semblables à la muqueuse qui tapisse l'intérieur de l'utérus (appelée endomètre) se développent ailleurs dans le corps : sur les ovaires, derrière l'utérus, sur le péritoine (la fine membrane qui tapisse l'abdomen), parfois sur les intestins ou la vessie. Ces fragments réagissent aux hormones du cycle comme s'ils étaient dans l'utérus : ils gonflent, saignent et provoquent une inflammation. Comme ce sang ne peut pas sortir, il irrite les tissus voisins et peut créer des adhérences (des zones où les organes se collent entre eux). C'est ce qui explique les douleurs, souvent rythmées par les règles. L'endométriose n'est ni contagieuse, ni une infection sexuellement transmissible, ni un cancer.
Faits essentiels
- Elle touche environ une femme sur dix en âge d'avoir des règles, soit plusieurs millions de personnes en France.
- Le délai entre les premiers symptômes et le diagnostic est souvent long : plusieurs années en moyenne, car les douleurs de règles sont parfois banalisées à tort.
- Elle peut diminuer la fertilité chez certaines personnes, mais beaucoup de femmes atteintes tombent enceinte, spontanément ou avec de l'aide.
Oui, c'est une maladie fréquente. On estime qu'elle concerne environ 10 % des femmes et des personnes avec un utérus en âge de procréer. Malgré cela, elle reste parfois mal connue et longtemps sous-diagnostiquée.
Elle peut apparaître dès les premières règles, y compris chez les adolescentes, et jusqu'à la ménopause. Elle est plus souvent diagnostiquée entre 25 et 40 ans. Elle touche toutes les catégories sociales et toutes les origines. Certaines situations la rendent plus probable : avoir une mère ou une sœur atteinte, avoir des règles très abondantes ou très longues, ou avoir des anomalies de forme de l'utérus.
Symptômes
- Une douleur pelvienne très intense et brutale, surtout si elle s'accompagne de malaise, de vertiges, de pâleur ou de vomissements : appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
- Une fièvre élevée avec une douleur pelvienne forte et continue.
- Un saignement génital très abondant avec vertiges, palpitations ou sensation de faiblesse.
- Un essoufflement ou une douleur dans la poitrine, rares mais possibles dans certaines formes de la maladie.
- ⚠Une douleur qui ne cède pas avec les antalgiques que vous prenez d'habitude et qui vous empêche de bouger ou de dormir.
- ⚠Des vomissements répétés ou l'impossibilité d'uriner ou d'aller à la selle.
- ⚠Une douleur nouvelle, différente de vos douleurs habituelles, ou qui augmente rapidement.
Symptômes courants
- Des règles très douloureuses (on parle de dysménorrhée), qui ne cèdent pas avec les antalgiques habituels et qui obligent parfois à manquer l'école ou le travail.
- Des douleurs dans le bas du ventre (pelvis), parfois permanentes, parfois rythmées par le cycle.
- Des douleurs pendant ou après les rapports sexuels (on parle de dyspareunie).
- Des douleurs en allant à la selle ou en urinant, surtout pendant les règles.
- Des douleurs dans le bas du dos ou dans les jambes.
- Un ventre ballonné, des nausées, une sensation de lourdeur pelvienne.
- Une fatigue importante, qui ne s'explique pas seulement par la douleur.
- Des règles abondantes ou des saignements entre les règles.
- Des difficultés à tomber enceinte.
Symptômes chez l'enfant
- Chez les adolescentes, le signe le plus fréquent est une douleur de règles très intense, qui ne s'améliore pas avec les médicaments contre la douleur habituels.
- Des douleurs pelviennes qui reviennent, même en dehors des règles, et qui font manquer les cours.
- Des maux de ventre pris parfois à tort pour des troubles digestifs ou pour de l'anxiété.
- Il n'est pas normal qu'une jeune fille soit obligée de rester au lit ou de manquer l'école à chaque cycle : c'est un motif de consultation.
Symptômes chez les personnes âgées
- Après la ménopause, les symptômes s'atténuent souvent, car les lésions ne sont plus stimulées par les hormones du cycle.
- Une douleur pelvienne nouvelle ou qui s'aggrave après la ménopause ne doit jamais être mise sur le compte de l'endométriose sans avis médical : il faut consulter pour en chercher la cause.
- Chez les femmes plus âgées, l'endométriose est parfois découverte par hasard lors d'un examen d'imagerie réalisé pour une autre raison.
Causes
Causes principales
- La cause exacte n'est pas encore connue. Plusieurs mécanismes sont proposés par les chercheurs, et ils peuvent se combiner.
- Les règles rétrogrades : pendant les règles, une partie du sang remonterait par les trompes vers l'abdomen, emportant des cellules de l'endomètre qui pourraient s'implanter ailleurs.
- Un terrain immunitaire particulier : l'organisme ne parviendrait pas à éliminer ces cellules anormalement placées.
- Une origine génétique et familiale : le risque est plus élevé quand une mère ou une sœur est atteinte.
- Des cellules présentes dès la vie embryonnaire qui se transformeraient plus tard en tissu de type endomètre.
Facteurs de risque
- Avoir une mère, une sœur ou une fille atteinte.
- Des règles qui commencent tôt et des cycles courts ou très abondants.
- Certaines malformations de l'utérus ou du vagin qui gênent l'écoulement normal des règles.
- Ne jamais avoir été enceinte : ce n'est pas une cause en soi, mais une caractéristique plus fréquente chez les femmes diagnostiquées.
- Aucun de ces facteurs n'est obligatoire : beaucoup de femmes atteintes n'en présentent aucun.
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Une douleur pelvienne soudaine et très violente, surtout avec malaise, vertiges ou vomissements.
- Une fièvre avec une douleur du bas-ventre.
- Un saignement très abondant avec faiblesse ou vertiges.
- Une douleur qui vous empêche totalement de vaquer à vos occupations habituelles.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Des règles douloureuses qui vous obligent à prendre des antalgiques à chaque cycle, ou à manquer l'école ou le travail.
- Des douleurs pelviennes qui durent depuis plusieurs mois.
- Des douleurs pendant les rapports sexuels.
- Des douleurs pour uriner ou aller à la selle, surtout pendant les règles.
- Des règles très abondantes ou des saignements entre les règles.
- Un projet de grossesse qui n'aboutit pas après plusieurs mois.
- Une grande fatigue ou un ventre ballonné qui reviennent à chaque cycle et perturbent votre quotidien.
Diagnostic
Le diagnostic commence toujours par une écoute attentive : votre médecin vous interroge sur vos règles, le type de douleurs, leur rythme dans le cycle, votre vie quotidienne et votre projet de grossesse. Il réalise ensuite un examen clinique, parfois avec un toucher vaginal, pour repérer des zones douloureuses ou des masses. Une échographie pelvienne est souvent proposée en première intention. Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS), un traitement peut être débuté sur la base de ces éléments, sans attendre une confirmation chirurgicale. Tenir un journal de vos symptômes sur deux ou trois cycles aide beaucoup le médecin.
Tests qui peuvent être effectués
- L'échographie pelvienne, souvent par voie vaginale : indolore, elle peut montrer certains kystes de l'ovaire liés à l'endométriose (appelés endométriomes), mais elle ne voit pas toutes les lésions.
- L'IRM pelvienne, dans certains cas, pour mieux voir les lésions profondes et préparer un éventuel traitement.
- La cœlioscopie (ou laparoscopie) : une petite opération sous anesthésie, avec une caméra introduite dans le nombril, qui permet de voir les lésions et de les traiter dans le même temps. Elle n'est pas systématique.
- Des examens complémentaires selon les symptômes : bilan digestif, urinaire ou bilan de fertilité pour le couple.
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
Le parcours peut prendre du temps, parfois plusieurs mois, et demande parfois de voir un médecin spécialisé (gynécologue, centre dédié à l'endométriose). C'est normal d'avoir besoin de plusieurs rendez-vous. Préparez une liste écrite de vos symptômes, de leur fréquence et de leur retentissement sur votre vie, ainsi que vos questions. Vous avez le droit de demander un deuxième avis. Aucun examen n'est à faire dans l'urgence en dehors des situations décrites plus haut.
Traitement
Il n'existe pas aujourd'hui de traitement qui fasse disparaître définitivement l'endométriose. En revanche, il existe de nombreuses options pour soulager la douleur, limiter la progression des lésions et préserver la fertilité. Le choix dépend de l'intensité de vos symptômes, de votre âge, de votre désir de grossesse et de vos préférences. La prise en charge est souvent pluridisciplinaire : médecin généraliste, gynécologue, parfois spécialiste de la douleur, kinésithérapeute, psychologue ou diététicien. Ensemble, vous chercherez la solution qui vous convient, et elle peut évoluer avec le temps.
Soins personnels à domicile
- Tenir un journal de vos cycles, de vos douleurs et de ce qui les soulage : cela aide à adapter le traitement.
- Appliquer de la chaleur (bouillotte, bain chaud) sur le bas du ventre pendant les crises.
- Apprendre à mieux respirer et à relâcher le ventre : des techniques comme la relaxation ou la respiration profonde peuvent diminuer la tension musculaire liée à la douleur.
- Bien dormir et aménager des temps de repos, car la douleur chronique fatigue beaucoup.
- Bouger régulièrement, à votre rythme : une activité douce et progressive aide souvent plus qu'elle ne gêne.
- Éviter l'alcool et le tabac, qui peuvent aggraver l'inflammation et la douleur.
- Parler de votre douleur à votre entourage et à votre médecin, sans la minimiser.
Traitements médicaux
Les traitements médicaux visent à réduire la douleur et à ralentir l'activité des lésions. On distingue plusieurs approches, choisies avec votre médecin : des antalgiques pour la douleur, des traitements hormonaux qui mettent le cycle au repos ou réduisent les saignements (par exemple une contraception prise en continu ou d'autres traitements hormonaux), des traitements spécifiques de la douleur chronique dans certains cas, et de la kinésithérapie spécialisée du plancher pelvien. Ces traitements ne guérissent pas la maladie mais améliorent nettement la qualité de vie chez beaucoup de personnes. Aucun médicament ne doit être commencé sans l'avis d'un professionnel de santé, car le choix dépend de votre situation, de votre désir de grossesse et de vos antécédents.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
La chirurgie n'est pas proposée à toutes les personnes atteintes. On y pense lorsque les traitements médicaux ne suffisent pas à soulager une douleur très invalidante, lorsqu'un kyste ovarien important pose problème, ou dans le cadre d'une prise en charge de la fertilité. Elle se fait le plus souvent par cœlioscopie, dans un centre habitué à l'endométriose, pour retirer les lésions en préservant au maximum les organes. Elle peut apporter un soulagement réel, mais la maladie peut récidiver, et elle ne garantit pas une grossesse. La décision se prend toujours après une information complète et un temps de réflexion.
Vivre avec cette affection
Vivre avec l'endométriose demande de l'organisation, mais beaucoup de personnes trouvent un équilibre. Anticiper les périodes difficiles du cycle, adapter vos activités ces jours-là, prévoir des temps de récupération et prévenir votre entourage ou votre employeur si vous le souhaitez peuvent beaucoup aider. La douleur chronique épuise : acceptez de ralentir quand c'est nécessaire, sans culpabiliser. Un suivi régulier avec un médecin qui vous connaît bien fait une vraie différence.
Conseils de mode de vie
- Pratiquer une activité physique douce et régulière (marche, natation, yoga, vélo), en adaptant l'intensité selon vos douleurs.
- Soigner le sommeil : des horaires réguliers et un écran éteint avant le coucher.
- Apprendre à gérer le stress : respiration, méditation, sophrologie, activités qui vous font du bien.
- Éviter le tabac et limiter l'alcool.
- Consulter un kinésithérapeute spécialisé dans le plancher pelvien si les douleurs sont importantes, notamment lors des rapports.
- Demander un aménagement de poste ou un temps partiel si votre état le justifie : des dispositifs existent.
Alimentation et exercice
Il n'existe pas d'alimentation miracle contre l'endométriose, et il ne faut pas se lancer dans des régimes restrictifs sans avis médical, car ils peuvent être déséquilibrés. Une alimentation variée et équilibrée, riche en légumes, fruits, fibres et poissons gras, aide à se sentir mieux de façon générale. Certaines personnes constatent que limiter les aliments très gras ou très sucrés améliore leur confort digestif : c'est très personnel. L'activité physique, elle, a un effet prouvé sur la douleur chronique et le moral : choisissez ce qui vous plaît et commencez doucement, sans vous faire mal.
Santé mentale et bien-être émotionnel
L'endométriose peut peser lourd sur le moral : douleurs persistantes, fatigue, rendez-vous médicaux, incompréhension de l'entourage, inquiétude sur la fertilité, retentissement sur la vie de couple et le travail. L'anxiété et la déprime sont fréquentes et parfaitement légitimes. En parler à un médecin, à un psychologue ou à des personnes qui vivent la même chose peut beaucoup aider. Si vous traversez une grande détresse, ou si vous avez des pensées suicidaires, parlez-en tout de suite à un professionnel de santé et contactez sans attendre les urgences (15 ou 112) : vous n'êtes pas seul et de l'aide existe.
Prévention
On ne sait pas aujourd'hui prévenir l'endométriose, car sa cause reste mal connue. Aucun geste, aucun régime ni aucun comportement ne permet de l'éviter. Ce qui compte, c'est de ne pas laisser traîner des douleurs inhabituelles : un diagnostic précoce permet une prise en charge plus tôt et limite l'impact sur la vie quotidienne.
Programmes de dépistage
Il n'existe pas de dépistage systématique organisé de l'endométriose : la Haute Autorité de Santé ne recommande pas de test de dépistage pour toutes les femmes. En revanche, les médecins sont encouragés à poser la question des douleurs de règles et à proposer une consultation si elles sont très douloureuses, en particulier chez les adolescentes.
Complications
En l'absence de traitement
- Des douleurs qui s'installent et deviennent chroniques, avec un retentissement sur le sommeil, le travail et la vie sociale.
- Des kystes des ovaires liés à l'endométriose (endométriomes), qui peuvent grossir ou se compliquer.
- Des adhérences entre organes, qui peuvent gêner le fonctionnement normal du bassin.
- Une baisse de la fertilité chez certaines personnes, qui justifie parfois un parcours d'aide médicale à la procréation.
- Un retentissement psychologique : anxiété, déprime, isolement, sentiment d'être incomprise.
- Dans de rares cas, une atteinte des intestins, de la vessie ou des uretères.
Pronostic à long terme
L'endométriose est une maladie chronique qui peut durer longtemps, mais elle n'évolue pas forcément vers l'aggravation et il existe de nombreuses façons d'aller mieux. La plupart des personnes trouvent, avec un suivi adapté, un traitement qui améliore nettement leur confort de vie. Beaucoup tombent enceintes, naturellement ou avec de l'aide. Les symptômes s'atténuent souvent après la ménopause. Se faire accompagner par une équipe qui connaît la maladie, et demander de l'aide sans attendre, change réellement la trajectoire.
Trouver du soutien
Les liens externes ouvrent des sites tiers. Ruqelo n'est pas responsable du contenu externe. La mention d'une organisation ne signifie pas qu'elle est approuvée.
Vérifiez toujours avec votre médecin
Les recommandations de santé diffèrent selon le pays et la région. Cette page est une information générale et peut ne pas correspondre aux recommandations, médicaments ou pratiques de l'endroit où vous vivez. Discutez de vos préoccupations avec votre médecin ou un professionnel de santé, et suivez les recommandations locales lorsqu'elles existent.
Avis important Ces informations sont fournies à titre éducatif uniquement. Elles ne remplacent pas les conseils médicaux, le diagnostic ou le traitement d'un professionnel. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié au sujet de votre situation spécifique. En cas d'urgence médicale, appelez immédiatement les services d'urgence locaux.
Affections liées
Sources et recommandations
Aucune recommandation ne nomme ce sujet
Aucune recommandation de santé ni chapitre clinique qui nomme exactement ce sujet n'est cité ici. Cette page est destinée uniquement à l'éducation et à l'information générales. Elle n'est pas un diagnostic, un plan de traitement ni un avis médical personnel. Vérifiez auprès de votre médecin et suivez ses conseils. Si les symptômes sont graves, soudains ou inquiétants, consultez rapidement et appelez le numéro d'urgence local en cas d'urgence. Ruqelo LLC n'est pas responsable des conséquences médicales ou juridiques des décisions fondées sur ces informations.
Dernière mise à jour: 23 octobre 2026
Note éducative: Ces informations sont uniquement à titre éducatif et ne constituent pas un diagnostic.
Utilisez-les pour compléter, et non remplacer, l'avis d'un professionnel de santé.
Si les symptômes sont graves, s'aggravent ou sont urgents, appelez le numéro d'urgence local ou consultez en urgence.
Guidance may differ by country or region. Confirm local recommendations with a qualified healthcare provider.