Prothèse du genou (remplacement du genou)
Aperçu
Le remplacement du genou, souvent appelé « prothèse du genou », est une opération qui consiste à retirer les surfaces abîmées de l'articulation du genou et à les remplacer par des pièces artificielles. Ces pièces imitent le rôle du cartilage et de l'os pour permettre au genou de bouger avec moins de douleur. On y a recours quand l'articulation est très usée, le plus souvent à cause de l'arthrose, c'est-à-dire l'usure progressive du cartilage qui protège normalement les os du genou.
Faits essentiels
- L'opération remplace les surfaces usées du genou par des pièces artificielles solides, en métal et en plastique médical.
- Elle est proposée quand la douleur et la gêne ne s'améliorent plus assez avec les autres solutions, comme la rééducation ou la perte de poids.
- La rééducation qui suit l'opération est une étape essentielle pour retrouver de la mobilité et de la force.
Oui, c'est l'une des opérations de chirurgie orthopédique les plus fréquentes en France, surtout après 60 ans. Des milliers de personnes en bénéficient chaque année.
Elle concerne le plus souvent les personnes de plus de 60 ans dont le genou est très usé par l'arthrose. Elle peut aussi être proposée plus tôt, après un accident, une fracture ou une maladie inflammatoire de l'articulation. Les enfants sont très rarement concernés : dans ce cas, l'avis d'un chirurgien spécialisé en orthopédie pédiatrique est nécessaire.
Symptômes
- Après une opération du genou : une douleur dans la poitrine, un essoufflement soudain ou un malaise, qui peuvent faire penser à un caillot dans les poumons.
- Après une opération : une fièvre élevée avec frissons et une plaie du genou rouge, chaude ou qui coule du pus.
- Après une opération : un mollet qui gonfle, devient douloureux et chaud, surtout s'il s'accompagne d'un essoufflement.
- Après un choc violent : un genou très déformé, avec impossibilité de poser le pied au sol et douleur intense.
- ⚠Une plaie opératoire qui devient rouge, chaude ou douloureuse, même sans fièvre importante.
- ⚠Un gonflement important et inhabituel du genou qui augmente rapidement.
- ⚠Une douleur qui s'aggrave fortement et ne cède pas avec les mesures habituelles.
- ⚠Un mollet gonflé et douloureux sans essoufflement : il faut consulter le jour même.
- ⚠Une impossibilité soudaine de bouger le genou ou de marcher après l'opération.
Symptômes courants
- Une douleur du genou qui revient souvent, surtout en marchant, en montant les escaliers ou en se relevant d'une chaise.
- Une raideur du genou, en particulier le matin ou après être resté assis longtemps.
- Un gonflement du genou qui apparaît après l'effort.
- Des craquements ou des sensations de frottement dans l'articulation.
- Une difficulté à marcher longtemps, à faire ses courses ou à suivre ses proches.
- Un genou qui se dérobe parfois, ce qui peut donner une sensation d'instabilité.
Symptômes chez l'enfant
- Chez l'enfant, une prothèse du genou est très rare. Elle peut être envisagée dans certaines maladies inflammatoires sévères, des malformations ou après un accident grave.
- Une douleur de genou chez l'enfant doit toujours être examinée par un médecin, car les causes sont très différentes de celles de l'adulte.
- Si une chirurgie est discutée chez un enfant, elle relève d'une équipe spécialisée en orthopédie pédiatrique et d'une décision partagée avec la famille.
Symptômes chez les personnes âgées
- La douleur peut limiter les gestes du quotidien : se lever, s'habiller, monter les escaliers ou sortir de chez soi.
- La raideur et la faiblesse musculaire augmentent le risque de chute.
- La gêne peut réduire les activités sociales et le moral, surtout si marcher devient difficile.
- Chez les personnes âgées, d'autres problèmes de santé doivent être pris en compte avant de décider d'une opération.
Causes
Causes principales
- L'arthrose du genou, c'est-à-dire l'usure progressive du cartilage qui protège les os de l'articulation.
- Certaines maladies inflammatoires de l'articulation, comme la polyarthrite rhumatoïde, qui peut abîmer le cartilage avec le temps.
- Les séquelles d'une fracture ou d'un accident du genou.
- Une déformation du genou qui use l'articulation de façon anormale.
- Certaines atteintes de l'os, comme la nécrose osseuse, qui fragilisent l'articulation.
Facteurs de risque
- L'âge avancé, car le cartilage s'use avec le temps.
- Le surpoids ou l'obésité, qui augmentent les contraintes sur le genou.
- Les antécédents familiaux d'arthrose du genou.
- Les métiers qui demandent de rester longtemps debout, de s'accroupir ou de porter des charges.
- Les sports avec des changements de direction fréquents ou des traumatismes répétés.
- Une ancienne blessure du genou, comme une rupture de ligament ou une fracture.
- Une faiblesse des muscles de la cuisse, qui protègent moins l'articulation.
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Si vous avez une forte fièvre, une plaie rouge et chaude, ou du pus après une opération du genou.
- Si vous avez un essoufflement soudain, une douleur dans la poitrine ou un mollet gonflé et douloureux.
- Si vous ne pouvez plus poser le pied au sol ou si le genou est très déformé après un choc.
- Si la douleur devient insupportable malgré les conseils de votre équipe soignante.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Si la douleur du genou vous gêne pour marcher, monter les escaliers ou faire vos activités habituelles.
- Si votre genou est raide le matin ou gonfle régulièrement après l'effort.
- Si vous évitez des sorties ou des activités à cause de votre genou.
- Si vous vous demandez quelles solutions existent avant d'envisager une opération.
- Si vous devez prendre régulièrement des médicaments contre la douleur pour fonctionner au quotidien.
Diagnostic
Le diagnostic commence par un entretien et un examen du genou. Votre médecin vous interroge sur la douleur, la raideur, les gestes qui deviennent difficiles et vos antécédents. Il examine votre genou, vérifie son amplitude de mouvement, sa stabilité et la force de vos muscles. Il peut aussi regarder comment vous marchez. Des examens d'imagerie sont souvent nécessaires pour voir l'état de l'articulation et confirmer l'usure. C'est l'ensemble de ces éléments, et non une seule image, qui aide à décider de la meilleure prise en charge.
Tests qui peuvent être effectués
- Une radiographie du genou, pour voir l'usure du cartilage, les déformations et l'état des os.
- Parfois une imagerie plus précise, comme une IRM ou un scanner, si le médecin a un doute sur l'origine de la douleur.
- Des analyses de sang, notamment si une maladie inflammatoire est suspectée.
- Un bilan préopératoire si une opération est envisagée : examens du cœur et des poumons, analyses, avis médical.
- Des tests de marche ou de force musculaire, réalisés par un professionnel de rééducation.
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
En consultation, votre médecin vous écoutera et répondra à vos questions. Il pourra vous expliquer les différentes options, leurs avantages et leurs limites. Si une prothèse est envisagée, vous serez orienté vers un chirurgien orthopédiste. La décision se prend ensemble, en tenant compte de votre douleur, de votre gêne quotidienne, de votre état de santé général et de vos attentes. N'hésitez pas à venir avec une liste de questions et, si vous le souhaitez, à être accompagné d'un proche.
Traitement
Avant d'envisager une prothèse, plusieurs solutions peuvent être proposées pour soulager le genou et améliorer la mobilité. Elles ne réparent pas l'usure, mais elles peuvent retarder ou éviter la chirurgie, ou préparer l'opération dans de bonnes conditions. La prise en charge associe souvent la rééducation, l'adaptation des activités, la perte de poids si nécessaire et des moyens de soulager la douleur. Quand la gêne devient importante malgré ces solutions, une prothèse peut être discutée avec un chirurgien.
Soins personnels à domicile
- Garder une activité douce et régulière, comme la marche, le vélo d'appartement ou la natation, en adaptant l'intensité à votre douleur.
- Renforcer les muscles de la cuisse et de la fesse avec des exercices simples, idéalement conseillés par un kinésithérapeute.
- Perdre du poids si nécessaire : même une petite perte de poids peut réduire la pression sur le genou.
- Utiliser une canne ou une béquille du côté opposé au genou douloureux peut soulager temporairement.
- Aménager son quotidien : éviter les escaliers quand c'est possible, utiliser un siège plus haut, organiser les gestes de la journée.
- Appliquer du froid sur le genou après l'effort, en protégeant la peau, pour aider à réduire le gonflement.
- Parler de sa douleur et de ses difficultés à son médecin, sans attendre que la situation devienne insupportable.
Traitements médicaux
Il n'existe pas de traitement qui reforme le cartilage usé. La prise en charge vise donc à réduire la douleur, à entretenir la mobilité et à améliorer la qualité de vie. Elle peut comprendre de la kinésithérapie, des exercices à faire chez soi, des aides à la marche, des semelles ou des orthèses, et des médicaments contre la douleur prescrits par un médecin. Des injections dans l'articulation peuvent parfois être proposées dans certaines situations. Votre médecin choisira avec vous l'approche la plus adaptée, en tenant compte de votre âge, de votre santé et de vos préférences.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
Une prothèse du genou peut être proposée quand la douleur et la gêne deviennent importantes malgré les autres traitements, qu'elles limitent la marche, le sommeil ou les activités du quotidien, et que l'imagerie montre une usure avancée de l'articulation. La décision se prend avec un chirurgien orthopédiste, en pesant les bénéfices attendus et les risques de l'opération. La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande que cette décision soit partagée, après une information claire sur les bénéfices et les risques. Il est important de préparer l'opération : rééducation préalable, perte de poids si besoin, aménagement du domicile et soutien de l'entourage.
Vivre avec cette affection
Après une prothèse du genou, les premières semaines demandent de la patience. La marche se fait d'abord avec des aides, puis la mobilité revient progressivement grâce à la rééducation. Il est normal d'avoir des jours plus difficiles que d'autres. Avec le temps et de la persévérance, beaucoup de personnes retrouvent une marche plus confortable et reprennent des activités qu'elles avaient abandonnées. Avant l'opération, il est utile d'organiser son logement et de prévoir de l'aide pour les courses, les repas et les rendez-vous.
Conseils de mode de vie
- Suivre les séances de rééducation et faire les exercices conseillés à la maison, même les jours où la motivation manque.
- Reprendre progressivement les activités, sans forcer, en respectant les consignes de l'équipe soignante.
- Éviter les sports avec des chocs ou des changements de direction brusques, sauf avis contraire du chirurgien.
- Privilégier la marche, le vélo ou la natation pour entretenir la forme.
- Organiser son logement pour limiter les risques de chute : bon éclairage, tapis retirés, objets à portée de main.
- Demander de l'aide à son entourage pour les gestes difficiles pendant la convalescence.
Alimentation et exercice
Une alimentation équilibrée aide à garder un poids stable et à préserver la santé des os et des muscles. Il n'existe pas d'aliment miracle pour l'articulation, mais une alimentation variée, riche en légumes, fruits, protéines et calcium, soutient la récupération. L'exercice est un allié essentiel : avant l'opération, il aide à renforcer les muscles ; après, il fait partie de la rééducation. Les exercices doivent être adaptés à votre situation et progressifs. Un kinésithérapeute peut vous proposer un programme personnalisé, et votre médecin peut vous dire quelles activités sont adaptées à votre genou.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Une douleur chronique et une opération peuvent fatiguer moralement. Il est normal de se sentir inquiet, irritable ou découragé par moments. Parler de ce que vous ressentez à votre médecin, à un proche ou à un professionnel de santé peut aider. Si vous vous sentez en détresse ou si vous avez des pensées inquiétantes, demandez de l'aide rapidement : en cas de crise, appelez le 15 (SAMU) ou le 112. Vous n'êtes pas seul, et un soutien existe.
Prévention
On ne peut pas toujours empêcher l'usure du genou, surtout quand elle est liée à l'âge ou à l'hérédité. Mais certains gestes peuvent réduire le risque ou retarder la gêne : garder un poids santé, entretenir ses muscles, éviter les traumatismes du genou, adapter ses activités professionnelles et sportives, et consulter tôt en cas de douleur persistante. Une prise en charge précoce de l'arthrose peut aider à maintenir la mobilité plus longtemps.
Vaccins
Il n'existe pas de vaccin contre l'arthrose ni contre l'usure du genou. En revanche, être à jour de ses vaccinations est important avant une opération : parlez-en à votre médecin, qui vérifiera votre situation.
Programmes de dépistage
Il n'existe pas de dépistage systématique de l'arthrose du genou. Consulter son médecin en cas de douleur ou de raideur persistante permet d'agir plus tôt et d'orienter vers les bons professionnels.
Complications
En l'absence de traitement
- La douleur et la raideur peuvent s'aggraver avec le temps et limiter la marche.
- Les muscles de la cuisse peuvent s'affaiblir, ce qui augmente le risque de chute.
- Les activités quotidiennes, les loisirs et les sorties peuvent devenir difficiles ou être abandonnés.
- La perte de mobilité et l'isolement peuvent peser sur le moral.
- Dans certains cas, une usure très avancée rend l'opération plus complexe.
Pronostic à long terme
La majorité des personnes opérées constatent une amélioration de leur douleur et de leur mobilité après la rééducation. La récupération prend du temps, souvent plusieurs mois, et varie d'une personne à l'autre. Certaines continuent à ressentir une gêne légère ou des sensations particulières au niveau du genou, mais beaucoup retrouvent une vie plus active. Votre équipe soignante vous accompagnera pour mettre toutes les chances de votre côté. N'hésitez pas à exprimer vos attentes et vos inquiétudes : elles font partie de la décision.
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Dernière mise à jour: 24 octobre 2026
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