Comment se déroule une prothèse de hanche
Aperçu
La hanche est l'articulation qui relie le bassin au haut du fémur (l'os de la cuisse). Quand cette articulation s'abîme beaucoup — à cause de l'usure, d'une fracture ou d'une maladie — le cartilage qui protège les os s'use peu à peu et les os finissent par frotter l'un contre l'autre, ce qui devient douloureux. Une prothèse de hanche (on dit aussi « remplacement de la hanche ») est une opération qui consiste à retirer la partie abîmée de l'articulation et à la remplacer par une articulation artificielle, faite de métal et d'un plastique très résistant. Le but est simple : faire baisser la douleur et redonner de la mobilité pour les gestes du quotidien.
Faits essentiels
- C'est l'une des opérations de chirurgie osseuse les plus courantes : elle dure en général entre une heure et deux heures.
- Dans la plupart des cas, l'hospitalisation dure quelques jours, puis on remarche avec des cannes ou un déambulateur pendant quelques semaines.
- La rééducation (kinésithérapie) est une partie essentielle du succès de l'opération : elle commence souvent dès le lendemain.
Oui, elle est très courante. En France, des dizaines de milliers de prothèses de hanche sont posées chaque année : c'est l'une des interventions chirurgicales les plus pratiquées.
Surtout les personnes de plus de 60 ans, dont l'articulation s'est usée avec le temps (arthrose). Elle concerne aussi des personnes plus jeunes, après une fracture, une malformation de la hanche présente depuis l'enfance, ou certaines maladies inflammatoires de l'articulation.
Symptômes
- Une douleur brutale dans la poitrine, un essoufflement soudain ou des crachats de sang : cela peut être un caillot dans les poumons, il faut appeler immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112.
- Un mollet qui gonfle, devient rouge, chaud et douloureux d'un seul côté : même chose, appelez le 15 ou le 112 sans attendre.
- Une douleur intense et soudaine à la hanche, avec une jambe qui ne peut plus bouger ou qui se tourne vers l'extérieur : la prothèse a pu se déboîter (luxation), appelez le 15 ou le 112.
- Une fièvre élevée avec une plaie rouge, chaude, gonflée ou qui laisse couler du pus.
- Un saignement important de la plaie qui ne s'arrête pas.
- Une chute avec choc à la tête, une perte de connaissance ou une confusion inhabituelle.
- ⚠Une fièvre même modérée dans les jours qui suivent l'opération.
- ⚠Une douleur qui augmente au lieu de diminuer progressivement.
- ⚠Une plaie qui suinte, s'ouvre ou devient très rouge.
- ⚠Un gonflement important d'une jambe, sans douleur du mollet.
- ⚠Une toux nouvelle ou une gêne pour respirer.
Symptômes courants
- Une douleur dans l'aine, parfois ressentie aussi dans la fesse ou la cuisse
- Une douleur qui augmente à la marche et dans les escaliers, et qui peut réveiller la nuit
- Une raideur : mettre ses chaussettes, se baisser, monter en voiture devient difficile
- Une boiterie, ou l'impression d'avoir une jambe plus courte
- Le besoin de s'arrêter vite en marchant, ou d'utiliser une canne
- Une douleur qui résiste de moins en moins bien aux antalgiques prescrits par le médecin
Symptômes chez l'enfant
- Chez l'enfant, la prothèse de hanche est très rare : les problèmes de hanche de l'enfant (malformation, maladie de la hanche) se traitent autrement, souvent par des orthopédistes pédiatriques.
- Si un enfant boite, se plaint de la hanche ou refuse de marcher, il faut en parler à un médecin : cela ne veut pas dire qu'il aura besoin d'une prothèse.
Symptômes chez les personnes âgées
- C'est dans cette tranche d'âge que l'opération est la plus fréquente, car l'arthrose s'installe avec les années.
- Après une fracture du col du fémur (souvent due à une chute), la prothèse peut être proposée assez rapidement pour permettre de remarcher.
- L'âge seul n'empêche pas l'opération : l'équipe médicale évalue surtout l'état général, les autres maladies et l'autonomie de la personne.
Causes
Causes principales
- L'arthrose : usure du cartilage avec le temps, de très loin la cause la plus fréquente.
- Une fracture du col du fémur, souvent après une chute.
- Une malformation de la hanche présente depuis la naissance (dysplasie), qui use l'articulation plus tôt.
- Une ostéonécrose : la tête du fémur n'est plus assez irriguée par le sang et s'abîme.
- Certaines maladies inflammatoires de l'articulation, comme la polyarthrite.
- Les séquelles d'un ancien accident ou d'une infection de la hanche.
Facteurs de risque
- Un âge avancé
- Le surpoids, qui augmente les contraintes sur la hanche
- Des antécédents familiaux d'arthrose
- Des gestes ou des sports très répétitifs, ou d'anciens traumatismes de la hanche
- Une ostéoporose (os fragilisés), qui favorise les fractures
- Le tabagisme, qui ralentit la cicatrisation et augmente les risques de l'opération
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Après l'opération : fièvre, plaie qui coule ou devient très rouge, douleur qui s'aggrave fortement, jambe gonflée, essoufflement, douleur thoracique, ou impossibilité brutale de poser le pied. En cas de douleur thoracique ou d'essoufflement, appelez le 15 ou le 112.
- Sans opération : une douleur de hanche apparue après une chute, avec impossibilité de marcher, nécessite un avis médical le jour même.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Une douleur de hanche qui dure depuis plusieurs semaines malgré le repos et les antalgiques conseillés par le médecin.
- Une gêne pour marcher, monter les escaliers, ou pour des gestes simples comme se baisser.
- Des réveils nocturnes à cause de la douleur.
- Une boiterie nouvelle ou une sensation de jambe plus courte.
- Une envie d'en parler pour comprendre les options, y compris l'opération, sans se sentir pressé.
Diagnostic
Le diagnostic se fait en consultation. Le médecin vous interroge sur la douleur, ce qui la déclenche, ce qu'elle vous empêche de faire, puis il examine la hanche en mobilisant la jambe dans différentes positions et en observant votre marche. Une radiographie confirme l'état de l'articulation. Si l'opération est envisagée, le chirurgien vérifie ensuite votre état général pour s'assurer que tout se passera au mieux.
Tests qui peuvent être effectués
- Une radiographie de la hanche (parfois des deux hanches, pour comparer)
- Parfois un scanner ou une IRM, si la radiographie ne suffit pas à expliquer la douleur
- Un bilan avant l'opération : prise de sang, électrocardiogramme, mesure de la tension
- Une consultation avec l'anesthésiste, qui explique les techniques d'anesthésie et vérifie qu'il n'y a pas de contre-indication
- Selon votre santé : un avis cardiologique ou d'autres spécialistes, et parfois des examens complémentaires
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
Si l'opération se profile, elle se prépare plusieurs semaines à l'avance. On vous explique le déroulement, les bénéfices attendus et les risques, et vous signez un consentement. Il faut souvent faire une prise de sang pour vérifier le groupe sanguin, parfois donner son propre sang à l'avance selon les habitudes du service, et suivre des consignes précises (être à jeun, adapter certains traitements avec le médecin, arrêter le tabac si possible). Une visite pré-anesthésique est obligatoire. Le jour J, vous êtes accueilli dans le service, l'équipe vous prépare, puis vous partez au bloc.
Traitement
Une prothèse de hanche n'est proposée qu'après avoir essayé les autres solutions, sauf en cas de fracture. Le principe est toujours le même : retirer ce qui est abîmé et le remplacer par un implant solide, pour que la douleur disparaisse et que la marche redevienne possible.
Soins personnels à domicile
- Avant l'opération : rester actif autant que possible et renforcer les muscles autour de la hanche avec l'aide d'un kinésithérapeute.
- Avant l'opération : préparer la maison (retirer les tapis, éclairer les couloirs, prévoir une chaise haute, organiser de l'aide pour les courses et les repas).
- Arrêter de fumer si vous le pouvez : cela améliore nettement la cicatrisation. Demandez de l'aide, c'est plus facile accompagné.
- Après l'opération : suivre les séances de rééducation et faire les exercices à la maison, sans forcer.
- Après l'opération : respecter pendant quelques semaines les positions déconseillées par l'équipe (croiser les jambes, plier fortement la hanche, s'asseoir sur un siège bas, ramasser un objet au sol d'une certaine façon).
- Après l'opération : surveiller la plaie, garder la peau propre et sèche, et signaler tout signe inhabituel.
Traitements médicaux
Il n'existe pas de médicament qui répare une hanche usée. Les professionnels de santé peuvent proposer des médicaments contre la douleur et l'inflammation, choisis et adaptés par le médecin : il ne faut jamais les prendre sans avis, surtout si vous avez d'autres maladies ou traitements. La kinésithérapie aide à garder de la souplesse et de la force. Une canne ou un déambulateur soulage la hanche et améliore la marche. Parfois, un médecin réalise une infiltration (une injection locale) pour calmer la douleur, mais cela ne dure pas. Ces solutions soulagent, mais ne reconstruisent pas le cartilage : c'est pourquoi la chirurgie est parfois la meilleure option.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
On envisage l'opération quand la douleur gêne vraiment la vie quotidienne malgré les autres traitements : marcher devient difficile, on se réveille la nuit, on n'arrive plus à faire ses gestes habituels. C'est aussi le cas après certaines fractures de la hanche. La décision se prend ensemble, avec le chirurgien et le médecin traitant, en tenant compte de votre état général et de ce qui compte pour vous.
Vivre avec cette affection
Juste après l'opération, la fatigue est normale et il faut accepter de se faire aider. On remarche vite, d'abord avec un déambulateur ou des cannes, puis sans, au fur et à mesure. Les escaliers se montent progressivement, une marche à la fois. La conduite automobile est reprise quand le chirurgien donne son accord, souvent après quelques semaines. La douleur diminue peu à peu ; il ne faut pas hésiter à en parler si elle ne cède pas.
Conseils de mode de vie
- Marcher un peu chaque jour, en augmentant très progressivement.
- Faire ses exercices de rééducation même quand on se sent mieux : c'est ce qui consolide le résultat.
- Éviter les chutes : bon éclairage, tapis retirés, chaussures fermées et stables, barres d'appui si besoin.
- Garder un poids stable et une activité physique régulière adaptée.
- Prévenir votre chirurgien ou votre dentiste de la présence de la prothèse si vous devez subir certains soins.
- Signaler tout signe inhabituel : douleur nouvelle, fièvre, plaie qui change, boiterie.
Alimentation et exercice
Une alimentation équilibrée, avec assez de protéines, de calcium et de vitamine D (à voir avec votre médecin), soutient la cicatrisation et la santé des os. Côté mouvement, la marche est la meilleure alliée. Le vélo d'appartement et la piscine sont souvent appréciés quand ils sont autorisés. Les sports avec des changements de direction brusques (tennis, sports de contact, course à pied intensive) se discutent avec le chirurgien, sans être interdits de façon absolue.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Une opération de la hanche, même bien vécue, bouscule : peur de ne pas récupérer, impression d'être dépendant, fatigue, douleur les premiers jours. Ces émotions sont fréquentes et elles s'atténuent en général avec les progrès de la marche. Si la tristesse, l'anxiété ou un sentiment d'isolement durent, parlez-en : votre médecin, un psychologue ou une association de patients peuvent vous aider. En cas de détresse ou de pensées suicidaires, le 3114 est joignable en France, gratuitement, 24h/24 et 7j/7.
Prévention
On ne peut pas empêcher à coup sûr une hanche de s'user, surtout avec l'âge. Mais on peut réduire les risques : garder un poids raisonnable, rester actif pour entretenir les muscles, protéger ses os (alimentation, vitamine D si le médecin le recommande), et surtout prévenir les chutes à la maison. En cas d'ostéoporose connue, un traitement adapté réduit le risque de fracture.
Vaccins
Avant une opération, l'équipe vérifie que vos vaccinations sont à jour, car une infection serait plus gênante sur une prothèse. Certaines vaccinations peuvent être proposées selon votre âge et votre état de santé : demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.
Programmes de dépistage
Il n'existe pas de dépistage systématique de l'arthrose de la hanche. En revanche, si une douleur dure, une radiographie permet de voir l'état de l'articulation. Chez les personnes à risque, le dépistage de l'ostéoporose peut aussi être discuté avec le médecin.
Complications
En l'absence de traitement
- La douleur peut s'installer et devenir permanente, y compris la nuit.
- La mobilité diminue : marcher devient de plus en plus court et difficile.
- La boiterie et la faiblesse musculaire s'aggravent, ce qui augmente le risque de chute.
- L'isolement et la perte d'autonomie peuvent s'installer, avec un retentissement sur le moral.
- Après une fracture non traitée, la marche peut rester impossible et les complications générales (allongement, infections respiratoires, caillots) deviennent plus probables.
Pronostic à long terme
La grande majorité des personnes opérées constate une nette diminution de la douleur et reprend la marche dans les semaines qui suivent. Beaucoup oublient presque leur prothèse au quotidien. Une prothèse dure souvent de nombreuses années, parfois quinze à vingt ans ou plus, mais elle peut un jour s'user ou se desceller, et une nouvelle opération est alors parfois nécessaire. Comme toute chirurgie, il existe des risques (infection, caillot, luxation, descellement), mais ils sont rares et l'équipe prend des mesures pour les limiter : antibioprophylaxie, bas de contention, mobilisation précoce, suivi. Bien se préparer et bien faire sa rééducation change beaucoup le résultat. Et si quelque chose vous inquiète, en parler tôt est toujours la bonne décision.
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Dernière mise à jour: 24 octobre 2026
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