Le cancer de la trompe de Fallope
Aperçu
Les trompes de Fallope sont les deux fins tuyaux qui relient les ovaires à l'utérus : les ovules y passent pour rejoindre l'utérus. Le cancer de la trompe de Fallope est une maladie rare dans laquelle des cellules anormales se mettent à se multiplier de façon incontrôlée dans l'une de ces trompes. Ces cellules peuvent former une masse et, si on ne la traite pas, s'étendre aux organes voisins. On sait aujourd'hui que ce cancer est très proche du cancer de l'ovaire, et il est souvent soigné de la même manière.
Faits essentiels
- C'est un cancer rare : il représente une très petite partie des cancers gynécologiques.
- Il est souvent découvert tard, car les symptômes restent longtemps discrets ou ressemblent à des troubles banals du ventre.
- Il est fréquemment lié à une prédisposition génétique familiale (gènes BRCA1 ou BRCA2), ce qui peut être recherché par un test.
- Les traitements actuels reposent surtout sur la chirurgie et la chimiothérapie, parfois complétées par des traitements ciblés.
Non, ce n'est pas un cancer fréquent. Il est beaucoup plus rare que le cancer du sein, du col de l'utérus ou même de l'ovaire. La plupart des femmes n'auront jamais ce cancer.
Il touche surtout les femmes après la ménopause, souvent entre 50 et 65 ans, mais il peut survenir plus tôt. Les femmes porteuses d'une mutation héréditaire des gènes BRCA1 ou BRCA2, ou ayant plusieurs cas de cancers du sein, de l'ovaire ou de la trompe dans leur famille, ont un risque plus élevé. Les femmes sans aucun antécédent familial peuvent aussi être concernées.
Symptômes
- Douleur abdominale très intense et soudaine, avec ventre dur comme une planche.
- Ventre très gonflé, douloureux, avec fièvre élevée et malaise général.
- Vomissements répétés, impossibilité de manger ou de boire, arrêt des selles et des gaz (signes possibles d'occlusion intestinale).
- Essoufflement important, douleur dans la poitrine ou malaise avec perte de connaissance.
- Saignement vaginal très abondant accompagné de vertiges, de pâleur ou d'évanouissement.
- ⚠Saignement vaginal survenant après la ménopause, même léger.
- ⚠Pertes vaginales anormales qui persistent plus de deux à trois semaines.
- ⚠Douleur pelvienne nouvelle ou qui s'aggrave.
- ⚠Gonflement du ventre qui augmente progressivement.
- ⚠Fièvre chez une personne en cours de traitement contre un cancer.
Symptômes courants
- Saignements vaginaux anormaux, en particulier après la ménopause.
- Pertes vaginales aqueuses, parfois teintées de rose ou de brun, persistantes.
- Douleur ou gêne dans le bas-ventre (pelvis), parfois sourde et continue.
- Ventre gonflé, ballonné, ou sensation de lourdeur abdominale.
- Besoin d'uriner plus souvent ou plus pressant que d'habitude.
- Constipation ou troubles du transit qui s'installent.
- Fatigue inhabituelle, perte d'appétit ou perte de poids sans raison évidente.
Symptômes chez l'enfant
- Ce cancer est exceptionnel chez l'enfant et l'adolescente : il est très rarement diagnostiqué avant l'âge adulte.
- Chez une jeune fille, tout symptôme inhabituel (douleur abdominale qui persiste, ventre qui gonfle, saignement anormal) doit simplement conduire à consulter un médecin, sans inquiétude particulière.
- Si un doute existait, l'avis d'un service spécialisé en pédiatrie serait demandé.
Symptômes chez les personnes âgées
- Chez la femme âgée, les symptômes sont parfois mis sur le compte de l'âge ou de troubles digestifs connus, ce qui peut retarder la consultation.
- Tout saignement vaginal après la ménopause doit être signalé à un médecin, même s'il est peu abondant et sans douleur.
- Une fatigue qui s'aggrave, une perte d'appétit ou un amaigrissement inexpliqué méritent un avis médical.
- Chez les personnes très âgées ou fragiles, l'équipe médicale adapte les examens et les traitements à l'état général.
Causes
Causes principales
- Il n'existe pas une cause unique : le cancer apparaît quand plusieurs modifications s'accumulent dans les gènes d'une cellule de la trompe, ce qui la fait se multiplier de façon anarchique.
- Dans une large part des cas, une prédisposition héréditaire est en cause, notamment une mutation des gènes BRCA1 ou BRCA2 transmise dans la famille.
- Certaines lésions très précoces, appelées carcinome séreux tubaire in situ, peuvent précéder le cancer : elles sont parfois découvertes lors d'une ablation préventive des trompes.
- La recherche montre que plusieurs cancers attribués à l'ovaire prennent en réalité naissance dans l'extrémité de la trompe de Fallope.
Facteurs de risque
- Âge : le risque augmente après la ménopause.
- Antécédents familiaux de cancer de l'ovaire, de la trompe de Fallope ou du sein, surtout chez plusieurs proches.
- Être porteur d'une mutation héréditaire des gènes BRCA1 ou BRCA2.
- Avoir déjà eu un cancer du sein.
- Facteurs liés à la vie hormonale (par exemple ne jamais avoir eu d'enfant), dont le rôle reste discuté.
- Tabagisme et surpoids, qui jouent un rôle dans plusieurs cancers, sont généralement déconseillés même si leur lien direct ici est moins établi.
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Tout saignement vaginal après la ménopause doit être vu rapidement par un médecin, sans attendre.
- Une douleur pelvienne forte et inhabituelle, un ventre qui gonfle rapidement ou des vomissements avec arrêt du transit nécessitent un avis le jour même (ou un appel au 15 / 112 en cas de signes graves).
- Des pertes vaginales anormales qui durent ou s'aggravent méritent une consultation rapide.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Des symptômes digestifs ou pelviens légers mais qui persistent plus de deux à trois semaines.
- Une fatigue inhabituelle, une perte d'appétit ou un amaigrissement inexpliqué.
- Des antécédents familiaux de cancer du sein, de l'ovaire ou de la trompe : en parler à son médecin permet d'évaluer l'intérêt d'un avis en génétique.
- Toute inquiétude : mieux vaut poser la question que la garder pour soi.
Diagnostic
Le diagnostic commence par un entretien et un examen clinique, où le médecin interroge sur les symptômes et les antécédents familiaux, puis examine le ventre et le bassin. Ensuite, des examens d'imagerie et des prises de sang orientent la recherche. La confirmation se fait en observant les cellules au microscope, grâce à un prélèvement ou à une intervention chirurgicale. En France, ce parcours s'appuie sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) et sur des équipes spécialisées en cancérologie gynécologique.
Tests qui peuvent être effectués
- Échographie du bassin, souvent par voie vaginale : un examen indolore qui montre l'utérus, les ovaires et les trompes.
- Scanner (tomodensitométrie) ou IRM du bassin et de l'abdomen pour préciser la taille de la lésion et vérifier qu'elle ne s'est pas étendue.
- Prise de sang avec dosage du CA-125 : un marqueur qui peut être élevé en cas de cancer, mais aussi dans beaucoup d'autres situations ; il ne suffit jamais à lui seul à faire le diagnostic.
- Analyse au microscope (examen anatomopathologique) d'un fragment de tissu, prélevé lors d'une biopsie ou d'une chirurgie : c'est l'examen qui confirme le diagnostic.
- Consultation d'oncogénétique et test des gènes BRCA, proposés selon les antécédents personnels et familiaux.
- Bilan général (autres prises de sang, parfois radiographie du thorax) pour évaluer l'état de santé d'ensemble avant de choisir le traitement.
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
Le parcours demande généralement plusieurs rendez-vous et plusieurs semaines : examens d'imagerie, prélèvements, puis discussion du dossier par une équipe pluridisciplinaire (plusieurs spécialistes réunis). Cette étape peut sembler longue et stressante ; il est normal de se sentir impatient ou inquiet. Il est utile de se faire accompagner, de noter ses questions et de demander que les choses soient réexpliquées si besoin.
Traitement
La prise en charge se fait dans un centre spécialisé, par une équipe qui réunit chirurgiens, oncologues et soignants de support. Le traitement est très proche de celui du cancer de l'ovaire. Le plan est adapté à chaque personne : âge, état général, stade de la maladie, résultats des analyses et, si besoin, présence d'une mutation génétique.
Soins personnels à domicile
- Se reposer quand le corps le demande, sans culpabiliser, et garder un rythme doux les jours difficiles.
- Noter ses symptômes et les effets secondaires dans un carnet, pour en parler facilement lors des consultations.
- Préparer ses rendez-vous avec une liste de questions, et se faire accompagner si possible.
- Manger régulièrement et de façon variée, en adaptant les quantités à l'appétit.
- Bouger un peu chaque jour, même quelques minutes de marche, si le médecin ne l'a pas déconseillé.
- Accepter l'aide proposée par les proches, et demander de l'aide pour les tâches du quotidien pendant les périodes fatigantes.
Traitements médicaux
Les traitements reposent le plus souvent sur une chirurgie pour retirer la tumeur, suivie ou précédée d'une chimiothérapie, c'est-à-dire des médicaments qui agissent sur les cellules cancéreuses. Selon les situations, l'équipe peut aussi proposer des traitements ciblés (des médicaments qui visent une particularité précise des cellules cancéreuses, notamment chez les personnes porteuses d'une mutation des gènes BRCA) ou une immunothérapie (qui aide le système immunitaire à agir). La radiothérapie est rarement utilisée dans ce cancer. Des soins de support sont proposés en parallèle : gestion de la douleur, aide nutritionnelle, kinésithérapie, soutien psychologique. Les médicaments précis, leurs noms et leurs doses ne se choisissent qu'avec l'oncologue, jamais seul.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
La chirurgie est proposée quand la maladie est encore localisée ou quand elle peut être retirée, et quand l'état général le permet. Elle sert à la fois à confirmer le diagnostic, à préciser l'étendue de la maladie et à retirer les zones atteintes ; elle consiste souvent à enlever l'utérus, les trompes, les ovaires et parfois certains ganglions ou le tablier graisseux du ventre. Si la maladie est très étendue, une chimiothérapie peut être proposée d'abord pour réduire la taille de la tumeur avant l'intervention.
Vivre avec cette affection
Vivre avec ce cancer, c'est une succession de périodes : les examens, les traitements, les rendez-vous de suivi, puis le retour progressif à une vie plus ordinaire. Il est normal que le quotidien change, avec des hauts et des bas. Beaucoup de personnes trouvent utile de garder des repères simples : un agenda des rendez-vous, une personne de confiance à qui parler, et des activités qui font du bien, même petites.
Conseils de mode de vie
- Garder un lien social : les appels, les visites courtes et les messages comptent beaucoup les jours de fatigue.
- Organiser le quotidien avec ce que l'on peut déléguer : courses, ménage, accompagnements.
- Parler de ce que l'on ressent, sans se forcer à rassurer tout le monde.
- Demander à l'équipe soignante des informations claires sur les effets secondaires possibles et sur ce qu'il faut signaler.
- Éviter l'isolement : les associations de patients et les groupes de parole peuvent beaucoup aider.
Alimentation et exercice
Il n'existe pas d'aliment miracle ni d'aliment interdit. L'idée est de manger de façon régulière et variée, en fractionnant les repas si l'appétit est faible, et de boire suffisamment. En cas de perte de poids ou de troubles digestifs, un professionnel de la nutrition peut aider. Pour l'activité physique, une marche douce, des étirements ou du vélo d'appartement peuvent entretenir la forme et le moral ; mieux vaut en parler à son médecin ou à un kinésithérapeute pour adapter les efforts, surtout pendant ou après la chirurgie et la chimiothérapie.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Recevoir un diagnostic de cancer provoque souvent de la peur, de la colère, de la tristesse, ou au contraire un sentiment d'irréalité. Ce sont des réactions normales. L'anxiété et la baisse de moral sont fréquentes pendant les traitements et après ; elles se soignent et ne doivent pas être gardées pour soi. Un psychologue, un psychiatre ou un infirmier spécialisé peut accompagner, et c'est un soin à part entière. Si des idées noires ou un désespoir apparaissent, il faut en parler sans attendre à un soignant ou à un proche, et contacter sans délai un service d'urgence (en France, le 15 ou le 112) ou le service de soins de sa région : personne ne doit rester seul avec cela.
Prévention
Il n'existe pas de moyen garanti d'empêcher ce cancer. Pour les femmes porteuses d'une mutation des gènes BRCA1 ou BRCA2, une consultation d'oncogénétique permet d'évaluer le risque et de discuter, avec les spécialistes, des options possibles, y compris une chirurgie de réduction du risque (ablation des trompes, parfois des ovaires), décidée au cas par cas. En population générale, adopter une vie sans tabac et surveiller son poids participe à une meilleure santé globale. Surtout : toute personne ayant des antécédents familiaux importants doit pouvoir en parler à son médecin, qui pourra orienter vers un avis spécialisé.
Vaccins
Il n'existe pas de vaccin contre le cancer de la trompe de Fallope. Le vaccin contre le papillomavirus (HPV) protège contre le cancer du col de l'utérus, pas contre ce cancer.
Programmes de dépistage
Il n'existe pas, en France, de dépistage organisé du cancer de la trompe de Fallope ni du cancer de l'ovaire pour l'ensemble de la population : les tests disponibles (dosage du CA-125, échographie) ne sont pas jugés assez fiables pour cela. Pour les femmes à risque élevé, en particulier les porteuses d'une mutation BRCA, un suivi rapproché est proposé par une équipe spécialisée, conformément aux recommandations de la Haute Autorité de Santé ; ce suivi est discuté au cas par cas.
Complications
En l'absence de traitement
- Extension de la maladie aux organes voisins du bassin et de l'abdomen.
- Accumulation de liquide dans le ventre (ascite), qui gonfle l'abdomen et met mal à l'aise.
- Épanchement de liquide autour des poumons, pouvant provoquer un essoufflement.
- Compression de l'intestin ou des voies urinaires, avec douleurs, troubles du transit ou difficultés à uriner.
- Douleurs persistantes, fatigue importante et perte de poids.
- Propagation à distance (métastases), notamment dans le poumon ou le foie, dans les formes avancées.
Pronostic à long terme
Il est difficile de donner un pronostic général, car il dépend beaucoup du stade au moment du diagnostic et de la réponse aux traitements. Ce cancer est souvent découvert à un stade avancé, ce qui complique la prise en charge ; mais les traitements progressent, la chirurgie et la chimiothérapie sont efficaces, et les traitements ciblés ont amélioré la situation de nombreuses patients. Beaucoup de personnes vivent plusieurs années après le diagnostic, parfois avec une maladie qui reste stable. Chaque situation est particulière : les questions sur le pronostic se posent avec l'oncologue, qui connaît le dossier.
Trouver du soutien
Les liens externes ouvrent des sites tiers. Ruqelo n'est pas responsable du contenu externe. La mention d'une organisation ne signifie pas qu'elle est approuvée.
Vérifiez toujours avec votre médecin
Les recommandations de santé diffèrent selon le pays et la région. Cette page est une information générale et peut ne pas correspondre aux recommandations, médicaments ou pratiques de l'endroit où vous vivez. Discutez de vos préoccupations avec votre médecin ou un professionnel de santé, et suivez les recommandations locales lorsqu'elles existent.
Avis important Ces informations sont fournies à titre éducatif uniquement. Elles ne remplacent pas les conseils médicaux, le diagnostic ou le traitement d'un professionnel. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié au sujet de votre situation spécifique. En cas d'urgence médicale, appelez immédiatement les services d'urgence locaux.
Affections liées
Sources et recommandations
Aucune recommandation ne nomme ce sujet
Aucune recommandation de santé ni chapitre clinique qui nomme exactement ce sujet n'est cité ici. Cette page est destinée uniquement à l'éducation et à l'information générales. Elle n'est pas un diagnostic, un plan de traitement ni un avis médical personnel. Vérifiez auprès de votre médecin et suivez ses conseils. Si les symptômes sont graves, soudains ou inquiétants, consultez rapidement et appelez le numéro d'urgence local en cas d'urgence. Ruqelo LLC n'est pas responsable des conséquences médicales ou juridiques des décisions fondées sur ces informations.
Dernière mise à jour: 23 octobre 2026
Note éducative: Ces informations sont uniquement à titre éducatif et ne constituent pas un diagnostic.
Utilisez-les pour compléter, et non remplacer, l'avis d'un professionnel de santé.
Si les symptômes sont graves, s'aggravent ou sont urgents, appelez le numéro d'urgence local ou consultez en urgence.
Guidance may differ by country or region. Confirm local recommendations with a qualified healthcare provider.