Mutilations génitales féminines (MGF) : comprendre et trouver de l'aide
Aperçu
Les mutilations génitales féminines — que l'on appelle aussi MGF, ou parfois « excision » — désignent toutes les pratiques qui consistent à couper, retirer ou blesser les organes génitaux externes d'une fille ou d'une femme, sans aucune raison médicale. Ces gestes ne soignent rien et n'apportent aucun bénéfice pour la santé. Ils sont reconnus partout dans le monde comme une atteinte grave aux droits humains et à la santé des femmes. En France, ils sont interdits par la loi. Si vous avez vécu cela, ou si vous craignez pour une fille de votre entourage, vous n'êtes pas seule : des soignants formés et des associations peuvent vous accompagner.
Faits essentiels
- Aucune religion ni aucun texte médical ne demande de pratiquer une MGF : c'est une tradition et une pression sociale, jamais une obligation religieuse ou de santé.
- En France, la MGF est un crime, même lorsqu'elle a été pratiquée dans un autre pays.
- Les conséquences physiques et psychologiques peuvent durer, mais des soins, un soutien et des chemins de reconstruction existent.
On estime qu'environ 200 millions de femmes et de filles vivantes aujourd'hui en ont été victimes, surtout dans une trentaine de pays d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Asie. Ces pratiques existent aussi en Europe, dans des familles issues de ces régions. En France, elles sont interdites et deviennent plus rares, mais elles existent encore.
Le plus souvent des filles entre la naissance et 15 ans, mais aussi des femmes adultes. Cela touche des familles de cultures, de religions et de milieux sociaux très différents. Aucune fille n'est « destinée » à vivre cela : ce sont des pressions familiales et sociales qui l'entraînent, et ces pressions peuvent être dépassées.
Symptômes
- Saignement très abondant qui ne s'arrête pas (appelez le 15 ou le 112)
- Impossibilité totale d'uriner, avec douleur intense et ventre gonflé (appelez le 15 ou le 112)
- Fièvre élevée avec douleur pelvienne forte, écoulement purulent ou malaise général
- Pâleur importante, vertiges, perte de connaissance
- Pensées suicidaires ou envie de se faire du mal : appelez le 15 ou le 112, ou le 3114 (numéro national de prévention du suicide)
- ⚠Douleur très forte au niveau des organes génitaux
- ⚠Brûlures importantes en urinant, ou envie constante d'uriner
- ⚠Signes d'infection : fièvre, rougeur, gonflement, mauvaise odeur
- ⚠Plaie qui ne cicatrise pas ou qui suinte
- ⚠Crise d'angoisse majeure, détresse psychologique, sentiment d'être en danger
Symptômes courants
- Douleurs au niveau des organes génitaux, parfois permanentes
- Difficultés ou brûlures pour uriner, envies d'uriner fréquentes
- Règles douloureuses ou écoulements de sang difficiles
- Rapports sexuels douloureux ou sensation réduite
- Cicatrices, tissu durci, démangeaisons ou infections à répétition
- Angoisse, cauchemars, honte, difficultés à se sentir en sécurité
- Tristesse profonde, perte de confiance, souvenirs envahissants
Symptômes chez l'enfant
- Pleurs ou cris inhabituels, peur quand on la change ou la lave
- Refus d'aller aux toilettes, douleurs en urinant
- Difficulté à marcher, à s'asseoir ou à courir comme avant
- Saignement, rougeur ou cicatrice dans la zone génitale
- Comportement plus renfermé, peur du contact, troubles du sommeil
- Refus de voir un médecin, de se déshabiller ou de parler de son corps
- Parfois, aucun signe visible : le silence fait aussi partie du tableau
Symptômes chez les personnes âgées
- Douleurs pelviennes ou urinaires installées depuis longtemps
- Fuites d'urine ou difficultés à vider complètement la vessie
- Rapports sexuels douloureux, gêne dans la vie intime
- Cicatrices épaisses, infections gynécologiques répétées
- Souvenirs douloureux réactivés à la ménopause ou après un examen médical
- Difficultés à parler de ce qui s'est passé, parfois après des décennies de silence
Causes
Causes principales
- Une tradition transmise de génération en génération, parfois vécue comme une « obligation » familiale
- Des croyances fausses sur la propreté, la pureté, la fécondité ou la fidélité
- La volonté de contrôler la sexualité des filles et des femmes
- Une inégalité entre les hommes et les femmes encore très forte dans certains contextes
- La peur du rejet social : ne pas le faire peut sembler « trahir » la famille ou la communauté
- L'idée erronée que ce serait une prescription religieuse, alors qu'aucune religion ne l'exige
Facteurs de risque
- Être née dans une famille ou une communauté où la pratique est courante
- Vivre dans un pays où elle est fréquente, ou en être originaire
- Des pressions fortes de la famille élargie, notamment des grand-mères ou des tantes
- Un accès limité à l'école, à l'information et aux soins
- La précarité et l'isolement social
- Avoir une mère, une sœur ou une cousine qui a subi une MGF
- Un mariage ou une grossesse précoces
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Saignement important ou qui ne s'arrête pas
- Impossibilité d'uriner ou douleur insupportable
- Fièvre avec douleur pelvienne ou écoulement suspect
- Pensées suicidaires ou sentiment de ne plus pouvoir tenir : appelez le 15, le 112 ou le 3114
- Si une fille de votre entourage est en danger immédiat : appelez le 15 ou le 112, ou le 119 (Enfance en danger)
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Vous avez des douleurs, des gênes urinaires ou des infections à répétition
- Les rapports sexuels sont douloureux ou difficiles
- Vous avez des souvenirs douloureux, de l'angoisse ou une tristesse qui dure
- Vous attendez un bébé ou vous préparez une grossesse
- Vous souhaitez simplement parler de ce qui s'est passé, sans tout dire d'un coup
- Vous vous inquiétez pour une fille de votre famille et vous voulez être conseillée
Diagnostic
Le plus souvent, le diagnostic repose sur une conversation et, seulement si vous êtes d'accord, sur un examen doux et respectueux des organes génitaux, réalisé par un soignant formé. Aucun examen n'est imposé. Beaucoup de femmes en parlent d'abord à leur médecin généraliste, à une sage-femme ou à une association, parfois des années après les faits.
Tests qui peuvent être effectués
- Un entretien confidentiel, à votre rythme, sans obligation de tout raconter
- Un examen clinique uniquement avec votre accord, et toujours réversible
- Parfois une analyse d'urine pour chercher une infection
- Parfois un prélèvement en cas d'écoulement ou d'infection qui revient
- Une échographie seulement s'il y a une douleur ou un souci particulier à explorer
- Un temps d'écoute psychologique, si vous le souhaitez
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
Rien ne se fait sans votre accord. Vous pouvez refuser l'examen, demander une pause, poser des questions, venir avec quelqu'un. En France, les soignants ont l'obligation de signaler aux autorités judiciaires les situations où une mineure est en danger : cela sert à protéger les filles, pas à vous mettre en cause. Si vous êtes majeure, ce que vous racontez reste confidentiel dans le cadre du secret médical.
Traitement
Il n'existe pas de traitement qui « efface » ce qui a été vécu, mais il existe des soins efficaces pour soulager les douleurs, traiter les infections, améliorer la vie intime et apaiser la souffrance psychique. La prise en charge est globale : elle associe le corps, le cœur et le lien social. Chaque femme choisit ce dont elle a besoin, dans l'ordre et au moment qui lui conviennent.
Soins personnels à domicile
- Choisir une personne de confiance à qui parler, même d'une petite partie
- Prendre soin de son corps sans pression : hygiène douce, vêtements confortables, chaleur locale en cas de douleur
- Boire suffisamment dans la journée et ne pas se retenir d'uriner
- Noter ses symptômes et ses questions avant une consultation, pour ne rien oublier
- S'autoriser à dire « stop » pendant un examen ou un rapport sexuel
- S'entourer : associations, groupes de parole, proches bienveillants
- Se rappeler qu'aucune douleur n'est « normale » et que demander de l'aide est un droit
Traitements médicaux
La prise en charge est adaptée à ce que vous ressentez. Elle peut comprendre : le traitement des infections et des problèmes urinaires par l'équipe soignante ; une aide pour la douleur ; un suivi gynécologique régulier ; de la rééducation du périnée (la zone des muscles qui soutient la vessie et l'utérus) ; un accompagnement en santé sexuelle et en sexologie ; et une psychothérapie (par exemple une thérapie cognitivo-comportementale, ou une thérapie centrée sur les traumatismes), parfois avec des techniques comme l'EMDR. Des consultations spécialisées existent dans plusieurs villes de France, souvent en lien avec des associations. Aucun médicament n'est prescrit « pour la MGF » en général : les soins visent les symptômes et le bien-être.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
Une intervention peut être proposée dans deux situations. D'abord en cas de complication : une fermeture trop importante de l'orifice (on parle d'infibulation) peut gêner les urines, les règles ou l'accouchement, et une petite chirurgie de réouverture peut alors beaucoup soulager. Ensuite, certaines femmes souhaitent une chirurgie reconstructrice (parfois appelée reconstruction clitoridienne) : elle est proposée dans des centres spécialisés, toujours avec un accompagnement psychologique avant et après, et sans promesse de résultat identique pour toutes. C'est vous qui décidez, sans pression, et vous pouvez en parler librement avec un soignant pour peser le pour et le contre.
Vivre avec cette affection
Le quotidien peut être marqué par des douleurs, des gênes urinaires, une timidité dans la vie intime ou des souvenirs qui reviennent. Beaucoup de femmes apprennent à composer avec, trouvent des gestes qui apaisent et des personnes qui les écoutent. Les bons jours et les moins bons s'alternent : ce n'est pas un signe d'échec, et vous n'avez pas à faire ce chemin seule.
Conseils de mode de vie
- Garder un suivi gynécologique régulier, avec un soignant qui vous met à l'aise
- Prévoir des temps de repos et des activités qui font du bien au corps et à la tête
- Choisir un moyen de contraception adapté avec un professionnel, et se protéger des infections sexuellement transmissibles
- Limiter l'alcool et le tabac, qui peuvent aggraver l'angoisse et le sommeil
- Parler à une personne de confiance, même quelques mots
- Écrire si parler est difficile : un journal peut aider à mettre des mots
- Participer à un groupe de parole, en présentiel ou en ligne, si vous le souhaitez
Alimentation et exercice
Il n'existe pas d'alimentation spéciale contre les MGF. Une alimentation variée et régulière, et le fait de boire suffisamment, aident surtout à limiter les infections urinaires et la constipation, qui peuvent majorer les douleurs. Bouger à votre rythme — marche, natation, yoga doux, vélo — entretient le corps et le moral. Des exercices doux du périnée, expliqués par une sage-femme ou un kinésithérapeute formé, peuvent aider en cas de fuites ou de lourdeurs. Si un mouvement fait mal, arrêtez et parlez-en.
Santé mentale et bien-être émotionnel
La souffrance psychique est très fréquente et parfaitement légitime : angoisse, cauchemars, honte, colère, tristesse, difficulté à faire confiance, parfois symptômes proches de ceux d'un stress post-traumatique (des souvenirs qui reviennent comme si l'on y était). Ce n'est pas de la faiblesse, et cela se soigne. Si vous pensez à mourir ou à vous faire du mal, appelez tout de suite le 3114 (numéro national de prévention du suicide), le 15 ou le 112, ou parlez-en à un soignant sans attendre. Vous méritez d'être aidée, et cette aide existe.
Prévention
Oui, ces pratiques peuvent être évitées, et elles le sont de plus en plus. En France, la loi les interdit et les punit, même si elles ont lieu à l'étranger. La prévention passe par l'éducation, la parole dans les familles et les communautés, le respect des droits des filles, et la formation des professionnels. Concrètement : parler à ses enfants du droit de dire non sur leur corps, repérer les signes d'alerte chez une fille, oser en parler à un soignant ou à une association, et ne jamais banaliser un départ de vacances qui ressemble à une mise en danger. Si vous avez peur pour une fille, vous pouvez appeler le 119 (Enfance en danger) ou le 15.
Vaccins
Aucun vaccin ne concerne spécifiquement les MGF. En revanche, le suivi vaccinal habituel (notamment contre l'hépatite B et le papillomavirus humain) reste important pour votre santé générale : parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.
Programmes de dépistage
Il n'existe pas d'examen de « dépistage » systématique. En revanche, les soignants sont de plus en plus formés à poser la question avec tact, notamment pendant la grossesse, lors des consultations avec les enfants ou devant certains symptômes. Si vous le souhaitez, vous pouvez aborder le sujet vous-même : vous serez écoutée sans jugement.
Complications
En l'absence de traitement
- Douleurs chroniques et cicatrices douloureuses
- Infections urinaires et gynécologiques à répétition
- Difficultés à uriner, fuites, vessie qui se vide mal
- Règles douloureuses ou écoulement du sang difficile
- Rapports sexuels douloureux et troubles du désir
- Risques plus élevés pendant la grossesse et l'accouchement (déchirures, travail plus long, césarienne parfois nécessaire)
- Difficultés pour concevoir, liées aux infections non soignées
- Angoisse, dépression, stress post-traumatique, isolement
- Retentissement sur la confiance en soi, le couple et la vie sociale
Pronostic à long terme
Beaucoup de femmes concernées mènent la vie qu'elles souhaitent, avec des projets, des liens et des plaisirs. Les douleurs et les difficultés peuvent s'améliorer nettement avec un suivi adapté, et la souffrance psychique se traite. Des soignants formés et des associations existent en France pour vous accompagner, quel que soit votre âge et quel que soit le temps écoulé. Vous n'êtes pas seule, et il n'est jamais trop tard pour aller mieux.
Trouver du soutien
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Affections liées
Sources et recommandations
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Dernière mise à jour: 23 octobre 2026
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