La maladie de Legg-Calvé-Perthes
Aperçu
La maladie de Legg-Calvé-Perthes est une maladie de la hanche qui touche les enfants. La tête du fémur (le haut de l'os de la cuisse, qui forme le « ballon » de l'articulation de la hanche) reçoit moins bien le sang pendant un temps. Privée d'une partie de son oxygène et de ses nutriments, cette zone osseuse s'affaiblit, se déforme puis se reconstruit peu à peu. Le corps sait réparer cet os : la maladie évolue donc en plusieurs étapes, sur plusieurs mois, avant de se stabiliser. Pendant cette période, l'enfant peut boiter et avoir mal. L'objectif des soins est simple : garder la hanche souple et bien positionnée pendant que l'os se répare, pour que la hanche reste solide à l'âge adulte. Cette maladie n'est ni une infection, ni un cancer, et elle n'est pas contagieuse.
Faits essentiels
- Elle concerne surtout les enfants entre 4 et 8 ans, plus souvent les garçons.
- Elle évolue par poussées sur plusieurs mois, parfois un à deux ans, puis se stabilise.
- Elle peut toucher une seule hanche, plus rarement les deux.
- Il n'existe pas de traitement qui « guérit » la maladie d'un coup : le suivi médical régulier et la kinésithérapie accompagnent la guérison naturelle de l'os.
- La plupart des enfants récupèrent une hanche qui fonctionne bien, surtout quand la maladie est prise en charge tôt et suivie par un spécialiste.
Elle reste rare : on estime qu'elle concerne environ 1 enfant sur 10 000 chaque année. Votre médecin en voit donc peu dans une carrière, mais c'est une cause classique de boiterie chez l'enfant que tout soignant sait reconnaître.
Elle apparaît surtout entre 3 et 12 ans, avec un pic autour de 5 à 7 ans. Les garçons sont touchés environ 4 à 5 fois plus souvent que les filles. Les deux hanches sont atteintes dans environ 10 à 15 % des cas. Elle ne commence jamais à l'âge adulte.
Symptômes
- Fièvre, douleur intense de la hanche ou de la cuisse, et refus total de marcher ou de poser le pied : cela peut évoquer une infection de l'articulation ou de l'os, qui est une urgence absolue. Appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112.
- Douleur très vive après une chute ou un choc important, avec impossibilité de bouger la jambe ou déformation visible.
- En cas de doute sur la gravité, appelez le 15 (SAMU) ou le 112 : il vaut toujours mieux demander un avis.
- ⚠Une boiterie qui apparaît brutalement et empêche l'enfant de marcher, même sans fièvre.
- ⚠Une douleur qui réveille l'enfant la nuit ou qui l'empêche de dormir.
- ⚠Une rougeur, un gonflement ou une chaleur inhabituelle autour de la hanche ou de la cuisse.
- ⚠Une douleur de hanche après un traumatisme, même modeste, si elle persiste plus de quelques heures.
Symptômes courants
- Une boiterie (l'enfant marche différemment, parfois sans se plaindre).
- Une douleur dans l'aine, la face interne de la cuisse, ou parfois seulement au genou.
- Une raideur de la hanche, surtout pour écarter la jambe sur le côté.
- Une douleur qui augmente à la marche, à la course ou après une journée active, et qui se calme au repos.
- Une fatigue plus rapide que d'habitude pendant les jeux.
- Parfois aucun symptôme douloureux : seule la boiterie est remarquée.
Symptômes chez l'enfant
- Le signe le plus fréquent est une boiterie qui revient ou qui ne disparaît pas.
- Un enfant jeune peut simplement refuser de marcher ou demander les bras plus souvent.
- Il peut se plaindre du genou plutôt que de la hanche : c'est une douleur « transmise » par le nerf, très classique dans cette maladie.
- On peut remarquer qu'il marche sur la pointe du pied du côté atteint, ou qu'il tient sa cuisse un peu raide.
- Certains enfants arrêtent le sport ou le vélo sans savoir l'expliquer.
- Un enfant peut garder le moral et jouer normalement malgré la boiterie : c'est pour cela que l'examen du médecin compte.
Symptômes chez les personnes âgées
- La maladie de Legg-Calvé-Perthes ne débute jamais à l'âge adulte : c'est une maladie de l'enfant en croissance.
- Un adulte qui a eu cette maladie dans son enfance peut garder une hanche un peu moins souple, et parfois développer une arthrose de la hanche plus tôt que la moyenne.
- C'est pourquoi une douleur de hanche qui revient chez un adulte ayant eu cette maladie dans l'enfance mérite un avis médical.
- Aujourd'hui, les adultes concernés sont mieux suivis qu'autrefois : le plus important est de ne pas laisser une douleur s'installer sans en parler.
Causes
Causes principales
- La cause exacte n'est pas encore connue : les médecins parlent de maladie « idiopathique ».
- Ce que l'on comprend : pendant un temps, le sang arrive moins bien dans la tête du fémur. Cette zone osseuse manque d'oxygène et de nutriments, s'affaiblit, puis se répare progressivement.
- La maladie n'est pas due à un choc, à un faux mouvement, ni à la marche. Rien de ce que les parents ont fait ou n'ont pas fait n'en est la cause.
- Ce n'est pas une infection et ce n'est pas contagieux.
Facteurs de risque
- Être un garçon (la maladie est plus fréquente chez les garçons).
- Un âge entre 4 et 8 ans, période où la hanche grandit vite.
- Avoir déjà eu une atteinte de l'autre hanche (environ 10 à 15 % des enfants).
- Un retard de croissance osseuse ou un âge osseux un peu plus bas que l'âge réel.
- Des antécédents familiaux : c'est rare, mais on observe parfois plusieurs cas dans une même famille.
- L'exposition au tabac pendant la grossesse ou dans l'entourage est discutée comme facteur associé, sans preuve formelle.
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Fièvre associée à une douleur de hanche ou à une impossibilité de marcher : rendez-vous aux urgences ou appelez le 15 sans attendre.
- Douleur très intense, apparue très vite, avec jambe bloquée.
- Boiterie brutale qui empêche totalement la marche.
- Traumatisme important avec déformation ou douleur qui ne s'atténue pas.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Une boiterie qui dure plus de quelques jours ou qui revient plusieurs fois.
- Des douleurs de genou ou de cuisse répétées, sans cause évidente, chez un enfant.
- Une raideur de hanche remarquée en habillant l'enfant ou en changeant sa couche.
- Une difficulté à écarter les jambes lors du bain ou du jeu.
- Un enfant qui se plaint de sa hanche depuis quelques semaines, même modérément.
Diagnostic
Le médecin commence par examiner l'enfant : il regarde sa marche, mesure l'écartement des jambes, vérifie si la hanche est souple et si un mouvement réveille la douleur. Il peut comparer les deux jambes et chercher d'autres signes (fièvre, chute récente). Si l'examen fait penser à une atteinte de la hanche, une radiographie est demandée. Le diagnostic de maladie de Legg-Calvé-Perthes repose le plus souvent sur cet examen et cette image. En France, votre médecin peut s'appuyer sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) et adresser l'enfant à un chirurgien orthopédiste pédiatrique, le spécialiste des os des enfants.
Tests qui peuvent être effectués
- Radiographie du bassin et des hanches : le premier examen, simple et indolore.
- Échographie de la hanche : utile pour voir s'il y a un épanchement (un peu de liquide) dans l'articulation.
- IRM (imagerie par résonance magnétique) : parfois demandée, notamment au tout début quand la radio est encore normale, ou pour préciser l'étendue de l'atteinte.
- Analyses de sang : seulement si le médecin veut éliminer une infection.
- Radiographies de contrôle régulières : elles permettent de suivre l'évolution de la hanche au fil des mois.
- Mesure de l'âge osseux, parfois, par une radio du poignet : le stade de croissance aide à prévoir l'évolution.
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
En général, tout commence par une consultation de médecin généraliste ou de pédiatre, puis, si une atteinte de la hanche est suspectée, un rendez-vous rapide chez un orthopédiste pédiatrique. Le suivi s'étale sur plusieurs mois, souvent un à deux ans, avec des consultations et des radios régulières. Entre deux rendez-vous, c'est la famille qui observe la marche, la douleur et les activités de l'enfant, et qui rapporte ce qu'elle remarque. Rien de tout cela n'est inquiétant en soi : ce suivi sert simplement à s'assurer que la hanche se répare dans une bonne position.
Traitement
Il n'existe pas de traitement miracle qui guérit la maladie : le corps répare l'os tout seul, et le rôle du médecin est d'accompagner cette réparation. Trois objectifs guident les soins : soulager la douleur, garder la hanche souple et mobile, et éviter que la tête du fémur ne se déforme pendant qu'elle se reconstruit. Plus l'enfant est jeune et plus l'atteinte est limitée, plus la hanche a de facilité à retrouver une forme normale. Le plan de soins est adapté à chaque enfant, à son âge et à l'aspect de sa hanche sur les images.
Soins personnels à domicile
- Laisser l'enfant bouger normalement quand il n'a pas mal : le mouvement aide la hanche à rester souple.
- Éviter temporairement les sports avec sauts et chocs (trampoline, course, sports de contact) si le médecin le recommande pendant une poussée douloureuse.
- Privilégier les activités douces et sans appui brutal : natation, vélo, jeux calmes.
- Appliquer de la chaleur douce ou du froid sur la hanche, selon ce qui soulage l'enfant.
- Respecter les séances de kinésithérapie : elles entretiennent la souplesse et évitent les raideurs.
- Adapter le quotidien pendant les périodes douloureuses : trajets plus courts, petits aménagements à l'école, temps de repos dans la journée.
- Signaler tout changement au médecin : nouvelle boiterie, douleur qui s'aggrave, fatigue inhabituelle.
Traitements médicaux
La prise en charge reste simple et personnalisée. On soulage la douleur avec des antalgiques prescrits par le médecin, adaptés à l'âge et au poids de l'enfant. La kinésithérapie occupe une place centrale : elle maintient l'amplitude de la hanche, assouplit les muscles, et peut soulager la douleur. Selon l'âge et la forme de la hanche, le spécialiste peut proposer de mettre la hanche « au repos » dans une position favorable, par exemple avec une période de repos relative, une traction douce, une orthèse ou parfois un plâtre, pendant une durée limitée. Le port de chaussures adaptées et le suivi régulier par des radios complètent souvent le tableau. Il n'y a pas de médicament qui accélère la réparation osseuse. Chaque décision se prend avec le médecin et le chirurgien orthopédiste pédiatrique, en tenant compte de la situation de l'enfant et de l'avis des parents.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
La chirurgie n'est proposée que dans certaines situations, pas pour tous les enfants. Elle peut être discutée quand la tête du fémur commence à se déformer et risque de compromettre la hanche à long terme, ou quand la hanche sort de sa position malgré les autres traitements. Il s'agit alors d'interventions qui repositionnent l'os de la cuisse ou du bassin pour mieux couvrir la tête du fémur, ou, dans des cas plus rares, de gestes techniques pour restaurer la forme de l'articulation. C'est le chirurgien orthopédiste pédiatrique qui décide, avec les parents, après avoir expliqué les bénéfices attendus et les suites possibles. Beaucoup d'enfants n'ont pas besoin d'opération.
Vivre avec cette affection
La vie quotidienne avec cette maladie est surtout une question d'adaptation. L'enfant continue d'aller à l'école et de jouer, mais pendant les périodes douloureuses, il peut avoir besoin d'alléger certaines activités. Il est utile d'expliquer la situation à l'enseignant : un aménagement des cours de sport, un cartable plus léger, une place assise près du tableau peut beaucoup aider. Les rendez-vous médicaux deviennent vite une habitude, et les enfants s'y adaptent souvent mieux que leurs parents ne le craignent. Le mot d'ordre : faire normalement quand ça va, adapter quand ça tire, et ne jamais laisser une douleur s'installer sans en parler.
Conseils de mode de vie
- Garder une activité physique douce régulière, adaptée aux conseils du médecin.
- Maintenir un poids de forme : cela diminue les contraintes sur la hanche.
- Choisir des chaussures bien ajustées, avec une semelle amortissante.
- Aménager l'environnement à la maison si besoin : un petit marchepied, un siège stable pour les devoirs, des jeux calmes pour les jours de douleur.
- Prévoir des temps de récupération après les activités physiques.
- Éviter le tabac passif à la maison : son impact sur la croissance des os est discuté.
- Continuer les activités qui ne sollicitent pas la hanche : lecture, musique, jeux de société, vélo d'intérieur.
Alimentation et exercice
Aucun aliment ne guérit cette maladie. En revanche, une alimentation équilibrée, riche en calcium et en vitamine D, aide la croissance de l'os et sa réparation : produits laitiers, légumes verts, poissons, et un peu de soleil. Le médecin peut vérifier les apports et proposer un complément si besoin. Côté sport, il n'est pas question d'arrêter toute activité : le mouvement entretient la souplesse. On évite seulement, pendant les poussées douloureuses, les sports à fort impact comme le trampoline, la course ou les sports de contact. La natation et le vélo sont souvent recommandés car ils font travailler la hanche sans la frapper. Les consignes précises viennent du médecin ou du kinésithérapeute.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Voir son enfant boiter et passer de rendez-vous en rendez-vous peut inquiéter énormément les parents, et il n'y a rien d'anormal à ressentir cela. De son côté, l'enfant peut se sentir différent, être triste de ne pas pouvoir suivre ses copains, s'inquiéter des radios ou se fatiguer de ses rendez-vous. Les mots comptent : expliquer simplement, avec ses mots d'enfant, que la hanche se répare et que les soins servent à aller bien, aide beaucoup. Les frères et sœurs aussi ont besoin d'être rassurés. Si l'anxiété ou la tristesse dure, ou si l'enfant ou un parent se sent submergé, parlez-en au médecin : un soutien psychologique peut vraiment aider. En France, le numéro national de prévention du suicide (3114) est joignable gratuitement 24h/24 si un proche ou vous-même avez des idées noires ; en cas d'urgence vitale, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
Prévention
On ne peut pas empêcher cette maladie d'apparaître, car sa cause reste inconnue. Ce qui change beaucoup, en revanche, c'est de la repérer tôt : une boiterie qui persiste chez un enfant n'est jamais à banaliser, et un examen rapide permet d'agir au bon moment. Éviter le tabac pendant la grossesse et à la maison, et suivre normalement la croissance de l'enfant, font partie des bonnes habitudes générales de santé.
Vaccins
Aucun vaccin n'existe contre cette maladie. Bien sûr, il est important de tenir à jour les vaccinations de l'enfant selon le calendrier français, car les infections de la hanche ou de l'os sont une autre cause de boiterie et de douleur, qu'il faut pouvoir écarter rapidement.
Programmes de dépistage
Il n'existe pas de dépistage systématique de cette maladie. L'observation par les parents et par le médecin lors des consultations de suivi reste le meilleur moyen de la repérer : une boiterie nouvelle, une raideur, une douleur du genou répétée méritent un examen.
Complications
En l'absence de traitement
- La tête du fémur peut se déformer, ce qui rend la hanche moins souple et moins stable.
- Une arthrose de la hanche peut apparaître plus tôt à l'âge adulte, avec des douleurs et une gêne à la marche.
- Une inégalité de longueur des jambes peut se voir dans certains cas.
- Une raideur permanente de la hanche peut limiter certains mouvements et certains sports.
- Dans de rares situations, la hanche peut sortir de sa position (subluxation) et nécessiter une chirurgie.
- Ces complications sont plus fréquentes quand la maladie est diagnostiquée tard ou quand elle atteint la hanche de façon étendue chez un enfant plus âgé.
Pronostic à long terme
La grande majorité des enfants atteints gardent une hanche qui fonctionne bien et mènent une vie tout à fait normale. Les chances sont meilleures quand l'enfant est jeune et quand l'atteinte est limitée. Aujourd'hui, la prise en charge est bien codifiée et le suivi régulier permet d'intervenir au bon moment si besoin. Beaucoup d'adultes qui ont eu cette maladie dans leur enfance pratiquent du sport sans problème. Il est simplement utile de garder une hanche en bonne santé : rester actif, garder un poids de forme, et consulter si une douleur revient.
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Dernière mise à jour: 24 octobre 2026
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