L'infertilité chez la femme
Aperçu
L'infertilité, c'est quand un couple ne parvient pas à avoir un enfant après environ 12 mois de rapports sexuels réguliers, sans moyen de contraception. On parle aussi d'infertilité quand une grossesse démarre mais ne tient pas (fausses couches à répétition). Chez la femme, la cause peut venir de l'ovulation (quand un ovule n'est pas libéré chaque mois), des trompes de Fallope (les petits tuyaux qui transportent l'ovule vers l'utérus), de l'utérus, ou simplement de l'âge des ovules. Très important : c'est une affaire de couple. Dans près d'un cas sur deux, l'homme est concerné aussi, en partie ou totalement. Ce n'est la faute de personne, et ce n'est pas une maladie honteuse.
Faits essentiels
- L'infertilité touche environ un adulte sur six dans le monde selon l'Organisation mondiale de la santé.
- On parle d'infertilité après 12 mois de rapports réguliers sans contraception, mais il faut consulter plus tôt si la femme a plus de 35 ans ou si elle a des antécédents particuliers.
- Dans environ un tiers des cas, la cause est plutôt féminine, dans un tiers plutôt masculine, dans un tiers mixte ou inexpliquée.
- Aucune cause n'est retrouvée dans environ 15 à 20 % des couples : on parle alors d'infertilité inexpliquée, et des solutions existent quand même.
Oui, c'est très courant. En France, on estime qu'un couple sur cinq environ consulte un jour pour une difficulté à concevoir. Vous n'êtes donc pas seul(e), loin de là.
Tout couple qui essaie d'avoir un enfant peut être concerné, quel que soit son âge, son origine ou son mode de vie. Certains facteurs augmentent le risque : l'âge de la femme (la fertilité baisse nettement après 35 ans), le poids (en excès ou en insuffisance), le tabac, l'alcool, les infections pelviennes (comme certaines infections sexuellement transmissibles non traitées), l'endométriose, le syndrome des ovaires polykystiques, ou des opérations du ventre ou du bassin.
Symptômes
- Douleur violente et soudaine dans le bas-ventre, surtout si vous avez un test de grossesse positif : cela peut évoquer une grossesse extra-utérine, qui est une urgence. Appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112.
- Saignement vaginal très abondant avec vertiges, malaise ou pâleur.
- Fièvre élevée avec douleur du bas-ventre et pertes malodorantes (possible infection pelvienne).
- ⚠Douleur pelvienne qui augmente et vous empêche de vivre normalement.
- ⚠Fièvre avec douleur du bas-ventre.
- ⚠Règles totalement absentes depuis plusieurs mois sans cause évidente (sauf grossesse).
- ⚠Écoulements vaginaux inhabituels, odorants ou verdâtres, ou douleurs en urinant.
Symptômes courants
- Le plus souvent, aucun symptôme : le seul signe est l'absence de grossesse après plusieurs mois d'essais.
- Règles irrégulières, très espacées ou absentes (ce qui peut signaler un problème d'ovulation).
- Règles très douloureuses, ou douleurs pendant les rapports sexuels.
- Règles très abondantes ou saignements entre les règles.
- Perte de grossesse à répétition (fausses couches).
- Signes possibles d'un syndrome des ovaires polykystiques : pilosité plus marquée, acné, prise de poids.
- Chez l'homme du couple, parfois des signes à signaler au médecin : douleurs testiculaires, antécédent d'infection ou d'opération.
- Une fatigue ou un moral en baisse au fil des mois d'essais, ce qui est très fréquent et tout à fait compréhensible.
Symptômes chez l'enfant
- Cette page ne concerne pas les enfants : l'infertilité ne se manifeste qu'à l'âge où l'on souhaite avoir un enfant.
- Chez l'adolescente, des règles très irrégulières ou absentes pendant plusieurs mois méritent quand même un avis médical, car elles peuvent avoir d'autres causes à explorer.
Symptômes chez les personnes âgées
- La fertilité naturelle diminue avec l'âge, surtout après 35 ans, et s'arrête avec la ménopause (en général entre 45 et 55 ans).
- Après 40 ans, les chances de grossesse spontanée sont plus faibles, mais elles ne sont pas nulles, et un accompagnement médical reste possible.
- Après une grossesse ou une opération du bassin, parlez-en à votre médecin si vous souhaitez encore un enfant : un bilan peut être proposé.
- Il n'est jamais trop tard pour demander conseil : le médecin vous aidera à voir ce qui est réaliste et quelles options existent.
Causes
Causes principales
- Troubles de l'ovulation : l'ovule n'est pas libéré chaque mois, souvent à cause du syndrome des ovaires polykystiques, d'un problème de thyroïde, d'une hormone prolactine élevée, ou d'un poids très bas ou très élevé.
- Problème des trompes : elles sont bouchées ou abîmées, souvent après une infection (salpingite), une infection sexuellement transmissible non traitée, une endométriose ou une opération.
- Endométriose : une maladie où le tissu qui tapisse l'utérus se retrouve ailleurs dans le ventre, ce qui peut gêner l'ovulation, les trompes ou la nidation.
- Problèmes de l'utérus : fibromes, polypes, malformation de l'utérus, cicatrices après un curetage.
- Âge : la qualité et le nombre des ovules diminuent avec les années, c'est naturel et ce n'est pas une faute.
- Insuffisance ovarienne : les ovaires fonctionnent moins bien, parfois de façon précoce (avant 40 ans).
- Causes liées au partenaire : la qualité ou la quantité des spermatozoïdes est concernée dans une grande partie des cas.
- Infertilité inexpliquée : tous les examens sont normaux et aucune cause n'est retrouvée. Cela arrive et des solutions restent possibles.
Facteurs de risque
- Âge de la femme, en particulier au-delà de 35 ans.
- Tabac (chez la femme comme chez l'homme).
- Alcool et drogues.
- Surpoids important ou poids très insuffisant.
- Infections sexuellement transmissibles non traitées.
- Endométriose ou antécédent de kyste ovarien.
- Antécédents de chirurgie du ventre ou du bassin, ou de fausses couches à répétition.
- Traitements médicaux lourds (certaines chimiothérapies ou radiothérapies).
- Stress intense et manque de sommeil, qui peuvent gêner l'ovulation sans en être la cause unique.
- Exposition à certains produits chimiques au travail, à discuter avec le médecin du travail.
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Douleur très forte et brutale du bas-ventre, avec ou sans saignement : appelez le 15 ou le 112.
- Fièvre avec douleur pelvienne.
- Saignements abondants avec malaise.
- Absence de règles depuis plusieurs mois avec bouffées de chaleur ou sécheresse vaginale chez une femme jeune.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Après 12 mois de rapports réguliers sans contraception, sans grossesse.
- Après 6 mois seulement si la femme a plus de 35 ans : il ne faut pas attendre.
- Plus tôt encore en cas de règles très irrégulières ou absentes, de douleurs pelviennes chroniques, d'endométriose connue, d'antécédent d'infection pelvienne ou d'opération du bassin.
- Si vous avez déjà fait plusieurs fausses couches.
- Si votre partenaire a des antécédents médicaux particuliers : le bilan se fait à deux.
- Si l'attente devient lourde à vivre : en parler est déjà une forme de soin.
Diagnostic
Le médecin commence par un entretien : vos cycles, vos antécédents, vos traitements, votre mode de vie, et ceux de votre partenaire. Puis vient un examen clinique. Ensuite, on propose des examens pour chercher une cause et voir quelles options sont possibles. En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande de réaliser ce bilan à deux, car l'homme est concerné dans près d'un cas sur deux. Le bilan peut prendre quelques semaines : c'est normal, et cela permet d'éviter des examens inutiles.
Tests qui peuvent être effectués
- Calendrier des cycles : noter la date des règles et les rapports, pour repérer une ovulation.
- Prise de sang pour doser certaines hormones (hormones qui commandent le cycle, hormone thyroïdienne, prolactine, réserve ovarienne).
- Échographie pelvienne : une image de l'utérus et des ovaires, indolore.
- Examen des trompes : on vérifie qu'elles sont bien ouvertes, souvent avec un produit de contraste et une radio ou une échographie.
- Parfois une petite caméra dans le ventre (cœlioscopie) ou dans l'utérus (hystéroscopie), pour voir directement.
- Bilan du partenaire : analyse du sperme, examen, parfois prise de sang. C'est une étape essentielle.
- Selon les cas, recherche d'une infection, test de la thyroïde, ou évaluation du poids et des habitudes de vie.
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
Le bilan se fait en plusieurs rendez-vous, souvent étalés sur quelques mois. Certains examens sont un peu désagréables mais courts ; d'autres sont totalement indolores. Vous pouvez demander à être accompagné(e) par votre partenaire ou une personne de confiance. Vous avez le droit de poser toutes vos questions, de demander une pause, et de recevoir les résultats expliqués en mots simples. N'hésitez jamais à demander une deuxième avis si vous en ressentez le besoin.
Traitement
La prise en charge dépend de ce que le bilan a trouvé, de votre âge et de vos souhaits. Elle va de simples conseils de mode de vie à des traitements médicaux ou à une aide médicale à la procréation (PMA, aussi appelée AMP : assistance médicale à la procréation). En France, ces parcours sont encadrés et remboursés en grande partie par l'Assurance maladie. Le rythme et les étapes sont décidés avec vous, à deux, avec l'équipe médicale.
Soins personnels à domicile
- Arrêter le tabac : c'est le geste qui améliore le plus les chances, chez la femme comme chez l'homme.
- Réduire l'alcool au maximum, idéalement arrêter pendant les essais.
- Essayer d'atteindre un poids santé, sans régime extrême : les régimes très restrictifs perturbent l'ovulation.
- Bouger un peu chaque jour, même 20 à 30 minutes de marche.
- Dormir suffisamment et trouver des moments pour souffler : le stress ne bloque pas tout, mais il pèse sur le moral.
- Prendre soin de ses cycles : noter les dates, observer son corps.
- Demander à son médecin ou à son pharmacien si certains de vos traitements ou compléments sont compatibles avec un projet de grossesse.
- Se faire dépister et traiter les infections sexuellement transmissibles, et faire ce dépistage à deux.
Traitements médicaux
Selon la cause, l'équipe médicale peut proposer : la correction d'un problème hormonal (par exemple une thyroïde qui fonctionne mal), une aide à l'ovulation sous surveillance médicale, un traitement de l'endométriose, ou une stimulation ovarienne associée à une insémination (les spermatozoïdes sont déposés dans l'utérus). Quand cela ne suffit pas, une fécondation in vitro (FIV) peut être proposée : l'ovule est fécondé en laboratoire, puis replacé dans l'utérus. Tous ces traitements sont prescrits et suivis par des spécialistes ; ne prenez jamais de traitement « pour la fertilité » sans avis médical, y compris des produits dits naturels, car certains peuvent être dangereux pendant les essais de grossesse. Votre médecin vous expliquera les bénéfices, les limites et les risques de chaque option.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
Une opération est parfois utile : pour enlever un fibrome ou un polype dans l'utérus, traiter une endométriose, déboucher une trompe, ou corriger une malformation. Elle n'est proposée que si elle peut réellement améliorer vos chances, et elle se discute toujours avec l'équipe médicale, en pesant les bénéfices et les risques.
Vivre avec cette affection
Vivre avec des difficultés à concevoir, c'est souvent vivre avec des hauts et des bas : l'espoir à chaque cycle, la déception parfois, les annonces de grossesse autour de soi qui pèsent. C'est normal de trouver cela éprouvant. Essayez de garder des espaces où le sujet n'occupe pas toute la place : des sorties, des amis, des activités qui vous font du bien. Fixez-vous aussi des moments pour en parler, plutôt que de laisser le sujet envahir chaque repas.
Conseils de mode de vie
- Parler à son partenaire de ce que l'on ressent, sans attendre que la coupe soit pleine.
- Éviter de tout organiser autour des cycles : garder des projets et des plaisirs qui n'ont rien à voir avec la grossesse.
- Limiter les applications de suivi si elles deviennent source d'anxiété.
- Dire à son entourage ce que l'on souhaite partager, et ce que l'on préfère garder pour soi.
- Se méfier des « recettes miracles » trouvées sur internet, et en parler au médecin.
- Garder une activité physique douce et régulière.
- S'accorder des pauses dans le parcours médical si le besoin s'en fait sentir, en le disant à l'équipe.
Alimentation et exercice
Une alimentation variée et équilibrée, proche du modèle méditerranéen (légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes, bonnes graisses), soutient la santé générale et le cycle. Évitez les régimes très restrictifs et les compléments « fertilité » vendus sans preuve. Côté sport, une activité modérée et régulière est bénéfique ; en revanche, un sport d'endurance très intensif peut perturber les cycles chez certaines femmes : parlez-en à votre médecin. Le tabac et l'alcool sont les deux principaux facteurs de mode de vie à réduire.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Les difficultés à concevoir peuvent provoquer tristesse, colère, sentiment d'injustice, culpabilité, ou tensions dans le couple. Ces émotions sont légitimes et fréquentes. Elles ne sont pas une faiblesse. Si vous vous sentez triste presque tous les jours, si vous perdez le plaisir des choses, si vous dormez mal ou si vous avez des idées noires, parlez-en sans attendre à un professionnel de santé. En France, vous pouvez aussi appeler le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24h/24 et 7j/7. En cas d'urgence vitale, appelez le 15 ou le 112.
Prévention
On ne peut pas tout prévenir : l'âge et certaines maladies ne se contrôlent pas. Mais plusieurs gestes augmentent les chances de préserver sa fertilité : ne pas fumer, limiter l'alcool, maintenir un poids santé, se protéger des infections sexuellement transmissibles (préservatif, dépistage), faire soigner rapidement une infection pelvienne, et ne pas attendre trop longtemps si l'on souhaite un enfant, surtout après 35 ans. Faire le point tôt avec son médecin est utile, même avant d'essayer.
Vaccins
Il n'existe pas de vaccin contre l'infertilité. En revanche, la vaccination contre le papillomavirus (HPV) protège contre des infections qui peuvent abîmer le col de l'utérus et les trompes : parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, elle est recommandée selon l'âge.
Programmes de dépistage
Il n'existe pas de test de dépistage de l'infertilité en dehors d'un projet de grossesse. En revanche, le dépistage des infections sexuellement transmissibles est simple et important : il se fait par prise de sang ou prélèvement, et se propose à deux. Le frottis de dépistage du cancer du col est aussi recommandé à intervalles réguliers selon votre âge. Demandez conseil à votre médecin ou à votre sage-femme.
Complications
En l'absence de traitement
- Une difficulté à concevoir peut durer ou s'aggraver avec le temps, car la fertilité baisse avec l'âge : c'est la principale raison de ne pas trop attendre avant de consulter.
- Certaines causes, comme une infection pelvienne non traitée, peuvent abîmer les trompes de façon définitive si elles ne sont pas soignées.
- Une souffrance morale importante, avec tristesse durable, anxiété, troubles du sommeil, ou tensions dans le couple.
- Un risque accru de grossesse extra-utérine chez certaines femmes ayant des trompes abîmées : d'où l'importance de consulter vite en cas de douleur intense avec un test de grossesse positif.
Pronostic à long terme
La situation est rarement sans issue. Beaucoup de couples conçoivent spontanément après quelques mois, et parmi ceux qui consultent, une grande partie obtient une grossesse grâce aux traitements ou à la PMA. D'autres choisissent d'autres chemins vers la parentalité, comme l'adoption. Chaque parcours est différent, et il n'y a pas une seule bonne façon de faire. L'essentiel est d'être bien entouré(e) et de garder le dialogue ouvert avec l'équipe médicale : il y a presque toujours une étape suivante à proposer, et personne ne décide à votre place.
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Affections liées
Sources et recommandations
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Dernière mise à jour: 24 octobre 2026
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