L'urétéroscopie : comprendre cet examen du rein et de l'uretère
Aperçu
L'urétéroscopie est un examen médical qui permet au médecin (un urologue, c'est-à-dire le spécialiste des voies urinaires) de regarder directement à l'intérieur de l'uretère. L'uretère est le petit tuyau qui transporte l'urine du rein vers la vessie. Pour cela, on introduit un tube très fin et souple, terminé par une petite caméra, par les voies naturelles : l'urètre (le conduit qui évacue l'urine vers l'extérieur), puis la vessie, puis l'uretère. Comme il n'y a pas de coupure sur la peau, on parle parfois d'intervention « mini-invasive ». L'urétéroscopie sert le plus souvent à voir et à traiter un calcul (un « caillou ») coincé dans l'uretère ou dans le rein, mais elle peut aussi servir à explorer un rétrécissement, à faire une biopsie (un petit prélèvement) ou à poser une petite sonde interne. Elle se déroule sous anesthésie, le plus souvent en hôpital ou en clinique, et dure généralement entre 30 minutes et une heure.
Faits essentiels
- L'urétéroscopie se fait par les voies naturelles : aucune incision sur la peau n'est nécessaire.
- Elle est le plus souvent réalisée pour retirer ou casser un calcul coincé dans l'uretère ou dans le rein.
- Elle se pratique sous anesthésie générale ou sous anesthésie du bas du corps (rachianesthésie), avec une surveillance adaptée.
- Il est fréquent qu'une fine sonde interne, appelée « sonde JJ » ou « sonde urétérale », soit laissée temporairement en place pour faciliter l'écoulement de l'urine ; elle est retirée plus tard, en consultation.
- La durée de l'hospitalisation est souvent courte, parfois sur une seule journée, mais elle dépend de chaque situation.
Oui, c'est l'une des interventions les plus courantes en urologie. Les calculs urinaires concernent environ une personne sur dix au cours de sa vie en France, et une partie de ces personnes aura besoin d'une urétéroscopie. Des milliers d'urétéroscopies sont réalisées chaque année dans le pays, et les équipes soignantes en ont une grande habitude.
Elle concerne surtout les adultes, le plus souvent entre 30 et 60 ans, et un peu plus fréquemment les hommes que les femmes lorsque la cause est un calcul. Elle peut aussi être proposée à des personnes plus âgées ou ayant d'autres problèmes de santé, après une évaluation attentive. Chez l'enfant, les calculs sont beaucoup plus rares, mais l'urétéroscopie peut être utilisée dans certains cas particuliers par des équipes spécialisées.
Symptômes
- Une douleur du dos ou du côté avec de la fièvre et des frissons : cela peut être une infection associée à une obstruction des voies urinaires, une urgence qui nécessite des soins immédiats. Appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
- L'impossibilité totale d'uriner, avec un ventre très douloureux et gonflé.
- Des vomissements incessants qui empêchent de boire ou de prendre ses médicaments, avec malaise ou vertiges.
- Une douleur insupportable qui ne cède pas malgré les antalgiques conseillés par un professionnel de santé.
- Une confusion, une somnolence inhabituelle, un teint gris ou des sueurs froides, surtout chez une personne âgée.
- Après une urétéroscopie : une fièvre au-dessus de 38,5 °C, des frissons, des douleurs intenses, des urines très rouges avec des caillots ou l'impossibilité d'uriner.
- ⚠Une douleur contrôlée mais qui vous empêche de vaquer à vos occupations et revient sans arrêt.
- ⚠Du sang visible dans les urines qui persiste plus de quelques jours, ou des caillots.
- ⚠Des signes d'infection urinaire (brûlures, envies fréquentes, urines troubles) qui s'aggravent.
- ⚠Un seul rein connu, ou une insuffisance rénale déjà connue : consultez sans attendre, même si la douleur semble supportable.
Symptômes courants
- Une douleur intense dans le bas du dos ou sur le côté (« colique néphrétique »), qui va et vient par vagues et peut descendre vers le bas-ventre ou l'aine.
- Du sang dans les urines, parfois visible à l'œil nu, parfois seulement détecté par une analyse.
- Des envies fréquentes et urgentes d'uriner, une sensation de brûlure en urinant.
- Des nausées ou des vomissements, une sensation de malaise général pendant une crise de douleur.
- Une fièvre ou des frissons, qui peuvent signaler une infection à traiter rapidement.
- Parfois, aucun symptôme : un calcul peut être découvert par hasard lors d'un examen d'imagerie.
Symptômes chez l'enfant
- Une douleur abdominale ou lombaire difficile à localiser, des pleurs inhabituels et une irritabilité.
- Des vomissements ou un refus de manger, sans cause évidente.
- Du sang dans les urines, ou des urines foncées.
- Des infections urinaires à répétition, ou des fuites d'urine nouvelles.
- Chez le nourrisson, une fièvre ou un mauvais état général peuvent être les seuls signes : il faut alors consulter sans attendre.
Symptômes chez les personnes âgées
- Une présentation parfois moins typique : confusion, fatigue inhabituelle, chute ou perte d'appétit plutôt qu'une douleur franche.
- Une fièvre qui peut manquer, ce qui ne veut pas dire que tout va bien.
- Des troubles urinaires difficiles à distinguer d'un problème de prostate déjà connu.
- Un risque plus élevé d'infection grave, d'insuffisance rénale aiguë ou de déshydratation pendant la crise : une évaluation médicale rapide est utile.
Causes
Causes principales
- Un calcul urinaire (un « caillou » de sels minéraux) coincé dans l'uretère ou dans le rein : c'est de loin la situation la plus fréquente.
- Un rétrécissement de l'uretère, qu'il soit présent depuis la naissance, dû à une cicatrice ou à une inflammation.
- Une tumeur des voies urinaires, que l'examen permet de voir et de prélever pour analyse.
- Un caillot de sang ou un corps étranger qui bloque le passage de l'urine.
- Une anomalie de forme ou de position des voies urinaires qui gêne l'écoulement de l'urine.
Facteurs de risque
- Un manque d'hydratation, surtout par temps chaud ou pendant l'effort : des urines trop concentrées favorisent les calculs.
- Des antécédents personnels ou familiaux de calculs urinaires.
- Une alimentation très salée, riche en protéines animales ou en certains aliments.
- Le surpoids et l'obésité.
- Une activité physique insuffisante ou, au contraire, des périodes de transpiration importante sans boire assez.
- Certaines maladies (diabète, goutte, troubles de la thyroïde, infections urinaires à répétition, maladies inflammatoires de l'intestin).
- Une chirurgie ou une radiothérapie dans la région du bassin, ou la pose prolongée d'une sonde dans la vessie.
- Certains médicaments prescrits au long cours, à discuter avec son médecin ou son pharmacien.
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Une fièvre avec une douleur lombaire : appelez le 15 ou le 112 sans attendre.
- Une impossibilité d'uriner, ou une douleur qui devient intolérable.
- Des vomissements qui durent plus de quelques heures et empêchent de boire.
- Du sang dans les urines avec des caillots, ou qui ne cesse pas.
- Après l'urétéroscopie : fièvre, frissons, douleur intense, saignements importants, ou la sonde qui semble bouger ou tomber.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Une douleur lombaire qui revient par crises et vous inquiète.
- Du sang dans les urines, même une seule fois et même sans douleur.
- Des infections urinaires répétées.
- Un antécédent de calculs et l'envie de faire le point sur la prévention.
- Avant une urétéroscopie programmée : posez toutes vos questions sur le déroulement, l'anesthésie, les suites et les arrêts de travail éventuels.
Diagnostic
Le médecin commence par vous écouter : vos douleurs, vos antécédents, vos médicaments. Il examine votre ventre et votre dos, puis prescrit en général des analyses d'urines et de sang, ainsi qu'un examen d'imagerie. C'est l'imagerie qui montre le plus souvent le calcul ou l'anomalie. Si une intervention est nécessaire, l'urologue vous explique pourquoi et comment, et l'urétéroscopie permet à la fois de voir la zone de près et de la traiter dans le même temps. En France, les équipes suivent les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) et des sociétés savantes d'urologie : ces repères aident à choisir l'examen et le traitement les plus adaptés à votre situation.
Tests qui peuvent être effectués
- Analyse d'urines (ECBU) pour chercher du sang, du pus ou des microbes.
- Prise de sang pour vérifier le fonctionnement des reins et le taux de certains minéraux.
- Échographie des reins et des voies urinaires : examen indolore, souvent réalisé en premier.
- Scanner (tomodensitométrie) du ventre et du bassin, le plus souvent sans injection de produit de contraste : c'est l'examen le plus précis pour repérer un calcul.
- Radiographie simple ou autre imagerie, selon les cas et les antécédents.
- L'urétéroscopie elle-même, qui apporte une vision directe et permet de prélever un fragment à analyser si besoin.
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
L'urétéroscopie se déroule au bloc opératoire, sous anesthésie générale ou sous anesthésie du bas du corps. Vous serez à jeun selon les consignes données. L'intervention dure le plus souvent entre 30 minutes et une heure. Au réveil, vous pouvez avoir une petite sonde vésicale, des urines rosées, une sensation de gêne en bas du ventre ou des envies d'uriner fréquentes. Une sonde interne (sonde JJ) peut avoir été posée : elle est invisible de l'extérieur et sera retirée plus tard, en consultation, sans nouvelle anesthésie. La sortie se fait souvent le jour même ou le lendemain, avec des consignes écrites et un numéro à joindre en cas de souci.
Traitement
L'urétéroscopie est à la fois un examen et un soin : dans le même temps, l'urologue peut voir la zone, casser ou retirer un calcul, agrandir un rétrécissement, faire un prélèvement pour analyse ou mettre en place une sonde qui aide l'urine à s'écouler. Elle est proposée quand un calcul ne peut pas partir tout seul, quand il provoque trop de douleur, quand il gêne le rein ou quand il existe un doute sur une anomalie de la paroi. D'autres options existent selon les cas, comme laisser le calcul s'évacuer avec une surveillance et des antalgiques, les ondes de choc (lithotripsie) ou, pour certains gros calculs du rein, une technique passant par un petit orifice dans le dos. Le choix se fait avec votre urologue, en tenant compte de la taille et de la place du calcul, de vos symptômes, de votre état de santé et de vos préférences.
Soins personnels à domicile
- Buvez régulièrement, en petites quantités souvent répétées, selon les consignes de l'équipe : une bonne hydratation aide à éliminer les petits fragments.
- Suivez les consignes écrites remises à la sortie, notamment concernant la reprise de l'alimentation et des activités.
- Prenez les antalgiques prescrits en respectant la prescription, sans en ajouter de votre propre initiative ; en cas de doute, demandez conseil à votre pharmacien.
- Reposez-vous les premiers jours, puis reprenez doucement une activité légère ; évitez les efforts importants et le port de charges lourdes tant que la sonde interne est en place si elle a été posée.
- Surveillez la couleur de vos urines et notez l'apparition de fièvre, de douleurs nouvelles ou de difficultés à uriner.
- Respectez les rendez-vous de suivi et celui prévu pour le retrait de la sonde interne : c'est important.
- En cas de doute sur une consigne, appelez le service qui vous a pris en charge plutôt que d'attendre.
Traitements médicaux
Il n'existe pas de médicament capable de faire disparaître un calcul déjà formé. Les traitements médicaux servent surtout à soulager la douleur, à lutter contre une infection s'il y en a une, à limiter les nausées, et parfois à aider un petit calcul à s'évacuer plus facilement. Certains traitements de fond peuvent aussi être proposés ensuite pour réduire le risque de récidive, en fonction de la composition du calcul analysé et de vos analyses de sang et d'urines. Votre médecin ou votre urologue choisira avec vous ce qui est adapté : ne prenez jamais un médicament conseillé pour quelqu'un d'autre.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
L'urétéroscopie est proposée lorsque la situation le justifie : un calcul qui ne s'évacue pas, une douleur que l'on ne parvient pas à soulager correctement, un retentissement sur le rein, une infection associée à un blocage, ou un doute sur une lésion de la paroi des voies urinaires. En urgence, elle peut être indiquée pour lever rapidement une obstruction compliquée. Dans d'autres cas, elle est programmée à froid, après un bilan complet. C'est toujours une décision discutée avec vous, en tenant compte des bénéfices attendus et des risques.
Vivre avec cette affection
Les premiers jours, il est fréquent d'avoir des urines un peu rosées, des envies d'uriner plus fréquentes et une gêne dans le bas du ventre ou sur le côté. Ces sensations diminuent généralement en quelques jours. Si une sonde interne a été posée, elle peut provoquer de légères gênes en urinant ou de petites traces de sang, surtout après un effort : c'est connu et suivi lors de la consultation de retrait. Notez ce qui se passe et n'hésitez pas à appeler le service en cas de doute. La plupart des personnes reprennent leurs activités habituelles assez vite, en suivant les consignes données à la sortie.
Conseils de mode de vie
- Boire suffisamment tout au long de la journée, en adaptant selon la chaleur et l'activité : des urines claires sont un bon repère.
- Limiter le sel ajouté et les aliments très salés (charcuterie, plats préparés, fromages très salés).
- Garder une alimentation variée et équilibrée, sans supprimer un groupe d'aliments sans avis médical.
- Bouger régulièrement, à votre rythme, en reprenant progressivement après l'intervention.
- Signaler à votre médecin tout médicament pris sans ordonnance, y compris les compléments alimentaires et les produits à base de plantes.
Alimentation et exercice
Il n'existe pas de régime unique qui convienne à tout le monde : les conseils dépendent de la composition du calcul et de vos analyses. De façon générale, une alimentation équilibrée, pas trop salée, avec une bonne hydratation et une activité physique régulière, est utile pour tout le monde. Après l'intervention, reprenez le mouvement progressivement, en évitant les efforts intenses et le port de charges lourdes tant que la sonde interne est en place si elle a été posée. Si vous avez un suivi avec un médecin nutritionniste ou un diététicien, c'est l'occasion de poser vos questions concrètes.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Il est normal de se sentir anxieux avant une intervention, ou de s'inquiéter d'une douleur qui revient. La peur de la récidive, la fatigue et les rendez-vous médicaux peuvent aussi peser sur le moral. Parlez-en : votre médecin, votre urologue, votre infirmière ou votre pharmacien peuvent vous écouter et vous orienter. Si vous vous sentez en détresse, ou si vous avez des pensées sombres, contactez sans attendre un professionnel de santé ou un service de soutien psychologique. En France, le numéro national de prévention du suicide, le 3114, est joignable jour et nuit, gratuitement.
Prévention
On ne peut pas toujours éviter d'avoir un jour besoin d'une urétéroscopie, mais on peut réduire le risque de calculs urinaires et de récidive. Les gestes les plus utiles sont simples : boire suffisamment, limiter le sel, garder une alimentation équilibrée et une activité physique régulière. Si vous avez déjà eu un calcul, parlez-en avec votre médecin : une analyse du calcul et des urines peut permettre des conseils plus personnalisés.
Programmes de dépistage
Il n'existe pas de dépistage systématique des calculs urinaires pour toute la population. En revanche, si vous avez des antécédents, votre médecin peut proposer une surveillance adaptée (analyses d'urines, imagerie de contrôle) pour repérer tôt une récidive ou vérifier le bon fonctionnement des reins. En France, la Haute Autorité de santé (HAS) publie des repères sur le bon usage des examens d'imagerie : votre médecin choisit l'examen le plus utile, en évitant ceux qui ne sont pas nécessaires.
Complications
En l'absence de traitement
- Un calcul coincé peut bloquer l'écoulement de l'urine et faire gonfler le rein, ce qui peut l'abîmer à la longue.
- Une infection peut se développer en amont du blocage et devenir grave : c'est une urgence.
- Les crises de douleur peuvent se répéter et retentir sur le sommeil, le travail et la vie quotidienne.
- Le calcul peut grossir avec le temps et devenir plus difficile à traiter.
- Une obstruction prolongée peut, dans certains cas, réduire durablement le fonctionnement du rein.
Pronostic à long terme
Dans la grande majorité des cas, l'urétéroscopie se passe bien et permet de régler le problème : les calculs sont retirés ou évacués, la douleur s'apaise et la vie reprend son cours. Comme tout geste médical, elle comporte des risques, rares le plus souvent : petite infection, saignement, irritation ou rétrécissement de l'uretère, et parfois la nécessité d'une seconde intervention. Votre urologue vous expliquera ce qui est le plus probable dans votre situation. Le suivi, une bonne hydratation et les conseils de prévention font beaucoup pour limiter les récidives.
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Dernière mise à jour: 3 novembre 2026
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