Prothèse du genou (arthroplastie du genou)
Aperçu
Une prothèse du genou — les médecins disent aussi « arthroplastie du genou » — est une opération qui consiste à remplacer les surfaces usées de l'articulation du genou par des pièces artificielles. Le genou est la charnière entre l'os de la cuisse (le fémur), l'os de la jambe (le tibia) et la rotule. Entre ces os se trouve le cartilage, un tissu souple et lisse qui permet de bouger sans douleur. Quand ce cartilage s'use, les os frottent l'un contre l'autre : le genou devient douloureux, raide et parfois déformé. La prothèse remet une surface de glissement neuve à la place du cartilage abîmé. Le but n'est pas de faire un genou « neuf comme à 20 ans », mais de réduire la douleur et de retrouver une marche plus confortable dans la vie de tous les jours.
Faits essentiels
- La prothèse ne remplace pas tout le genou : on enlève seulement les surfaces abîmées, et on pose des pièces métalliques et un coussinet en matière plastique solide.
- L'opération dure en général entre une et deux heures, sous anesthésie (souvent une anesthésie locale de la moitié du corps, appelée rachianesthésie, ou une anesthésie générale).
- La rééducation (kinésithérapie) commence très vite après l'opération et fait partie du succès : c'est un vrai travail d'équipe avec le chirurgien, le kinésithérapeute et vous.
- Une prothèse a une durée de vie limitée, souvent de l'ordre de 15 à 20 ans ou plus selon les personnes et l'usage : c'est une des raisons pour lesquelles on essaie d'attendre le bon moment.
Oui, c'est l'une des opérations de chirurgie osseuse les plus pratiquées en France : plusieurs dizaines de milliers de prothèses du genou sont posées chaque année. C'est donc un geste très connu des équipes chirurgicales, avec des protocoles bien rodés.
Elle concerne le plus souvent des personnes de plus de 60 ans dont le genou est usé par l'arthrose (l'usure du cartilage liée au temps et aux contraintes). Elle peut aussi concerner des personnes plus jeunes après un accident, une fracture, une infection ou une maladie inflammatoire du genou, ou en cas de déformation importante. Les femmes sont un peu plus souvent opérées que les hommes, en partie parce que l'arthrose du genou y est plus fréquente.
Symptômes
- Après une opération du genou : un essoufflement brutal, une douleur dans la poitrine ou un malaise — appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112.
- Après une opération : une douleur soudaine et très intense dans le mollet ou la cuisse, avec un gonflement important de la jambe, surtout d'un seul côté.
- Une plaie opératoire qui saigne abondamment ou qui laisse couler du pus, avec de la fièvre élevée et un sentiment de malaise général.
- Un genou brutalement déformé et impossible à bouger, avec une douleur très forte, surtout après une chute.
- ⚠De la fièvre dans les jours ou semaines qui suivent l'opération : contactez le service ou le chirurgien le jour même.
- ⚠Un écoulement par la cicatrice, une rougeur qui s'étend ou une chaleur anormale autour du genou opéré.
- ⚠Une douleur qui augmente fortement et brutalement, ou un genou qui se bloque et ne plie plus.
- ⚠Un mollet chaud, gonflé et douloureux, ou une rougeur de la jambe, à faire évaluer dans la journée.
Symptômes courants
- Une douleur au genou qui augmente à la marche, à la montée ou à la descente des escaliers, et qui oblige parfois à s'arrêter.
- Une raideur, surtout au réveil ou après être resté assis longtemps, avec un genou qui « se dérouille » lentement.
- Un gonflement du genou, parfois intermittent, après une journée active.
- Des craquements ou des grincements dans le genou en bougeant.
- Une sensation de genou qui « lâche » ou qui manque de stabilité.
- Des difficultés à se relever d'une chaise, à s'accroupir ou à s'agenouiller.
- Une douleur qui réveille la nuit ou empêche de trouver une position confortable.
- Une déformation progressive du genou, avec des jambes qui se courbent.
Symptômes chez l'enfant
- Une prothèse du genou est exceptionnelle chez l'enfant : elle ne s'envisage que dans des situations très particulières, après avis d'une équipe spécialisée.
- Une douleur de genou chez l'enfant a le plus souvent d'autres causes : traumatisme sportif, maladie inflammatoire, ou douleurs de croissance — il faut toujours en parler à un médecin.
- Chez l'enfant et l'adolescent, il ne faut pas banaliser une douleur qui persiste, qui gonfle le genou ou qui boite : un avis médical est nécessaire.
Symptômes chez les personnes âgées
- La douleur devient souvent plus constante, présente même au repos, et peut gêner le sommeil.
- La marche se raccourcit : on évite les sorties, les escaliers, les longues distances.
- Le genou se déforme et l'écart entre les deux genoux augmente, ce qui déséquilibre la marche.
- Le risque de chute augmente, en partie à cause de la douleur et de la faiblesse des muscles de la cuisse.
- Une perte d'autonomie pour les gestes du quotidien peut s'installer peu à peu, avec un isolement social possible.
Causes
Causes principales
- L'arthrose du genou (usure progressive du cartilage) : de très loin la cause la plus fréquente.
- Les séquelles d'un accident : fracture du genou, entorse grave, lésion des ligaments ou du ménisque.
- Les maladies inflammatoires qui touchent les articulations, comme la polyarthrite, qui peuvent abîmer le cartilage.
- Une déformation du genou présente depuis longtemps, qui concentre les efforts sur une seule zone de l'articulation.
- Plus rarement, une infection de l'articulation ou une atteinte de l'os sous le cartilage (on parle d'ostéonécrose, c'est-à-dire une zone d'os qui souffre et se détériore).
Facteurs de risque
- L'âge : le cartilage s'use avec les années.
- Le surpoids et l'obésité, qui augmentent fortement les contraintes sur le genou à chaque pas.
- Un métier avec beaucoup de port de charges, d'accroupissements ou de station debout prolongée.
- Un antécédent de blessure du genou, même ancienne.
- Une faiblesse des muscles de la cuisse (quadriceps), qui protègent moins l'articulation.
- Des antécédents familiaux d'arthrose.
- Une activité sportive intense avec des impacts répétés, surtout si elle a commencé jeune ou après une blessure mal rééduquée.
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Une fièvre, une plaie qui coule ou une rougeur qui s'étend après une opération du genou.
- Un gonflement important et douloureux d'une jambe, ou un essoufflement inhabituel (appelez le 15 ou le 112 en cas de douleur thoracique).
- Un genou qui se bloque complètement, qui ne supporte plus aucun appui, ou qui est très déformé.
- Une chute avec impossibilité de se relever ou de marcher.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Une douleur de genou qui dure depuis plusieurs semaines, qui gêne la marche ou le sommeil.
- Une raideur qui limite les gestes du quotidien : se lever, s'habiller, monter les escaliers.
- Une déformation du genou qui s'aggrave.
- Après une opération : une rééducation qui stagne, une douleur qui ne diminue pas comme prévu, ou un besoin d'être rassuré sur les étapes de la récupération.
- Un besoin d'en parler : discuter des options avec un médecin ou un chirurgien orthopédiste n'engage à rien.
Diagnostic
Le diagnostic repose d'abord sur une consultation : le médecin vous écoute, examine votre genou (mouvements, stabilité, gonflement, force des muscles) et regarde comment vous marchez. Il vous demande depuis quand vous avez mal, ce qui soulage ou aggrave la douleur, et quel est l'impact sur votre vie. Ensuite, des examens d'imagerie confirment l'état de l'articulation. Le médecin pourra vous orienter vers un chirurgien orthopédiste (le spécialiste des os et des articulations) si une prothèse se discute.
Tests qui peuvent être effectués
- Une radiographie du genou, souvent des deux genoux et en appui (debout) : c'est l'examen clé pour voir l'usure du cartilage, l'écart entre les os et la déformation.
- Parfois un scanner ou une IRM, si le médecin veut mieux voir les ligaments, les ménisques ou l'os.
- Une prise de sang dans certains cas, notamment si l'on soupçonne une inflammation ou une infection.
- Une consultation d'anesthésie avant l'opération, pour vérifier que tout est prêt et choisir la technique d'anesthésie.
- Des examens complémentaires selon votre âge et votre santé générale (cœur, poumons, diabète) avant une éventuelle chirurgie.
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
Rien n'est décidé en une seule fois. En général, il y a plusieurs étapes : la consultation avec le médecin, les examens d'imagerie, puis un rendez-vous avec le chirurgien pour discuter des bénéfices et des risques. Vous pouvez venir avec vos questions écrites et, si vous le souhaitez, accompagné. Prendre un deuxième avis est possible et tout à fait légitime. Si l'opération est programmée, elle se planifie souvent à quelques semaines ou mois, le temps de préparer votre genou, votre santé et votre organisation à la maison.
Traitement
On commence presque toujours par des solutions non chirurgicales : comprendre ce qui se passe, réduire les contraintes sur le genou, renforcer les muscles, soulager la douleur et adapter son activité. Ces approches peuvent suffire pendant des années. Quand la douleur et la gêne deviennent trop lourdes malgré tout cela, la prothèse est discutée avec le chirurgien. Le choix se fait ensemble, en pesant les bénéfices attendus et les contraintes de l'opération et de la rééducation.
Soins personnels à domicile
- Bouger régulièrement et renforcer les muscles de la cuisse : des exercices simples, assis ou allongé, peuvent être appris avec un kinésithérapeute.
- Adapter son activité : préférer la marche courte et fréquente, la natation ou le vélo d'appartement, éviter les accroupissements répétés et les escaliers quand c'est possible.
- Perdre du poids si nécessaire : même quelques kilos en moins réduisent nettement la charge sur le genou à chaque pas.
- Utiliser une canne du côté opposé au genou douloureux, au moins pendant les périodes difficiles, pour soulager l'articulation.
- Appliquer du chaud ou du froid selon ce qui vous soulage, et surélever la jambe en cas de gonflement.
- Aménager son quotidien : bonnes chaussures, semelles amortissantes, sièges plus hauts, éviter les positions accroupies prolongées.
- Noter ses douleurs et ses limites dans un petit carnet : cela aide beaucoup à préparer la consultation.
Traitements médicaux
Le médecin peut proposer plusieurs approches, souvent combinées : des médicaments pour calmer la douleur et l'inflammation, prescrits et adaptés à votre situation ; des séances de kinésithérapie pour entretenir la mobilité et la force ; parfois des infiltrations (injections locales réalisées par un médecin) ; des semelles ou des aides à la marche ; et des conseils d'hygiène de vie. Certaines personnes trouvent aussi un soulagement avec des approches complémentaires (relaxation, groupes d'activité physique adaptée). Aucun de ces traitements ne « répare » le cartilage usé : ils visent à soulager et à retarder, ou parfois à éviter, l'opération. Votre médecin ou votre pharmacien vous explique les bénéfices et les effets indésirables de chaque option, sans jamais décider à votre place.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
La prothèse se discute quand la douleur devient importante malgré les traitements non chirurgicaux depuis plusieurs mois, quand elle gêne la marche et les gestes essentiels, quand elle réveille la nuit, ou quand le genou se déforme. L'imagerie doit montrer une usure importante, cohérente avec ce que vous ressentez. L'âge seul n'est pas un critère : ce qui compte, c'est votre gêne, votre état de santé général et vos attentes. La décision se prend avec un chirurgien orthopédiste, après une information claire sur les bénéfices attendus, les risques et la durée de la récupération.
Vivre avec cette affection
Avant l'opération, vivre avec un genou abîmé demande de l'organisation : fractionner les efforts, éviter de rester longtemps debout, prévoir des temps de repos, et parfois renoncer à des sorties. Après l'opération, les premières semaines demandent de la patience : la marche se fait d'abord avec des cannes, puis sans, la rééducation est quotidienne, et la fatigue est fréquente. Les progrès se voient souvent semaine après semaine. Beaucoup de personnes retrouvent une vie bien plus active qu'avant, mais il faut compter plusieurs mois pour se sentir vraiment à l'aise, et parfois jusqu'à un an pour les activités les plus exigeantes.
Conseils de mode de vie
- Garder une activité physique régulière et adaptée : la marche, le vélo, la natation sont de bons alliés d'une prothèse du genou.
- Éviter les sports avec des sauts, des pivots ou des contacts, sauf avis contraire du chirurgien.
- Continuer les exercices de renforcement musculaire au long cours, même quand tout va bien.
- Soigner son sommeil : la douleur et la récupération sont liées à la qualité du repos.
- Prévoir de l'aide à la maison les premières semaines après l'opération (courses, ménage, accompagnement).
- Parler de ses difficultés : la récupération n'est pas une ligne droite, et c'est normal.
Alimentation et exercice
Une alimentation équilibrée, riche en protéines (viande, poisson, œufs, légumineuses) et en calcium (produits laitiers, eaux riches en calcium), aide les muscles et les os. La vitamine D, fabriquée par la peau au soleil et apportée par l'alimentation, est également utile au squelette : parlez-en à votre médecin si vous êtes peu exposé au soleil. Côté mouvement, l'objectif est la régularité plutôt que l'intensité : quelques minutes de marche et d'exercices doux chaque jour valent mieux qu'une grosse séance occasionnelle. Un kinésithérapeute ou un éducateur en activité physique adaptée peut vous aider à construire un programme réaliste, avant comme après l'opération.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Un genou douloureux pèse aussi sur le moral : la douleur chronique fatigue, les loisirs se réduisent, et l'on peut se sentir isolé ou inquiet pour l'avenir. Avant l'opération, l'appréhension est fréquente ; après, la récupération peut sembler longue et frustrante, avec des hauts et des bas. Ces émotions sont normales et il ne faut pas les garder pour soi. En parler à son médecin, à son kinésithérapeute, à ses proches, ou rejoindre un groupe de patients peut beaucoup aider. Si vous vous sentez en détresse, avec une tristesse profonde ou des idées noires, contactez rapidement un professionnel de santé ; en France, un numéro d'écoute est disponible 24 h/24 (voir la rubrique « Trouver du soutien »).
Prévention
On ne peut pas toujours empêcher l'usure du genou, mais on peut ralentir son apparition et son aggravation : garder un poids de forme, entretenir la force des muscles de la cuisse, bien soigner les blessures du genou (entorse, fracture) et reprendre le sport progressivement après une blessure. Éviter les gestes répétés qui forcent l'articulation et privilégier des activités sans impact aident aussi. Si vous avez déjà de l'arthrose, ces mêmes habitudes sont utiles pour limiter la douleur et retarder, voire parfois éviter, l'opération.
Vaccins
Il n'existe pas de vaccin contre l'arthrose ni contre l'usure du genou. En revanche, être à jour de ses vaccinations est important avant une chirurgie programmée : parlez-en à votre médecin bien avant l'opération pour que tout soit prêt le jour venu.
Programmes de dépistage
Il n'y a pas de dépistage systématique de l'arthrose du genou. Une radiographie n'est pas utile sans douleur ni gêne. Si vous avez des douleurs qui durent ou des antécédents de blessure du genou, parlez-en à votre médecin : il décidera si des examens sont nécessaires.
Complications
En l'absence de traitement
- La douleur peut s'intensifier et devenir présente au repos et la nuit.
- Le genou se déforme peu à peu, ce qui déséquilibre la marche et fatigue l'autre jambe.
- La mobilité diminue : les sorties, les escaliers et certains gestes du quotidien deviennent difficiles.
- La faiblesse musculaire s'aggrave et le risque de chute augmente.
- L'isolement et la baisse du moral sont fréquents quand la douleur limite les activités.
- Plus tard, une déformation importante peut rendre l'opération plus complexe.
Pronostic à long terme
La grande majorité des personnes opérées voit sa douleur diminuer nettement et retrouve une marche plus facile, avec une vie quotidienne plus libre. Comme toute chirurgie, l'opération comporte des risques (infection, caillot, raideur, usure de la prothèse avec le temps) : ils sont bien connus et l'équipe médicale met en place des mesures pour les limiter. La récupération demande du temps, de la patience et de la rééducation, et il est normal de connaître des moments plus lents. Parlez ouvertement avec votre équipe soignante de vos attentes : un projet bien compris et bien préparé est le meilleur atout pour un bon résultat.
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Sources et recommandations
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Dernière mise à jour: 24 octobre 2026
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