Nombre de spermatozoïdes bas (oligospermie)
Aperçu
Le nombre de spermatozoïdes bas — on parle aussi d'oligospermie ou d'oligozoospermie — signifie que le sperme contient moins de spermatozoïdes que la moyenne. Les spermatozoïdes sont les cellules mâles capables de féconder un ovule. On les compte dans le sperme grâce à un examen appelé spermogramme : quand la concentration est inférieure à environ 15 millions de spermatozoïdes par millilitre, on parle de nombre bas. À retenir : ce n'est pas une maladie en soi et ce n'est pas synonyme d'infertilité définitive. C'est un résultat d'analyse, un signal qui aide à chercher une cause et à trouver des solutions. Beaucoup d'hommes concernés ont des enfants, naturellement ou avec l'aide de la médecine.
Faits essentiels
- Le nombre de spermatozoïdes bas se découvre sur un spermogramme ; dans la grande majorité des cas, il ne provoque aucun symptôme ressenti.
- Ce n'est pas une infertilité définitive : la qualité du sperme peut varier dans le temps et s'améliorer, notamment quand une cause est identifiée et prise en charge.
- Des causes traitables existent : varicocèle (varices autour du testicule), infection, trouble hormonal, certains médicaments, tabac, cannabis, alcool, surpoids, exposition à la chaleur.
- Un seul spermogramme anormal ne suffit pas à conclure : on refait généralement l'examen à quelques semaines d'intervalle avant d'interpréter.
C'est l'une des anomalies les plus fréquentes du spermogramme. Dans les couples qui consultent pour une difficulté à concevoir, une cause masculine est impliquée dans environ la moitié des situations, seule ou associée à un facteur féminin. Le nombre de spermatozoïdes bas en fait partie. Autrement dit : c'est fréquent, ce n'est pas rare, et ce n'est pas une anomalie honteuse.
Cela concerne les hommes adultes, le plus souvent au moment d'un projet de grossesse, mais aussi parfois lors d'un bilan pour une autre raison. Tous les profils sont possibles : sportifs, sédentaires, hommes jeunes ou plus âgés. Certains facteurs rendent ce résultat plus probable : tabagisme, cannabis, alcool, surpoids, métier exposé à des produits chimiques ou à la chaleur, antécédent de testicule non descendu dans l'enfance, varicocèle, chimiothérapie ou radiothérapie, prise de produits dopants de type anabolisants.
Symptômes
- Douleur soudaine, très intense, dans un testicule, avec gonflement, nausées ou vomissements : cela peut évoquer une torsion du testicule, une urgence. Appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112.
- Gonflement douloureux du scrotum après un choc ou un accident, avec douleur importante ou malaise : appelez le 15 ou le 112.
- ⚠Douleur ou gonflement du scrotum accompagné de fièvre, de frissons ou d'une sensation de brûlure : à faire évaluer le jour même.
- ⚠Apparition d'une masse dure, indolore, sur un testicule : à montrer rapidement à un médecin, sans attendre.
- ⚠Rougeur, chaleur ou écoulement au niveau du pénis ou du scrotum : avis médical dans la journée.
- ⚠Impossibilité d'uriner avec douleur pelvienne : recours aux soins rapide.
Symptômes courants
- Le plus souvent, aucun symptôme : on le découvre lors d'un spermogramme demandé dans le cadre d'un projet de bébé qui tarde à aboutir.
- Parfois, un testicule plus petit que la moyenne, ou une gêne sourde dans le scrotum (le sac qui contient les testicules).
- Parfois une varicocèle : des varices autour du testicule, souvent décrites comme une sensation de lourdeur ou un cordon gonflé au-dessus du testicule, plus visibles debout.
- Si un déséquilibre hormonal est en cause : baisse du désir sexuel, fatigue inhabituelle, parfois diminution de la barbe ou des muscles.
- Parfois des troubles de l'éjaculation : éjaculation faible, absente, ou urine trouble après l'éjaculation (le sperme peut alors aller en partie vers la vessie).
- Il peut aussi y avoir des difficultés à concevoir, mais c'est le projet de grossesse qui révèle le problème, pas un symptôme physique.
Symptômes chez l'enfant
- Ce sujet ne concerne pas les enfants : avant la puberté, les testicules ne produisent pas encore de spermatozoïdes, il n'y a donc pas de nombre à mesurer.
- En revanche, certaines situations de l'enfance augmentent le risque plus tard : un testicule non descendu (cryptorchidie) qui n'a pas été traité, une opération dans la région inguinale, des oreillons avec atteinte testiculaire après la puberté.
- C'est pourquoi le suivi médical des petits garçons compte : parlez-en à votre médecin si vous avez un doute sur la position des testicules de votre enfant.
Symptômes chez les personnes âgées
- La fertilité masculine diminue progressivement avec l'âge : le nombre et la qualité des spermatozoïdes peuvent baisser, et les grossesses sont parfois plus longues à obtenir.
- Chez l'homme plus âgé, d'autres éléments peuvent s'ajouter : certains médicaments pour la tension, la prostate ou l'humeur, des maladies chroniques (diabète, obésité), des interventions chirurgicales.
- Un bilan est utile au même âge qu'à 30 ans : l'âge n'empêche pas de chercher une cause et d'améliorer la situation.
Causes
Causes principales
- Varicocèle : des varices autour du testicule qui augmentent la température locale et gênent la production de spermatozoïdes. C'est une cause fréquente et souvent corrigeable.
- Trouble hormonal : quand le cerveau envoie trop peu de signaux aux testicules (souvent appelé hypogonadisme), la production baisse.
- Obstacle sur les voies du sperme : un canal bouché ou absent peut empêcher les spermatozoïdes de sortir, même s'ils sont bien produits.
- Antécédent d'infection : oreillons après la puberté, infection des testicules ou de l'épididyme (le tube posé sur le testicule), certaines infections sexuellement transmissibles non traitées.
- Médicaments et traitements : certains traitements de l'humeur, de la prostate, de l'acné, certains anti-inflammatoires au long cours, chimiothérapie, radiothérapie, produits dopants (anabolisants).
- Mode de vie : tabac, cannabis, alcool, surpoids, sédentarité, stress prolongé, manque de sommeil.
- Chaleur : bains chauds, sauna répété, ordinateur portable posé sur les genoux, vêtements très serrés, travail dans un environnement chaud (four, fonderie, conduite prolongée).
- Expositions professionnelles : pesticides, solvants, métaux lourds, perturbateurs endocriniens.
- Causes génétiques ou congénitales : anomalies des chromosomes ou des gènes impliqués dans la fabrication des spermatozoïdes.
- Environ une fois sur deux environ, on ne trouve pas de cause évidente : on parle alors de forme inexpliquée, et cela n'empêche pas d'avancer.
Facteurs de risque
- Fumer du tabac ou du cannabis, boire de l'alcool régulièrement.
- Être en surpoids ou obèse, avoir une alimentation très déséquilibrée.
- Avoir eu un testicule non descendu dans l'enfance (même opéré).
- Avoir déjà eu une varicocèle, une opération du scrotum ou de l'aine, un traumatisme testiculaire.
- Avoir reçu une chimiothérapie ou une radiothérapie, ou prendre des anabolisants.
- Être exposé régulièrement à la chaleur ou à des produits chimiques au travail.
- Avoir une maladie chronique : diabète, maladie du foie ou des reins, infection chronique.
- Le stress intense et prolongé, le manque de sommeil, la sédentarité.
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Douleur testiculaire brutale et intense, avec gonflement ou vomissements (urgence : 15 ou 112).
- Gonflement du scrotum avec fièvre ou rougeur : avis médical le jour même.
- Masse dure apparue sur un testicule : à faire examiner rapidement.
- Épisode de douleur testiculaire après un choc important.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Vous avez un projet de bébé et aucune grossesse n'est obtenue après 12 mois de rapports réguliers sans contraception (6 mois si la partenaire a plus de 35 ans).
- Vous avez des antécédents qui augmentent le risque (testicule non descendu, varicocèle, chimiothérapie, opération de l'aine).
- Vous prenez un traitement au long cours et vous vous posez des questions sur la fertilité.
- Vous remarquez une baisse du désir sexuel, une fatigue inhabituelle ou des difficultés d'éjaculation.
- Vous et votre partenaire souhaitez simplement faire le point avant de concevoir.
Diagnostic
Le point de départ est presque toujours le spermogramme : une analyse du sperme recueilli par masturbation, après une abstinence de 2 à 5 jours, dans un laboratoire spécialisé. On y mesure le nombre de spermatozoïdes, mais aussi leur mobilité (capacité à avancer) et leur forme. Comme le sperme varie naturellement, on refait en général un deuxième examen à quelques semaines d'intervalle avant de conclure. Ensuite, le médecin vous interroge sur vos antécédents, vos traitements, votre mode de vie, puis vous examine, notamment les testicules. Selon les résultats, des examens complémentaires sont proposés pour chercher la cause.
Tests qui peuvent être effectués
- Spermogramme, parfois répété à 2 ou 3 semaines d'intervalle, avec une période d'abstinence respectée.
- Examen clinique : palpation des testicules et du scrotum, recherche d'une varicocèle.
- Prise de sang pour doser les hormones (testostérone, FSH, LH, prolactine) : cela aide à distinguer un problème de production d'un problème hormonal.
- Échographie des testicules et du scrotum, pour vérifier la structure et chercher une varicocèle.
- Recherche d'une infection : analyse d'urine, prélèvement si besoin.
- Analyse d'urine après l'éjaculation, si l'on suspecte que le sperme repart en partie vers la vessie (éjaculation rétrograde).
- Tests génétiques dans certains cas seulement, quand le nombre de spermatozoïdes est très bas ou nul.
- Bilan de la partenaire en parallèle : la fertilité d'un couple se regarde toujours à deux.
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
Le parcours est progressif : on commence par des examens simples et non douloureux, et l'on n'en fait pas plus que nécessaire. Les résultats arrivent en quelques jours à quelques semaines. Il est possible que l'on ne trouve pas de cause précise : c'est fréquent, et cela ne bloque pas la suite, car des solutions existent même sans explication. Prévoyez si possible d'assister aux rendez-vous à deux : c'est plus facile d'entendre les informations à deux, et de poser toutes ses questions. N'hésitez jamais à demander de reformuler ce qui n'est pas clair.
Traitement
La prise en charge dépend de ce que l'on trouve. S'il existe une cause identifiée — une varicocèle, une infection, un trouble hormonal, un médicament en cause — on la traite en priorité. S'il n'y a pas de cause évidente, on agit sur ce qui peut l'être : mode de vie, chaleur, tabac, poids, stress. Le sperme se renouvelle en environ deux à trois mois : les effets d'un changement se voient donc souvent après quelques mois, ce qui demande un peu de patience. En parallèle, si le projet de grossesse est pressé ou si les chances naturelles sont faibles, une aide médicale à la procréation peut être proposée. Dans tous les cas, le médecin adapte la stratégie à votre situation et à celle de votre partenaire.
Soins personnels à domicile
- Arrêter le tabac et le cannabis : c'est l'un des gestes les plus efficaces pour la qualité du sperme. Demandez de l'aide si besoin, c'est plus facile accompagné.
- Réduire l'alcool, idéalement à zéro pendant le projet de grossesse.
- Éviter les sources de chaleur : sauna et bains très chauds répétés, ordinateur portable sur les genoux, téléphone dans la poche avant, vêtements très serrés.
- Bouger régulièrement : une activité physique modérée et plaisante, sans surentraînement extrême.
- Dormir suffisamment et gérer le stress (respiration, marche, temps pour soi).
- Ne pas prendre de compléments alimentaires ou de produits « boosters » sans avis médical : certains peuvent être nocifs.
- Vérifier avec votre médecin ou pharmacien les médicaments en cours, sans jamais les arrêter seul.
- Se laver et se protéger lors des rapports : traiter tôt une infection protège la fertilité.
Traitements médicaux
Il n'existe pas de traitement unique qui « augmente le nombre de spermatozoïdes » dans tous les cas. La logique est de traiter la cause : une infection se soigne avec un traitement anti-infectieux adapté, un déséquilibre hormonal peut être corrigé avec un traitement hormonal prescrit et surveillé par un médecin, et certains médicaments responsables peuvent être remplacés par d'autres. La varicocèle peut être opérée. Quand aucune cause n'est retrouvée, la prise en charge repose sur les changements de mode de vie et, si besoin, sur l'aide médicale à la procréation : insémination, fécondation in vitro, ou micro-injection d'un spermatozoïde dans l'ovule. Ces techniques utilisent parfois très peu de spermatozoïdes et restent possibles même quand le nombre est bas. Votre médecin vous expliquera ce qui vous correspond. Ne prenez jamais de traitement de fertilité sans prescription et sans suivi.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
La chirurgie est proposée dans certaines situations précises, surtout pour une varicocèle gênante ou associée à une baisse de la fertilité, pour lever un obstacle sur les voies du sperme, ou pour traiter une cause locale (kyste, infection chronique). Elle n'est pas systématique : le médecin pèse les bénéfices et les risques avec vous, et les effets sur le sperme s'évaluent après plusieurs mois. Dans d'autres cas, on prélève chirurgicalement des spermatozoïdes directement dans le testicule pour les utiliser en fécondation in vitro. Ces décisions se prennent toujours en équipe spécialisée, avec des explications claires.
Vivre avec cette affection
Vivre avec un nombre de spermatozoïdes bas, c'est souvent vivre avec un projet de grossesse qui prend plus de temps que prévu. Le quotidien s'organise autour des rendez-vous, des résultats à attendre et parfois des décisions à prendre. C'est aussi un sujet intime : beaucoup d'hommes hésitent à en parler, par pudeur ou par peur d'être jugés. Sachez que c'est une situation médicale courante, sans lien avec la virilité ou la valeur d'une personne. Parler à son partenaire, à un ami de confiance ou à un professionnel allège souvent les choses.
Conseils de mode de vie
- Fixer des moments de discussion avec votre partenaire, sans que le sujet de la fertilité prenne toute la place.
- Continuer à faire ce qui vous fait du bien : sport, loisirs, sorties, temps avec les proches.
- Éviter l'alcool comme moyen de décompresser.
- Limiter les écrans tard le soir pour préserver le sommeil.
- Demander un arrêt de travail ou un aménagement si une exposition professionnelle est en cause : votre médecin peut vous y aider.
- Si vous avez du mal à en parler, un entretien avec un psychologue peut vraiment aider, seul ou en couple.
Alimentation et exercice
Il n'existe pas d'aliment miracle, mais une alimentation variée et équilibrée soutient la fabrication des spermatozoïdes : fruits et légumes colorés, légumineuses, poissons, œufs, noix et graines, huiles végétales, produits complets plutôt qu'ultra-transformés. Évitez les régimes très restrictifs et les compléments « fertilité » vendus sans preuve : parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant toute prise. Côté mouvement, visez une activité régulière et modérée : marche rapide, vélo, natation, renforcement léger. Attention aux excès : un sport très intense avec perte de poids rapide peut au contraire perturber les hormones. L'objectif est de la régularité et du plaisir, pas de la performance.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Apprendre qu'on a un nombre de spermatozoïdes bas peut remuer : sentiment d'échec, culpabilité, inquiétude pour l'avenir, tension dans le couple, baisse de la confiance en soi. Ces réactions sont normales et légitimes. Ce qui compte, c'est de ne pas rester seul avec cela. Parlez-en à votre médecin : il peut vous orienter vers un soutien psychologique. Si vous vous sentez envahi par la tristesse, l'anxiété ou des idées noires, demandez de l'aide sans attendre. En France, le 3114 est un numéro national d'écoute, gratuit et disponible 24 h/24 ; en cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
Prévention
On ne peut pas toujours empêcher un nombre de spermatozoïdes bas, notamment quand la cause est génétique ou liée à l'enfance. Mais une bonne partie des facteurs en jeu peut être modifiée : arrêter le tabac et le cannabis, limiter l'alcool, garder un poids de forme, bouger, protéger les testicules de la chaleur et des produits chimiques, soigner les infections, éviter les anabolisants et vérifier ses médicaments avec un professionnel. Ces gestes sont utiles à tout âge, et leurs effets sur le sperme apparaissent en quelques mois.
Vaccins
Il n'existe pas de vaccin contre le nombre de spermatozoïdes bas. En revanche, être à jour de ses vaccins et se protéger des infections sexuellement transmissibles protège la santé générale et les testicules. Le vaccin contre les oreillons, notamment, évite une infection qui peut toucher les testicules après la puberté. Parlez de votre statut vaccinal avec votre médecin ou votre pharmacien.
Programmes de dépistage
Il n'existe pas de dépistage systématique du nombre de spermatozoïdes bas chez tous les hommes. Un spermogramme est proposé en cas de projet de grossesse qui n'aboutit pas, d'antécédents à risque, de symptômes testiculaires ou de traitement potentiellement en cause. Si vous vous posez la question, demandez simplement à votre médecin : c'est un examen simple et sans douleur.
Complications
En l'absence de traitement
- Le projet de grossesse peut prendre plus de temps, ou nécessiter une aide médicale à la procréation.
- Une cause sous-jacente peut passer inaperçue : varicocèle, infection chronique, trouble hormonal, ou plus rarement une maladie qu'il vaut mieux diagnostiquer tôt.
- Une tension dans le couple, une baisse de la confiance en soi, de l'anxiété ou une tristesse durable.
- Une tendance à s'isoler et à garder le silence, alors que parler aide vraiment.
Pronostic à long terme
La situation est souvent plus encourageante qu'elle n'en a l'air. Le nombre de spermatozoïdes varie avec le temps, certaines causes se traitent, et les changements de mode de vie améliorent parfois nettement les résultats en quelques mois. Même quand le nombre reste bas, les techniques d'aide médicale à la procréation permettent à de nombreux couples de concevoir, y compris avec très peu de spermatozoïdes. Beaucoup d'hommes concernés deviennent pères. L'important est de faire le point avec un professionnel de santé, sans attendre, et de se rappeler que vous n'êtes ni responsable ni seul.
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Dernière mise à jour: 24 octobre 2026
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