Epilepsy
Sources consultées
Cet article est un contenu original d'éducation des patients.
- NICE—Epilepsies: diagnosis and management. NG217(2022)
- NHS—Epilepsy(2023)
- WHO—Epilepsy fact sheet(2022)
- ILAE—International League Against Epilepsy guidelines(2023)
Fondé sur des recommandations cliniques internationales
Aperçu
L'épilepsie est une maladie du cerveau qui provoque des crises. Ces crises sont dues à une activité électrique soudaine et excessive dans le cerveau. Elles peuvent prendre différentes formes : des secousses des membres, une perte de connaissance, ou encore un moment d'absence. L'épilepsie n'est pas une maladie mentale et n'est pas contagieuse.
Faits essentiels
- L'épilepsie touche environ 50 millions de personnes dans le monde.
- Dans la plupart des cas, les crises peuvent être contrôlées par un traitement.
- L'épilepsie n'est pas une maladie mentale : c'est une maladie neurologique (qui concerne le système nerveux).
- Les personnes épileptiques peuvent mener une vie normale si la maladie est bien suivie.
Oui, l'épilepsie est l'une des maladies neurologiques les plus fréquentes. En France, on estime qu'environ 600 000 personnes sont concernées.
L'épilepsie peut toucher des personnes de tout âge, mais elle se déclare le plus souvent chez les enfants et les personnes âgées. Elle peut aussi débuter à l'adolescence ou à l'âge adulte.
Symptômes
- Crise qui dure plus de 5 minutes (status epilepticus).
- Plusieurs crises sans que la personne ne reprenne connaissance entre elles.
- Difficultés à respirer pendant ou après la crise.
- Blessure grave liée à la crise (chute, traumatisme).
- ⚠Première crise épileptique (même si elle est courte).
- ⚠Crise chez une personne enceinte ou qui vient d'accoucher.
- ⚠Crise dans l'eau ou dans une situation dangereuse.
- ⚠Changement récent dans le type ou la fréquence des crises.
Symptômes courants
- Crises généralisées : perte de connaissance, raidissement du corps, secousses des bras et des jambes.
- Crises focales : sensations étranges (déjà-vu, picotements, troubles de la vision) sans perte de connaissance, ou avec une perte de conscience partielle.
- Absences : bref arrêt de l'activité, regard fixe, quelques secondes, surtout chez l'enfant.
- Crises toniques : raidissement musculaire sans secousses.
Symptômes chez l'enfant
- Absences (regard fixe, arrêt de l'activité) souvent confondues avec de la rêverie.
- Crises cloniques : secousses rythmées des membres.
- Troubles de l'apprentissage ou de l'attention liés à des crises non reconnues.
Symptômes chez les personnes âgées
- Crises partielles complexes : confusion, troubles de la mémoire, sensation de déjà-vu.
- Symptômes trompeurs : chutes inexpliquées, absence de réponse, état confusionnel.
- Plus grand risque de blessures (chutes, fractures).
Causes
Causes principales
- Origine génétique : certaines formes d'épilepsie sont héréditaires.
- Lésion cérébrale : accident vasculaire cérébral (AVC), traumatisme crânien, tumeur au cerveau.
- Infection du cerveau : méningite, encéphalite.
- Maladie neurologique évolutive : maladie d'Alzheimer, sclérose en plaques.
- Dans de nombreux cas, la cause exacte ne peut être identifiée (épilepsie idiopathique).
Facteurs de risque
- Antécédents familiaux d'épilepsie.
- Traumatisme crânien (par exemple lors d'un accident de voiture ou de sport).
- Accident vasculaire cérébral (AVC) ou autre lésion cérébrale.
- Infections du système nerveux central.
- Privation de sommeil, stress important, consommation excessive d'alcool, fièvre élevée (chez l'enfant).
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Toute première crise, même brève.
- Crise durant plus de 5 minutes ou crises répétées sans reprise de conscience.
- Crise accompagnée de difficultés respiratoires, de blessure ou de confusion prolongée.
- Crise chez une femme enceinte.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Si vous avez eu une ou plusieurs crises et que vous n'avez pas encore consulté.
- Si vous êtes traité pour l'épilepsie et que vous avez des effets secondaires gênants.
- Si vos crises changent de fréquence ou de type.
- Pour un suivi régulier : au moins une fois par an.
Diagnostic
Le diagnostic d'épilepsie repose sur l'interrogatoire du patient et des témoins de la crise, ainsi que sur des examens complémentaires. Le médecin cherche à comprendre le type de crise et à exclure d'autres causes (comme un malaise vagal ou un trouble du rythme cardiaque). La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande un bilan spécialisé par un neurologue.
Tests qui peuvent être effectués
- Électroencéphalogramme (EEG) : enregistrement de l'activité électrique du cerveau, parfois après privation de sommeil.
- Imagerie par résonance magnétique (IRM) du cerveau : recherche de lésions structurelles.
- Scanner cérébral (TDM) : en urgence pour éliminer une hémorragie.
- Bilan sanguin : pour rechercher une infection, un trouble métabolique ou une cause toxique.
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
Après une première crise, votre médecin traitant vous orientera vers un neurologue. Celui-ci pourra demander un EEG et une IRM. Le diagnostic peut prendre un certain temps. On peut vous demander de tenir un journal des crises. Il est important d'expliquer précisément ce que vous avez ressenti ou ce que les proches ont observé. Le neurologue confirmera ou non l'épilepsie et discutera avec vous du traitement si nécessaire.
Traitement
Le traitement de l'épilepsie vise à supprimer ou réduire les crises. Il repose principalement sur un traitement médicamenteux à prendre au long cours. Dans certains cas, une intervention chirurgicale ou un régime spécifique peut être proposé. Le choix du traitement dépend du type d'épilepsie, de l'âge et de l'état de santé du patient. L'objectif est d'obtenir le meilleur contrôle possible des crises avec le moins d'effets secondaires.
Soins personnels à domicile
- Respecter strictement les horaires de prise du traitement.
- Dormir suffisamment et éviter le manque de sommeil.
- Éviter l'alcool en excès et les drogues illicites.
- Identifier et éviter les facteurs déclenchants personnels (stress, lumière clignotante, etc.).
- Porter un bracelet ou une carte d'information médicale indiquant que vous êtes épileptique.
- Apprendre à reconnaître les signes annonciateurs d'une crise (aura) pour se mettre en sécurité.
Traitements médicaux
Les médicaments antiépileptiques constituent le traitement de base. Ils agissent en stabilisant l'activité électrique du cerveau. Il en existe plusieurs familles. Le médecin choisit le médicament le plus adapté en fonction du type de crises (généralisées ou focales), de l'âge, et des éventuels effets secondaires. Le traitement est débuté à faible dose et augmenté progressivement. Si un médicament n'est pas efficace ou mal toléré, on peut en essayer un autre. Dans certains cas, une combinaison de deux médicaments est nécessaire. Des dispositifs comme la stimulation du nerf vague ou la stimulation cérébrale profonde peuvent être proposés si les médicaments ne suffisent pas.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
Une intervention chirurgicale peut être envisagée lorsque les médicaments ne contrôlent pas les crises et que l'on a identifié précisément la zone du cerveau d'où partent les crises (zone épileptogène). La chirurgie consiste à retirer cette zone. Elle est proposée après une évaluation approfondie par une équipe spécialisée. Le taux de succès est bon chez certains patients.
Vivre avec cette affection
Vivre avec l'épilepsie nécessite d'adapter certains aspects de la vie quotidienne. Il faut prendre son traitement régulièrement, éviter les situations à risque (conduite automobile interdite jusqu'à avis médical, baignade accompagnée, etc.). La loi française impose une période sans crise pour pouvoir conduire (en général 6 mois à 1 an selon le type de permis). Un suivi régulier avec le neurologue est essentiel. Il est possible de travailler, d'étudier, de fonder une famille. De nombreuses personnes épileptiques mènent une vie active et épanouie.
Conseils de mode de vie
- Maintenir un rythme de sommeil régulier et suffisant.
- Éviter la consommation excessive d'alcool et les substances toxiques.
- Gérer le stress par des techniques de relaxation (méditation, yoga, sophrologie).
- Informer votre entourage (famille, amis, collègues) sur la conduite à tenir en cas de crise.
- Pratiquer des activités physiques sécurisées (natation avec surveillance, vélo avec casque, etc.).
Alimentation et exercice
L'alimentation n'a pas de rôle direct sur l'épilepsie, sauf dans le cas d'un régime cétogène, qui peut être prescrit chez les enfants et parfois chez les adultes pour réduire les crises. Ce régime très strict doit être suivi sous contrôle médical. L'exercice physique est bénéfique pour la santé générale et peut réduire le stress. Il faut éviter les sports dangereux (plongée, escalade en solo) et prendre des précautions (par exemple, prévenir un accompagnateur).
Santé mentale et bien-être émotionnel
Vivre avec l'épilepsie peut avoir un impact sur la santé mentale : anxiété, dépression, sentiment d'isolement. Il est important d'en parler à votre médecin traitant ou à votre neurologue. N'hésitez pas à consulter un psychologue ou un psychiatre. En cas de pensées suicidaires, appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit et disponible 24h/24). Vous n'êtes pas seul(e).
Prévention
Dans la plupart des cas, l'épilepsie ne peut pas être prévenue, car elle est due à des causes génétiques ou à des lésions involontaires. On peut réduire le risque de certaines formes en évitant les traumatismes crâniens (port du casque à vélo, ceinture de sécurité), en traitant rapidement les infections du cerveau, et en gérant les facteurs de risque d'AVC (tension artérielle, diabète, cholestérol). Cependant, la prévention des crises elle-même passe par le traitement et les bonnes habitudes de vie.
Complications
En l'absence de traitement
- Répétition des crises pouvant conduire à un status epilepticus (urgence vitale).
- Blessures physiques liées aux chutes ou aux mouvements incontrôlés.
- Troubles de la mémoire et de l'apprentissage.
- Isolement social et impact psychologique important.
- Risque rare mais grave de mort subite inattendue en épilepsie (SUDEP).
Pronostic à long terme
Avec un traitement adapté et un suivi régulier, environ 70 % des personnes épileptiques voient leurs crises disparaître ou diminuer fortement. La qualité de vie est bonne. La recherche progresse et de nouvelles options thérapeutiques apparaissent. Beaucoup de personnes épileptiques travaillent, conduisent (selon la réglementation), voyagent et ont une vie sociale riche. Il est important de ne pas baisser les bras et de rester en contact avec son médecin.
Trouver du soutien
Organisations internationales
Organisations locales
- Epilepsie France ↗ · France
Lignes d'assistance
Les liens externes ouvrent des sites tiers. Ruqelo n'est pas responsable du contenu externe. La mention d'une organisation ne signifie pas qu'elle est approuvée.
Vérifiez toujours avec votre médecin
Les recommandations de santé varient selon les pays et les régions. Les informations de cet article sont fondées sur des recommandations cliniques internationales, mais peuvent ne pas refléter les recommandations, médicaments ou pratiques spécifiques de votre pays. Discutez toujours de vos préoccupations de santé avec votre médecin ou professionnel de santé, et consultez les recommandations nationales locales lorsqu'elles sont disponibles.
Avis important Ces informations sont fournies à titre éducatif uniquement. Elles ne remplacent pas les conseils médicaux, le diagnostic ou le traitement d'un professionnel. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié au sujet de votre situation spécifique. En cas d'urgence médicale, appelez immédiatement les services d'urgence locaux.