Prothèse partielle du genou : comprendre l'opération
Aperçu
Une prothèse partielle du genou (on dit aussi « prothèse unicompartimentale ») est une opération qui consiste à remplacer seulement la zone abîmée de l'articulation, et non le genou entier. Le genou comporte trois zones : le côté intérieur, le côté extérieur et l'arrière (entre la rotule et le fémur). Quand l'usure ne touche qu'une seule de ces zones, le chirurgien peut poser une petite prothèse à cet endroit précis et conserver le reste de l'articulation ainsi que les ligaments. Le genou garde donc une partie de son fonctionnement naturel.
Faits essentiels
- Seule la partie usée du genou est remplacée : le reste de l'articulation est conservé.
- Les ligaments croisés sont généralement gardés, ce qui peut donner une sensation de genou plus « naturel ».
- La récupération est souvent plus rapide qu'après une prothèse totale, mais elle demande quand même de la rééducation.
- Ce n'est pas une opération « au rabais » : elle a ses indications précises et ses propres risques, décidés avec l'équipe médicale.
La pose d'une prothèse de genou est une opération fréquente en France. La version partielle est moins courante que la prothèse totale, mais elle est de plus en plus proposée quand l'usure est vraiment limitée à une seule zone.
Elle concerne surtout des adultes d'âge moyen ou plus âgés, souvent entre 50 et 70 ans, qui ont une usure (arthrose) limitée à un seul côté du genou, avec des ligaments encore solides et un genou pas trop déformé. Les personnes très sédentaires, très lourdes ou ayant une usure étendue ne sont en général pas les meilleures candidates.
Symptômes
- Un genou très rouge, très chaud, très gonflé, avec de la fièvre et un malaise général : appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112.
- Après l'opération : douleur dans la poitrine, essoufflement soudain ou jambe très gonflée et douloureuse — appelez immédiatement le 15 ou le 112.
- Une plaie opératoire qui saigne beaucoup, qui s'ouvre ou qui laisse couler du pus, avec de la fièvre.
- Une douleur brutale et intense du genou après un choc, avec impossibilité totale de bouger la jambe.
- ⚠Une fièvre même modérée dans les jours qui suivent l'opération.
- ⚠Un genou qui gonfle brutalement et devient très douloureux sans raison claire.
- ⚠Une impossibilité de poser le pied après une chute, sans signe de gravité immédiate.
- ⚠Une douleur du mollet avec rougeur ou chaleur, à faire vérifier le jour même.
Symptômes courants
- Douleur d'un seul côté du genou, souvent à l'intérieur, qui augmente en marchant ou en montant les escaliers.
- Genou qui craque, qui « accroche » ou qui semble bloqué par moments.
- Raideur, surtout le matin ou après être resté assis longtemps.
- Gonflement qui revient après l'effort.
- Difficulté à s'accroupir, à se relever ou à faire ses courses.
- Sensation que le genou peut « lâcher » ou manque de force.
Symptômes chez l'enfant
- Cette opération ne concerne pas les enfants : leur cartilage est encore en croissance.
- Une douleur de genou chez l'enfant ou l'adolescent a le plus souvent d'autres causes (poussée de croissance, sport, petite blessure) et mérite un avis médical.
- Ne jamais banaliser une douleur de genou qui persiste chez un enfant : parlez-en à votre médecin.
Symptômes chez les personnes âgées
- L'usure touche souvent plusieurs zones du genou, ce qui peut orienter vers une prothèse totale plutôt que partielle.
- La douleur peut être plus permanente, avec une mobilité réduite et un risque de chute plus élevé.
- D'autres soucis de santé (cœur, diabète, tension) sont pris en compte avant de décider d'une opération.
- La rééducation reste possible et utile à tout âge, adaptée à chacun.
Causes
Causes principales
- L'arthrose : le cartilage qui protège l'os s'use peu à peu, souvent d'un seul côté du genou.
- Les séquelles d'une ancienne fracture ou d'une blessure du genou.
- Une ostéonécrose, c'est-à-dire un morceau d'os qui souffre et se fragilise sous le cartilage.
- Une déformation du genou (genou « arqué ») qui concentre les efforts sur une seule zone.
Facteurs de risque
- L'âge : le cartilage s'use avec les années.
- Le surpoids, qui augmente fortement la pression sur le genou.
- Un métier ou un sport avec accroupissements, escaliers ou port de charges répétés.
- Une ancienne lésion des ligaments ou des ménisques, ou une opération du genou.
- Des antécédents familiaux d'arthrose.
- Une faiblesse des muscles de la cuisse, qui protègent moins l'articulation.
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Genou rouge, chaud, gonflé avec de la fièvre : contactez rapidement un médecin ou le 15 selon l'intensité des signes.
- Fièvre ou écoulement au niveau de la cicatrice après une opération du genou.
- Douleur du mollet, essoufflement ou douleur thoracique après une opération : appelez le 15 ou le 112.
- Genou bloqué en position pliée ou impossible à déplier.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Une douleur de genou qui dure plus de quelques semaines ou qui revient souvent.
- Une boiterie ou une raideur qui vous gêne dans vos activités habituelles.
- Des douleurs que les mesures simples (repos, exercices, perte de poids) ne soulagent plus.
- L'envie de discuter des options, y compris chirurgicales, avec un professionnel de santé.
Diagnostic
Le diagnostic se fait d'abord lors d'une consultation : le médecin vous interroge sur votre douleur, vous examine le genou (mobilité, stabilité, zone douloureuse) et regarde votre façon de marcher. Des radiographies confirment ensuite l'usure et permettent de voir si elle ne touche qu'une seule zone. C'est cette évaluation qui détermine si une prothèse partielle est envisageable.
Tests qui peuvent être effectués
- Radiographies du genou, réalisées debout en appui pour mieux voir l'usure.
- Parfois une imagerie plus précise (IRM ou scanner) pour vérifier l'état des ligaments et du cartilage.
- Un bilan général avant une éventuelle opération, avec prise de sang et avis médical.
- Un avis d'un chirurgien orthopédiste, qui est le spécialiste des os et des articulations.
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
L'évaluation prend en général une ou deux consultations. Le médecin ou le chirurgien vous explique les avantages et les limites de chaque option, y compris celle de ne pas opérer tout de suite. N'hésitez pas à venir avec vos questions écrites et, si possible, accompagné : c'est plus facile de retenir les informations à deux.
Traitement
On commence presque toujours par des solutions non chirurgicales : activité physique adaptée, kinésithérapie, perte de poids, aides au quotidien et traitement de la douleur prescrit par le médecin. La chirurgie est envisagée seulement si ces mesures ne suffisent plus et si votre gêne au quotidien devient importante. Parmi les opérations possibles, la prothèse partielle ne concerne que les genoux dont l'usure est vraiment limitée à une zone.
Soins personnels à domicile
- Bouger régulièrement sans forcer : marche, vélo d'appartement, natation ou aquagym.
- Renforcer les muscles de la cuisse avec des exercices simples, idéalement conseillés par un kinésithérapeute.
- Perdre du poids si nécessaire, même quelques kilos peuvent soulager nettement le genou.
- Éviter les accroupissements répétés, les escaliers en charge et le port de lourdes charges.
- Utiliser une canne du côté opposé au genou douloureux si besoin, pour soulager l'appui.
- Appliquer du froid après l'effort en cas de gonflement, et du chaud pour détendre les muscles.
Traitements médicaux
Votre médecin peut proposer des médicaments contre la douleur ou l'inflammation, toujours adaptés à votre santé et à vos autres traitements : ne prenez rien de votre propre initiative et demandez conseil à votre pharmacien. La kinésithérapie est un pilier du traitement : elle apprend à renforcer le genou et à mieux bouger. Des infiltrations locales, réalisées par un médecin, peuvent aussi être discutées. Des semelles ou une aide à la marche peuvent compléter ces mesures.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
La chirurgie est discutée quand la douleur gêne vraiment la vie quotidienne malgré les autres traitements, et quand les examens montrent une usure limitée à une seule zone du genou, avec des ligaments en bon état. La prothèse partielle consiste à retirer la partie abîmée et à la remplacer par un implant métallique recouvert d'une surface lisse. L'opération dure en général moins longtemps qu'une prothèse totale et la récupération est souvent plus rapide, mais elle demande une rééducation sérieuse. Le choix entre prothèse partielle et totale se décide avec le chirurgien, en tenant compte de votre âge, de votre poids, de votre activité et de l'état de votre genou. Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) encadrent ces pratiques en France.
Vivre avec cette affection
Après l'opération, les premières semaines demandent de la patience : la marche se fait d'abord avec des aides, puis on reprend progressivement. La rééducation, souvent plusieurs séances par semaine au début, est la clé d'un bon résultat. Il est normal d'avoir un genou gonflé et raide les premières semaines, puis les choses s'améliorent petit à petit. La plupart des personnes reprennent une vie active en quelques mois, mais chacun progresse à son rythme.
Conseils de mode de vie
- Reprendre une activité douce et régulière plutôt que des efforts intenses et espacés.
- Privilégier les sports sans chocs : vélo, natation, marche, aquagym.
- Éviter pour un temps les sports de pivot et de contact, selon l'avis du chirurgien.
- Aménager son quotidien : éviter les accroupissements, utiliser un siège plus haut, bien éclairer les escaliers.
- Prévenir les chutes : chaussures stables, tapis bien fixés, barres d'appui si besoin.
Alimentation et exercice
Une alimentation équilibrée aide à garder un poids stable, ce qui diminue la pression sur le genou et sur la prothèse. L'exercice est un allié, pas un ennemi : la marche et le renforcement des cuisses entretiennent la mobilité et la force. Il vaut mieux bouger un peu tous les jours que beaucoup une fois par semaine. En cas de doute sur un exercice, demandez conseil à votre kinésithérapeute.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Une douleur qui dure et une opération peuvent fatiguer moralement, provoquer de l'inquiétude ou un sentiment de dépendance. Ces émotions sont normales et se partagent : en parler à votre médecin, à un proche ou à un professionnel du soutien psychologique peut beaucoup aider. Si vous vous sentez en grande détresse, parlez-en sans attendre à un professionnel de santé.
Prévention
On ne peut pas empêcher complètement l'arthrose, surtout quand elle est liée à l'âge ou aux gènes. En revanche, on peut ralentir son évolution et protéger ses genoux : garder un poids stable, entretenir ses muscles, bouger régulièrement et éviter les gestes qui forcent l'articulation. Une blessure du genou bien soignée et bien rééduquée limite aussi les problèmes futurs.
Vaccins
Aucun vaccin ne protège de l'arthrose du genou. Il reste important d'être à jour dans ses vaccinations générales, en particulier avant une éventuelle opération : parlez-en à votre médecin.
Programmes de dépistage
Il n'existe pas de dépistage organisé de l'arthrose du genou. C'est l'apparition de douleurs ou d'une gêne qui amène à consulter et à faire des radiographies si nécessaire.
Complications
En l'absence de traitement
- La douleur peut s'aggraver et limiter de plus en plus la marche et les gestes du quotidien.
- Le genou peut s'enraidir et perdre de la mobilité.
- L'usure peut s'étendre aux autres zones du genou, ce qui peut ensuite rendre nécessaire une prothèse totale.
- La sédentarité et la prise de poids peuvent s'installer, avec un retentissement sur la santé générale.
- Le risque de chute augmente quand le genou devient instable ou douloureux.
Pronostic à long terme
La grande majorité des personnes opérées constatent une nette amélioration de leur douleur et de leur mobilité, et reprennent leurs activités avec plaisir. Comme toute opération, la prothèse partielle comporte des risques (infection, caillot, raideur, usure de l'implant avec le temps) : l'équipe médicale vous les explique et met tout en place pour les limiter. Un suivi régulier et une bonne rééducation font une vraie différence. Si un jour la prothèse partielle ne suffit plus, une prothèse totale reste possible.
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Sources et recommandations
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Dernière mise à jour: 3 novembre 2026
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