Aide en cas d'hémorroïdes
Aperçu
Les hémorroïdes ne sont pas une maladie en soi : ce sont de petits coussinets de tissu, riches en vaisseaux sanguins, placés normalement à l'intérieur de l'anus et au tout début du rectum. Ils aident à bien fermer l'anus. On parle de « crise hémorroïdaire » quand ces coussinets gonflent, deviennent douloureux ou saignent. Cela peut arriver aux hémorroïdes internes (situées à l'intérieur, souvent indolores) comme aux hémorroïdes externes (situées sous la peau, à l'extérieur, souvent plus sensibles).
Faits essentiels
- Les hémorroïdes sont des structures normales du corps : tout le monde en a. Le problème survient quand elles gonflent et deviennent gênantes.
- La plupart des crises s'apaisent en quelques jours à quelques semaines, avec des mesures simples et parfois un traitement prescrit.
- Le saignement rouge clair, en fin de selle, est le signe le plus fréquent — mais tout saignement doit être signalé à un professionnel de santé, car d'autres causes existent.
Oui, c'est très courant. On estime qu'une grande partie des adultes aura au moins une fois dans sa vie une crise hémorroïdaire, souvent sans en parler à son médecin.
Tout le monde peut être concerné, à tout âge, mais c'est plus fréquent entre 30 et 65 ans. Les femmes enceintes et les personnes qui viennent d'accoucher sont particulièrement touchées. Les personnes constipées, celles qui passent beaucoup de temps assises et les personnes en surpoids sont aussi plus à risque.
Symptômes
- Saignement abondant qui ne s'arrête pas, avec sensation de malaise, vertiges, pâleur ou perte de connaissance — appelez le 15 (SAMU) ou le 112
- Douleur très intense et brutale de l'anus ou du ventre, avec ventre dur et fièvre élevée
- Malaise général important, sueurs froides, essoufflement, en lien avec une perte de sang
- ⚠Douleur anale intense et continue, avec fièvre, rougeur et gonflement : cela peut être un abcès (une poche de pus) qui doit être vu rapidement
- ⚠Hémorroïde sortie, très douloureuse, violette et impossible à remettre à l'intérieur
- ⚠Saignement qui se répète sur plusieurs jours, même peu abondant
- ⚠Saignement avec caillots ou selles noires et goudronneuses
Symptômes courants
- Saignement rouge clair, souvent remarqué sur le papier hygiénique ou dans les toilettes après être allé à la selle
- Démangeaisons ou gêne autour de l'anus
- Sensation de lourdeur ou de « quelque chose qui pousse » à l'anus
- Douleur ou brûlure, surtout quand une hémorroïde externe gonfle ou forme un petit caillot (on parle alors de thrombose hémorroïdaire)
- Petite boule sensible au bord de l'anus
- Suintements et irritation de la peau autour de l'anus
- Sensation de ne pas avoir complètement fini après être allé à la selle
Symptômes chez l'enfant
- Les hémorroïdes sont rares chez l'enfant. Un saignement dans les selles ou une douleur anale chez un enfant doit toujours être montré à un médecin.
- Chez l'enfant, la cause la plus fréquente de gêne anale est la constipation, parfois une petite fissure (une déchirure fine de la peau de l'anus).
- Un enfant qui se retient d'aller aux toilettes, qui a mal ou qui a peur d'y aller mérite un avis médical, sans gronder ni forcer.
Symptômes chez les personnes âgées
- La constipation chronique et la sédentarité, plus fréquentes avec l'âge, favorisent les crises.
- Le prolapsus (l'hémorroïde qui ressort et reste à l'extérieur) est plus fréquent après 60 ans.
- Chez les personnes âgées, tout saignement rectal doit être exploré, car il ne faut jamais l'attribuer trop vite aux seules hémorroïdes, surtout si la personne prend un traitement qui fluidifie le sang.
Causes
Causes principales
- La constipation, avec des efforts pour pousser à la selle
- Des selles dures et peu fréquentes qui irritent la zone anale
- Rester longtemps assis sur les toilettes, en poussant ou en consultant son téléphone
- Une alimentation pauvre en fibres et un manque d'hydratation
- Le manque d'activité physique
- La grossesse et l'accouchement, à cause de la pression dans le ventre et des efforts de poussée
- La diarrhée chronique, qui irrite l'anus à répétition
- Le surpoids et l'obésité, qui augmentent la pression dans l'abdomen
Facteurs de risque
- Avoir déjà eu une crise hémorroïdaire
- Antécédents familiaux d'hémorroïdes
- Métier ou habitudes qui obligent à rester assis ou debout longtemps
- Porter des charges lourdes régulièrement
- Toux chronique
- Certains traitements qui fluidifient le sang peuvent favoriser les saignements — à signaler à son médecin, sans jamais arrêter un traitement soi-même
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Saignement qui ne s'arrête pas, ou qui s'accompagne de vertiges ou d'un malaise
- Douleur très forte avec fièvre, rougeur et gonflement autour de l'anus
- Hémorroïde sortie et étranglée, très douloureuse
- Selles noires ou avec des caillots de sang
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Un saignement rectal, même une seule fois — c'est important à faire vérifier
- Une gêne ou une douleur qui dure plus d'une semaine malgré des mesures simples
- Des crises qui reviennent souvent et perturbent la vie quotidienne
- Une perte de poids inexpliquée, un changement récent du transit, une fatigue inhabituelle, associés à des saignements
- Un doute : mieux vaut consulter pour rien que de laisser traîner
Diagnostic
Le diagnostic se fait le plus souvent en consultation, simplement en parlant avec le médecin et en l'examinant. L'examen de la région anale est rapide et se fait dans un cadre respectueux, avec votre accord. Le médecin peut aussi glisser un doigt ganté et lubrifié dans l'anus (toucher rectal) pour vérifier qu'il n'y a rien d'autre. Il ne fait pas mal si on reste détendu, et vous pouvez demander une pause à tout moment.
Tests qui peuvent être effectués
- L'entretien : symptômes, transit, alimentation, antécédents
- L'examen visuel de la marge de l'anus
- Le toucher rectal, pour repérer une éventuelle gêne interne
- L'anuscopie : un petit tube court et éclairé, introduit dans l'anus, pour voir les hémorroïdes internes
- Une rectoscopie ou une coloscopie dans certains cas, notamment s'il y a des saignements, des antécédents familiaux de cancer du côlon ou après 45-50 ans
- Une prise de sang, si le médecin veut vérifier qu'il n'y a pas d'anémie (manque de fer lié aux saignements)
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
La consultation est généralement courte. Vous pouvez préparer votre venue en notant depuis quand les symptômes ont commencé, à quoi ressemblent les saignements, la fréquence de vos selles et les médicaments que vous prenez. Si une coloscopie est proposée, elle se fait sous petite anesthésie ou sous sédation, et le médecin vous expliquera comment vous y préparer.
Traitement
Dans la grande majorité des cas, la crise hémorroïdaire s'améliore en quelques jours à quelques semaines avec des mesures simples. Le traitement se fait par étapes : d'abord corriger la constipation et apaiser la zone, puis, si besoin, des médicaments prescrits ou conseillés, et enfin, plus rarement, un geste ou une chirurgie quand les crises reviennent ou restent très gênantes. Votre médecin ou votre pharmacien adaptera la prise en charge à votre situation.
Soins personnels à domicile
- Manger plus de fibres : fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes
- Boire suffisamment d'eau au cours de la journée
- Aller à la selle dès que l'envie se présente, sans se retenir
- Ne pas pousser fort, et ne pas rester longtemps assis sur les toilettes
- Se nettoyer avec douceur : eau tiède, papier doux non parfumé, ou toilette à l'eau ; éviter les lingettes parfumées et le savon agressif
- Prendre des bains de siège à l'eau tiède, quelques minutes, pour apaiser la douleur
- Sécher en tapotant, sans frotter
- Bouger un peu chaque jour : marche, vélo, natation — ce qui vous fait plaisir
- Éviter de rester assis très longtemps d'affilée : se lever régulièrement
- Porter des vêtements souples, pas trop serrés
- Pour les femmes enceintes : ces mesures sont sûres, mais demandez toujours conseil avant tout traitement
Traitements médicaux
Il existe plusieurs familles de traitements, choisies par le médecin ou le pharmacien selon vos symptômes. Des crèmes ou pommades apaisantes et protectrices peuvent soulager la douleur et les démangeaisons. Des traitements par voie orale, dits veinotoniques, peuvent être proposés en cure courte pour réduire la lourdeur et la gêne. Enfin, traiter la constipation fait partie du traitement : des laxatifs doux adaptés peuvent être conseillés, ainsi que des conseils alimentaires. Des antalgiques peuvent aider en cas de douleur. Aucun de ces traitements ne doit être pris ou appliqué sans l'avis d'un professionnel de santé, surtout si vous êtes enceinte, si vous allaitez, si vous avez d'autres maladies ou si vous prenez déjà des médicaments.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
Quand les crises reviennent souvent, restent très douloureuses ou gênent la vie quotidienne malgré les mesures simples, un geste peut être proposé. Il existe des techniques peu invasives, réalisées en consultation ou en hôpital de jour, qui consistent à réduire l'hémorroïde (par exemple en la ligaturant ou en la traitant localement). Plus rarement, une chirurgie est envisagée. Votre médecin vous expliquera les bénéfices et les inconvénients de chaque option, et c'est toujours vous qui décidez, sans pression.
Vivre avec cette affection
Une crise hémorroïdaire est gênante, parfois douloureuse, mais elle s'apaise le plus souvent en quelques jours. En attendant, adapter son alimentation, boire de l'eau, se laver en douceur et éviter les longs moments assis font déjà beaucoup. N'hésitez pas à en parler à votre pharmacien : il peut vous conseiller des mesures simples sans ordonnance.
Conseils de mode de vie
- Installer une routine pour aller à la selle : à heure régulière, sans se presser, sans téléphone
- Faire une activité physique douce et régulière
- Limiter les aliments très épicés et l'alcool pendant la crise, si vous remarquez qu'ils vous gênent
- Éviter de porter des charges lourdes pendant la crise
- Ne pas se retenir d'aller aux toilettes, même en dehors de chez soi
Alimentation et exercice
L'alimentation joue un rôle central : plus de fibres (fruits, légumes, pain complet, légumineuses) et assez d'eau permettent des selles plus molles et plus faciles à évacuer. Augmentez les fibres progressivement pour éviter les ballonnements, et buvez davantage en même temps. Côté mouvement, pas besoin de sport intense : une marche de 20 à 30 minutes la plupart des jours, ou quelques minutes de vélo, suffisent à stimuler le transit et à réduire la pression dans le ventre.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Les hémorroïdes peuvent peser sur le moral : la douleur, la gêne, la peur du saignement ou la honte d'en parler peuvent créer du stress et de l'isolement. C'est normal de se sentir ainsi, et ce n'est pas de votre faute. En parler à un médecin, à un pharmacien ou à un proche de confiance aide souvent. Si l'anxiété ou la baisse de moral s'installe et vous pèse au quotidien, parlez-en à un professionnel de santé : un soutien psychologique est possible et efficace. En France, si vous avez des idées noires ou un sentiment de détresse, contactez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24h/24) ou appelez le 15.
Prévention
On ne peut pas toujours éviter les hémorroïdes, mais on peut nettement réduire le risque de crises en prenant soin de son transit. Les gestes de prévention sont les mêmes que ceux du quotidien : fibres, eau, mouvement, et pas d'efforts aux toilettes.
Programmes de dépistage
Il n'existe pas de dépistage spécifique des hémorroïdes. En revanche, le dépistage du cancer du côlon est recommandé en France pour les personnes de 50 à 74 ans, par un test simple à faire chez soi, tous les deux ans. En cas de saignement ou de doute, parlez-en à votre médecin : il pourra décider avec vous d'un examen complémentaire.
Complications
En l'absence de traitement
- Une crise qui s'installe et devient de plus en plus douloureuse
- Une thrombose hémorroïdaire : un petit caillot dans une hémorroïde externe, très douloureux mais le plus souvent sans gravité
- Une hémorroïde qui reste sortie et s'étrangle, ce qui nécessite un avis médical rapide
- Une anémie (manque de fer) si les saignements se répètent, avec fatigue et essoufflement à l'effort
- Une irritation ou une infection de la peau autour de l'anus
- Surtout : attribuer à tort un saignement à des hémorroïdes alors qu'une autre cause existe — c'est pour cela qu'un saignement doit toujours être vérifié
Pronostic à long terme
Le pronostic est très souvent bon. La plupart des crises s'améliorent seules ou avec des mesures simples, et beaucoup de personnes n'en auront que quelques-unes dans leur vie. Si les crises reviennent, il existe des traitements efficaces et bien maîtrisés. Prendre soin de son transit et bouger régulièrement change vraiment la donne. Et si quelque chose vous inquiète, un simple avis médical suffit à vous rassurer.
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Dernière mise à jour: 24 octobre 2026
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