Malaria
Sources consultées
Cet article est un contenu original d'éducation des patients.
- WHO—Health topics A–Z(2024)
- NHS—Health A to Z(2024)
- CDC—Health topics(2024)
Fondé sur des recommandations cliniques internationales
Aperçu
Le paludisme (aussi appelé malaria) est une maladie grave provoquée par un parasite microscopique. Ce parasite est transmis à l'homme par la piqûre d'un moustique Anophèle infecté. La maladie provoque de la fièvre, des frissons et des symptômes grippaux. Sans traitement rapide, elle peut devenir dangereuse. Mais si elle est soignée à temps, presque tous les patients guérissent complètement.
Faits essentiels
- Le paludisme est évitable et traitable.
- Il est transmis par le moustique Anophèle, qui pique surtout la nuit.
- En France métropolitaine, le paludisme est rare : la plupart des cas concernent des voyageurs venant de zones où la maladie est présente.
- Le diagnostic repose sur un simple test sanguin.
- Un traitement rapide est essentiel pour éviter les complications graves.
Le paludisme est très fréquent dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales du monde, notamment en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud-Est, en Amérique du Sud et dans certaines parties du Pacifique. En France métropolitaine, il n'est pas courant : on ne l'attrape pas ici. En revanche, il est présent dans les départements et régions français d'Outre-mer (comme Mayotte ou la Guyane).
Tout le monde peut contracter le paludisme s'il est piqué par un moustique infecté. Les personnes les plus vulnérables sont les jeunes enfants, les femmes enceintes, les voyageurs non immunisés et les personnes vivant avec le VIH. Dans les zones d'endémie, les adultes qui ont été exposés plusieurs fois développent une certaine immunité, mais elle n'est pas totale.
Symptômes
- Convulsions
- Perte de conscience ou confusion sévère
- Difficulté à respirer
- Urines très foncées (couleur cola) ou absence d'urine
- Saignements inhabituels (nez, gencives, sous la peau)
- Fièvre très élevée qui ne descend pas malgré la prise de paracétamol
- ⚠Fièvre après un voyage dans une zone où le paludisme est présent (même plusieurs semaines après le retour)
- ⚠Maux de tête très intenses et persistants
- ⚠Vomissements répétés qui empêchent de boire
- ⚠Fatigue extrême ou sensation de faiblesse qui s'aggrave
Symptômes courants
- Fièvre élevée (parfois par cycles de 48 heures)
- Frissons intenses et tremblements
- Sueurs abondantes
- Maux de tête
- Courbatures et douleurs musculaires
- Fatigue et faiblesse généralisées
- Nausées, vomissements ou diarrhée
Symptômes chez l'enfant
- Fièvre élevée qui peut monter très vite
- Vomissements et diarrhée
- Refus de s'alimenter
- Irritabilité ou somnolence
- Pâleur et faiblesse
- Convulsions possibles (surtout en cas de paludisme cérébral)
Symptômes chez les personnes âgées
- Fièvre parfois moins élevée que chez les adultes plus jeunes
- Confusion ou changements dans l'état mental
- Fatigue intense
- Douleurs articulaires
- Nausées et perte d'appétit
- Risque accru de complications rénales ou respiratoires
Causes
Causes principales
- Le paludisme est causé par un parasite appelé Plasmodium. Il existe plusieurs espèces de ce parasite, les plus dangereuses étant Plasmodium falciparum.
- La transmission se fait par la piqûre d'un moustique Anophèle femelle infecté. Quand le moustique pique, il injecte le parasite dans le sang.
- Rarement, le paludisme peut aussi se transmettre par transfusion sanguine, par une piqûre d'aiguille contaminée, ou de la mère à l'enfant pendant la grossesse (paludisme congénital).
Facteurs de risque
- Voyager ou vivre dans une région où le paludisme est présent (Afrique, Asie du Sud-Est, Amérique du Sud, etc.)
- Ne pas utiliser de protection contre les moustiques (moustiquaires, répulsifs, vêtements longs) pendant la nuit
- Ne pas prendre de médicaments préventifs (chimioprophylaxie) lors d'un voyage en zone à risque
- Être une femme enceinte ou un jeune enfant en zone d'endémie
- Avoir un système immunitaire affaibli (par exemple, à cause d'une maladie chronique ou d'un traitement immunosuppresseur)
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Si vous avez de la fièvre dans les semaines qui suivent un voyage en zone d'endémie, consultez immédiatement un médecin ou rendez-vous aux urgences. Le paludisme peut s'aggraver très vite.
- Si vous présentez l'un des symptômes d'urgence décrits ci-dessus, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Avant un voyage dans une zone à risque, consultez votre médecin ou un centre de conseils aux voyageurs pour discuter des mesures préventives (médicaments, vaccins, protection anti-moustiques).
- Si vous avez été traité pour un paludisme, un suivi médical est recommandé pour vérifier la guérison.
Diagnostic
Le diagnostic du paludisme se fait par un test sanguin. Votre médecin vous prescrira une prise de sang pour rechercher la présence du parasite. En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande de réaliser ce test chez toute personne ayant de la fièvre et ayant séjourné dans une zone d'endémie dans les mois précédents.
Tests qui peuvent être effectués
- Goutte épaisse et frottis sanguin : on examine une goutte de votre sang au microscope pour voir le parasite. C'est l'examen de référence.
- Test de diagnostic rapide (TDR) : une petite goutte de sang sur une bandelette donne un résultat en 15 à 20 minutes. Très utile pour un premier dépistage.
- PCR (amplification génique) : détecte l'ADN du parasite, très sensible, mais résultats plus longs.
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
Lors de la consultation, le médecin vous posera des questions sur votre voyage, vos symptômes et votre état général. La prise de sang ne prend que quelques minutes. Les résultats de la goutte épaisse sont souvent disponibles en 1 à 2 heures. Selon le résultat, le traitement pourra être débuté rapidement, parfois par voie intraveineuse si la forme est grave.
Traitement
Le traitement du paludisme repose sur des médicaments antipaludiques qui tuent le parasite. Il doit être débuté le plus tôt possible, surtout si l'espèce est Plasmodium falciparum. Selon la gravité, le traitement peut être donné par voie orale (comprimés) ou par injection intraveineuse à l'hôpital. La durée du traitement est généralement de quelques jours. Il est très important de terminer le traitement complet, même si vous vous sentez mieux.
Soins personnels à domicile
- Reposez-vous beaucoup : votre corps a besoin d'énergie pour combattre l'infection.
- Buvez beaucoup d'eau, de tisanes ou de bouillons pour éviter la déshydratation, surtout en cas de fièvre et de vomissements.
- Surveillez votre température et notez-la pour la montrer au médecin.
- Évitez l'alcool et les activités physiques intenses jusqu'à la guérison complète.
Traitements médicaux
Les médecins prescrivent des médicaments antipaludiques adaptés à l'espèce du parasite et à la gravité de la maladie. Ces médicaments sont donnés soit par voie orale (en comprimés) pour les formes simples, soit par voie intraveineuse (à l'hôpital) pour les formes graves. En France, la HAS recommande un traitement basé sur les combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine (CTA) pour le paludisme simple à P. falciparum. Le médecin choisira le médicament le plus approprié en fonction de votre âge, de votre poids, de votre état de santé et des résistances locales aux médicaments. Ne prenez jamais d'antipaludiques sans avis médical.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
La chirurgie n'est pas utilisée pour traiter le paludisme. Le traitement est uniquement médicamenteux.
Vivre avec cette affection
Après un paludisme, la fatigue peut persister plusieurs semaines. Prévoyez un retour progressif à vos activités. Continuez à vous protéger des piqûres de moustiques pour éviter une nouvelle infection. Si vous avez eu un paludisme à P. falciparum, un suivi médical pendant quelques semaines peut être nécessaire pour vérifier que le parasite a bien été éliminé.
Conseils de mode de vie
- Reposez-vous et écoutez votre corps.
- Évitez les efforts physiques intenses pendant la convalescence.
- Continuez à utiliser des répulsifs anti-moustiques et des moustiquaires, surtout si vous vivez en zone d'endémie.
- Si vous avez voyagé, respectez les recommandations de votre médecin pour la prévention après le retour.
Alimentation et exercice
Pendant la phase aiguë, privilégiez une alimentation légère et facile à digérer : soupes, compotes, riz, bananes. Buvez beaucoup pour compenser la fièvre. Après la guérison, reprenez une alimentation équilibrée riche en fer (viande rouge, légumineuses, épinards) pour reconstituer vos globules rouges, surtout si vous avez eu une anémie. Concernant l'exercice, reprenez progressivement : une courte marche dès que vous vous sentez mieux, puis augmentez doucement l'intensité.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Un épisode de paludisme peut être éprouvant, surtout si la forme a été sévère ou si la personne a dû être hospitalisée. De l'anxiété, de la fatigue persistante ou des troubles du sommeil sont possibles. Parlez-en à votre médecin traitant. Si le moral devient très bas, n'hésitez pas à consulter un psychologue ou à appeler une ligne d'écoute comme le 3114 (numéro national de prévention du suicide).
Prévention
Oui, le paludisme peut être évité. La prévention repose sur deux piliers : éviter les piqûres de moustiques et prendre des médicaments préventifs (chimioprophylaxie) si vous voyagez dans une zone à risque. Les mesures anti-moustiques sont efficaces : dormir sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide, utiliser des répulsifs cutanés, porter des vêtements longs et clairs le soir, et pulvériser des insecticides dans la chambre. En France, la HAS rappelle qu'aucun voyageur ne doit partir dans une zone d'endémie sans avoir consulté un médecin pour une prescription de prévention adaptée.
Vaccins
Il existe un vaccin contre le paludisme (RTS,S/AS01, commercialisé sous le nom Mosquirix). Il est recommandé par l'OMS pour les enfants vivant dans les zones de forte transmission, notamment en Afrique. Ce vaccin n'est pas recommandé pour les voyageurs, car son efficacité est partielle et il ne remplace pas les autres mesures de prévention. La recherche continue pour développer un meilleur vaccin.
Programmes de dépistage
En dehors des situations de dépistage lors d'une fièvre après un voyage, il n'y a pas de dépistage systématique du paludisme. En revanche, dans les zones d'endémie, des campagnes de dépistage peuvent être organisées par les autorités sanitaires. Si vous êtes enceinte et vivez dans une zone où le paludisme est fréquent, votre sage-femme ou votre médecin vous proposera un suivi renforcé.
Complications
En l'absence de traitement
- Anémie sévère (destruction massive des globules rouges)
- Paludisme cérébral (atteinte du cerveau) : convulsions, coma, décès possible
- Insuffisance rénale aiguë
- Détresse respiratoire (accumulation de liquide dans les poumons)
- Hypoglycémie (baisse dangereuse du sucre dans le sang)
- Choc (chute de la pression artérielle)
- Mort (surtout chez les enfants et les femmes enceintes)
Pronostic à long terme
Si le paludisme est diagnostiqué et traité rapidement, le pronostic est excellent : la quasi-totalité des patients guérissent sans séquelles. Les formes graves sont rares lorsque la prise en charge est précoce. En France, grâce à un système de santé réactif et à l'accès aux traitements adaptés, la mortalité liée au paludisme est très faible. Le plus important est de consulter dès les premiers signes et de suivre le traitement jusqu'au bout. Avec une bonne prévention, vous pouvez voyager sereinement dans les zones à risque.
Trouver du soutien
Organisations internationales
Organisations locales
- Santé publique France – Paludisme ↗ · France
- Institut Pasteur – Paludisme ↗ · France
Lignes d'assistance
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Vérifiez toujours avec votre médecin
Les recommandations de santé varient selon les pays et les régions. Les informations de cet article sont fondées sur des recommandations cliniques internationales, mais peuvent ne pas refléter les recommandations, médicaments ou pratiques spécifiques de votre pays. Discutez toujours de vos préoccupations de santé avec votre médecin ou professionnel de santé, et consultez les recommandations nationales locales lorsqu'elles sont disponibles.
Avis important Ces informations sont fournies à titre éducatif uniquement. Elles ne remplacent pas les conseils médicaux, le diagnostic ou le traitement d'un professionnel. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié au sujet de votre situation spécifique. En cas d'urgence médicale, appelez immédiatement les services d'urgence locaux.