Encéphalopathie hypoxique-ischémique (EHI) du nouveau-né
Aperçu
L’encéphalopathie hypoxique-ischémique, ou EHI, est une atteinte du cerveau du nouveau-né qui survient lorsque le cerveau reçoit trop peu d’oxygène et de sang, le plus souvent autour de la naissance. « Hypoxique » veut dire manque d’oxygène ; « ischémique » veut dire diminution de la circulation sanguine. C’est une situation médicale rare qui demande une prise en charge rapide en maternité ou en service de néonatalogie.
Faits essentiels
- L’EHI survient chez le nouveau-né, généralement avant, pendant ou juste après l’accouchement.
- La gravité est très variable : certains bébés ont besoin de soins intensifs, d’autres récupèrent mieux.
- Une prise en charge spécialisée précoce, parfois avec refroidissement contrôlé du bébé, peut aider à limiter les lésions.
- Un suivi du développement est important dans les mois et les années qui suivent.
L’EHI est rare. Elle ne concerne qu’un petit nombre de nouveau-nés, même si les complications autour de la naissance sont plus fréquentes.
Elle concerne les nouveau-nés, surtout ceux nés à terme ou proches du terme, lorsqu’un problème grave survient autour de la naissance. Elle n’est pas causée par une faute des parents.
Symptômes
- Si votre nouveau-né a du mal à respirer, devient bleu, est très mou et ne réagit pas, convulse ou ne se réveille pas : appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112.
- À la maternité, alertez sans attendre la sage-femme ou le médecin si vous remarquez l’un de ces signes.
- ⚠Un bébé très somnolent qui tète peu ou refuse de s’alimenter.
- ⚠Des mouvements inhabituels, des tremblements ou une raideur qui vous inquiètent.
- ⚠Une respiration rapide, lente ou irrégulière.
- ⚠Une température anormale ou un comportement très différent de d’habitude.
Symptômes courants
- Un bébé qui a besoin d’aide pour respirer à la naissance, avec un score d’Apgar bas.
- Une grande somnolence : le bébé est difficile à réveiller ou réagit peu.
- Une hypotonie (bébé « mou ») ou, au contraire, une raideur inhabituelle.
- Des mouvements anormaux ou des convulsions.
- Des difficultés à téter, à déglutir ou des vomissements.
- Une respiration irrégulière, lente ou difficile.
- Une couleur bleutée des lèvres ou du visage.
Symptômes chez l'enfant
- Un retard pour s’asseoir, marcher ou faire des gestes précis.
- Des difficultés de langage, d’apprentissage ou de concentration.
- Une raideur, une maladresse ou des mouvements difficiles à contrôler.
- Des crises d’épilepsie.
- Des problèmes de vue ou d’audition.
- Des difficultés alimentaires ou de croissance.
Symptômes chez les personnes âgées
- L’EHI est une atteinte du nouveau-né. Elle n’apparaît pas à l’âge adulte et ne concerne pas les personnes âgées.
Causes
Causes principales
- Un manque d’oxygène et de circulation sanguine vers le cerveau du bébé avant, pendant ou juste après l’accouchement.
- Un problème de placenta, comme un décollement placentaire.
- Une compression ou un prolapsus du cordon ombilical.
- Une rupture de l’utérus ou une hémorragie maternelle grave.
- Une infection sévère chez la mère ou chez le bébé.
- Un accouchement très difficile ou une naissance dans un contexte d’urgence.
- Un problème respiratoire ou cardiaque grave après la naissance.
Facteurs de risque
- Des complications de la grossesse, comme un retard de croissance du bébé ou une prééclampsie (tension artérielle élevée liée à la grossesse).
- Un travail long ou anormal, ou une présentation inhabituelle du bébé.
- Une hémorragie importante pendant la grossesse ou l’accouchement.
- Une infection maternelle sévère.
- Une naissance nécessitant une réanimation immédiate.
- Aucun facteur n’est toujours présent : l’EHI peut survenir même lorsque la grossesse était bien suivie.
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Tout signe de détresse chez un nouveau-né : difficulté à respirer, lèvres bleues, bébé mou, convulsions ou absence de réaction.
- Une somnolence inhabituelle ou un refus de téter qui s’aggrave.
- Des mouvements anormaux ou une raideur soudaine.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Après une EHI, respectez les rendez-vous de suivi avec l’équipe de néonatalogie, le pédiatre et les professionnels du développement.
- Signalez tout retard de développement, difficulté de langage, trouble du comportement ou crise suspecte lors du suivi.
- Parlez de vos inquiétudes et de votre fatigue : les parents ont aussi besoin d’être soutenus.
Diagnostic
Le diagnostic repose sur l’histoire de la grossesse et de l’accouchement, l’examen du nouveau-né et des examens complémentaires. L’équipe médicale regarde notamment comment le bébé respire, réagit, bouge et tète, et elle vérifie le fonctionnement du cerveau.
Tests qui peuvent être effectués
- Surveillance de la respiration, du cœur et de la saturation en oxygène.
- Bilans sanguins, dont l’équilibre acide-base si nécessaire.
- Échographie cérébrale.
- IRM cérébrale, souvent réalisée secondairement, pour mieux voir les zones touchées.
- Électroencéphalogramme (EEG), qui mesure l’activité électrique du cerveau.
- Examens pour rechercher une infection ou d’autres causes possibles.
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
Votre bébé sera souvent pris en charge en unité de soins intensifs néonatals. Les équipes vont surveiller ses fonctions vitales, adapter les soins et réaliser les examens nécessaires. En France, les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) encadrent la prise en charge de ces situations. Vous pourrez poser des questions à l’équipe, qui vous expliquera chaque étape.
Traitement
L’EHI est une urgence néonatale. Le traitement commence dès la naissance ou dès que le problème est repéré : aider le bébé à respirer, soutenir sa circulation, contrôler sa température et prévenir les complications. Ensuite, la prise en charge se poursuit en néonatalogie, avec un suivi du développement.
Soins personnels à domicile
- Demandez à l’équipe médicale de vous expliquer ce qui se passe, avec des mots simples.
- Participez aux soins de votre bébé quand c’est possible : présence, voix, contact peau à peau si l’équipe le permet.
- Notez vos questions et les rendez-vous pour ne pas les oublier.
- Demandez un soutien psychologique pour vous et votre famille : ce n’est pas un signe de faiblesse.
- Acceptez de l’aide pratique et reposez-vous quand vous le pouvez.
Traitements médicaux
Les soins médicaux visent d’abord à stabiliser le bébé : soutien de la respiration et de la circulation, contrôle de la température, équilibre des sucres et des sels dans le sang, prise en charge des convulsions si elles surviennent. Chez certains bébés, une technique de refroidissement contrôlé du corps, appelée hypothermie thérapeutique, peut être proposée pour limiter les lésions cérébrales. Ensuite, des soins de développement, de la kinésithérapie, de l’orthophonie ou de la psychomotricité peuvent être utiles selon les besoins. Les médicaments et les traitements précis sont décidés par l’équipe médicale au cas par cas.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
La chirurgie n’est pas le traitement habituel de l’EHI. Elle peut concerner certaines complications très particulières, décidées au cas par cas par l’équipe médicale.
Vivre avec cette affection
Après la période néonatale, la vie quotidienne s’organise autour du suivi médical, des rendez-vous de développement et, si besoin, des séances de rééducation. Chaque enfant évolue à son rythme. Les progrès peuvent être réguliers ou se faire par étapes, et il est important de célébrer les petites avancées.
Conseils de mode de vie
- Garder un rythme régulier pour le sommeil, les repas et les activités.
- Adapter les stimulations à l’âge et à la fatigabilité de l’enfant.
- Favoriser les activités douces et le jeu comme soutien au développement.
- Éviter de comparer votre enfant aux autres : le suivi médical reste la meilleure référence.
- Prévoir des temps de repos pour les parents et la famille.
Alimentation et exercice
Pour le bébé, l’alimentation est adaptée avec l’équipe médicale, souvent en tenant compte de la fatigue et de la capacité à téter. Pour l’enfant plus grand, une activité physique douce et adaptée, comme la marche, la natation ou les jeux moteurs, peut être bénéfique. Aucun régime particulier n’est nécessaire sans l’avis d’un professionnel de santé.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Il est fréquent que les parents ressentent de la peur, de la culpabilité, de la tristesse ou de l’anxiété après une EHI. Ces émotions sont légitimes. Parlez-en à l’équipe médicale, à un psychologue ou à votre médecin. Si vous avez des pensées suicidaires ou une détresse majeure, appelez sans attendre le 3114 en France (service de prévention du suicide), ou le 15/112 en cas d’urgence vitale.
Prévention
L’EHI ne peut pas toujours être évitée. Une bonne surveillance de la grossesse, un suivi du travail et une prise en charge rapide des complications autour de la naissance réduisent les risques. En cas de grossesse à risque, l’équipe médicale met en place une surveillance adaptée.
Vaccins
Aucun vaccin ne prévient l’EHI.
Programmes de dépistage
Il n’existe pas de dépistage systématique de l’EHI avant la naissance. Le suivi de la grossesse et la surveillance pendant le travail permettent de repérer certaines situations à risque.
Complications
En l'absence de traitement
- Des lésions cérébrales permanentes plus ou moins importantes.
- Une paralysie cérébrale, avec des difficultés de mouvement ou de posture.
- Des crises d’épilepsie.
- Un retard de développement ou des difficultés d’apprentissage.
- Des troubles de la vue, de l’audition ou de l’alimentation.
Pronostic à long terme
L’évolution est très variable. Certains enfants récupèrent bien et grandissent sans difficulté majeure ; d’autres ont besoin d’un suivi et de rééducations. Une prise en charge précoce, un accompagnement de la famille et un suivi régulier améliorent les chances de progrès. Chaque enfant avance à son rythme, et l’équipe médicale peut vous aider à comprendre ses besoins.
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Dernière mise à jour: 24 octobre 2026
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