Reprise de prothèse de hanche
Aperçu
Une prothèse de hanche est un implant placé dans l'articulation pour remplacer une hanche abîmée. Avec les années, cet implant peut s'user, se desserrer, s'infecter ou devenir douloureux. La « reprise de prothèse de hanche » est l'opération qui consiste à retirer tout ou une partie de l'ancienne prothèse et à la remplacer par une nouvelle. Le mot « reprise » signifie simplement « seconde opération sur la même hanche ». C'est une chirurgie plus longue et plus délicate qu'une première pose, mais elle est bien maîtrisée par les équipes spécialisées.
Faits essentiels
- Une prothèse de hanche dure souvent entre 15 et 25 ans, parfois plus longtemps.
- Avoir une prothèse ne veut pas dire qu'on devra un jour être réopéré : beaucoup d'implants ne sont jamais repris.
- La reprise est une opération plus complexe que la première pose, réalisée par un chirurgien orthopédiste expérimenté.
- Après l'opération et la rééducation, la plupart des personnes marchent de nouveau avec moins de douleurs.
- Il n'existe pas de traitement qui « répare » une prothèse usée : seule une nouvelle opération peut la remplacer.
C'est une chirurgie de plus en plus fréquente, parce que de nombreuses prothèses ont été posées ces dernières décennies et que les patients vivent plus longtemps avec leur implant. Elle reste cependant minoritaire par rapport au nombre total de prothèses posées chaque année en France.
Elle concerne surtout des personnes de plus de 60 ans opérées il y a longtemps d'une première prothèse. Elle peut aussi concerner des personnes plus jeunes et actives, dont la prothèse s'use plus vite, ou des personnes ayant eu une infection ou une fracture autour de l'implant.
Symptômes
- Fièvre élevée associée à une hanche rouge, chaude, très gonflée et très douloureuse (possible infection de la prothèse)
- Impossibilité totale de poser le pied après une chute, avec une jambe déformée ou raccourcie (possible luxation ou fracture)
- Essoufflement soudain, douleur dans la poitrine, toux avec du sang ou jambe brutalement gonflée et douloureuse (possible caillot dans les veines ou les poumons)
- Plaie ou cicatrice qui laisse couler du pus, ou une ouverture de la cicatrice
- Malaise grave, perte de connaissance ou confusion inhabituelle
- ⚠Douleur de hanche qui s'aggrave très vite en quelques jours
- ⚠Blocage complet de la hanche, impossible de la bouger
- ⚠Rougeur ou chaleur qui s'étend autour de la cicatrice, même ancienne
- ⚠Chute avec douleur persistante, même si vous arrivez encore à marcher
- ⚠Frissons ou fièvre modérée dans les semaines qui suivent une opération
Symptômes courants
- Une douleur dans l'aine ou à l'extérieur de la cuisse, parfois descendue jusqu'au genou
- Une douleur qui revient alors qu'elle avait disparu depuis des années
- Une douleur qui réveille la nuit ou qui gêne pour s'endormir
- Une boiterie ou une sensation de jambe plus courte
- Une raideur de la hanche, des difficultés à mettre ses chaussettes ou à se baisser
- Une sensation d'instabilité, comme si la hanche « lâchait »
- Des bruits inhabituels : cliquetis, craquements, grincements
- Un gonflement ou une chaleur autour de la hanche
- Une baisse de la distance de marche, un besoin croissant d'une canne
Symptômes chez les personnes âgées
- Une douleur parfois moins bien localisée, décrite comme une gêne diffuse de la hanche ou du bassin
- Une perte d'envie de marcher, de sortir, ou une peur de tomber
- Des chutes à répétition ou une perte d'équilibre
- Une fatigue générale et une perte d'autonomie pour les gestes du quotidien
- Parfois une confusion ou un état général qui se dégrade, surtout en cas d'infection
Causes
Causes principales
- L'usure naturelle des matériaux de la prothèse, notamment la pièce en plastique qui sert de coussinet
- Le descellement : la prothèse n'est plus parfaitement fixée à l'os
- Une infection de la prothèse, parfois des années après la pose
- Une instabilité avec des luxations répétées (la hanche « sort » de son logement)
- Une fracture de l'os autour de l'implant, souvent après une chute
- Une réaction de l'organisme aux fines particules libérées par l'usure, qui peut abîmer l'os
- Un positionnement ou une taille d'implant inadaptés
- Une usure accélérée par un poids élevé ou une activité physique à fort impact
Facteurs de risque
- Avoir été opéré jeune : plus l'implant sert longtemps, plus il s'use
- Un surpoids important, qui augmente les contraintes sur la hanche
- Une activité physique avec des chocs répétés (course, sports de saut)
- Le tabagisme, qui ralentit la cicatrisation et favorise les complications
- Le diabète ou d'autres maladies chroniques
- Une ostéoporose ou un os fragile
- Un antécédent d'infection de la hanche ou une infection à distance mal soignée
- Une première prothèse posée après une fracture, situation plus à risque de descellement
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Fièvre, frissons ou plaie qui suinte après une opération de hanche
- Douleur brutale et intense empêchant de marcher
- Sensation que la hanche s'est déboîtée, jambe bloquée en position anormale
- Gonflement douloureux d'une jambe, essoufflement ou douleur thoracique
- Chute avec impossibilité de se relever
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Une douleur de hanche qui revient ou qui augmente progressivement
- Une boiterie nouvelle ou qui s'aggrave
- Une raideur qui limite les gestes du quotidien
- Des bruits inhabituels dans la hanche
- Un besoin croissant d'aide à la marche
- Un suivi annuel ou tous les deux ans de votre prothèse, même sans douleur
Diagnostic
Le diagnostic commence par une conversation et un examen : votre médecin ou le chirurgien vous interroge sur le début des douleurs, votre marche, vos activités, et il examine la hanche, la cicatrice, la force des muscles et votre façon de marcher. Une radiographie de la hanche est presque toujours demandée pour comparer avec les clichés précédents et voir si l'implant a bougé. Si une infection est soupçonnée, des examens complémentaires sont réalisés. Dans tous les cas, c'est un faisceau d'indices qui permet de décider, avec vous, de la suite.
Tests qui peuvent être effectués
- Radiographies de la hanche, comparées aux précédentes
- Scanner (tomodensitométrie) pour mieux voir l'os autour de l'implant
- Prise de sang avec des marqueurs d'inflammation
- Ponction de l'articulation : on prélève un peu de liquide pour rechercher une infection
- Parfois une scintigraphie ou une imagerie spécialisée
- Bilan préopératoire si une opération est envisagée : cœur, poumons, anesthésie
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
Les examens sont indolores pour la plupart, sauf la ponction, réalisée sous anesthésie locale. Leur but n'est pas de vous inquiéter, mais de comprendre précisément ce qui gêne : usure simple, descellement, infection ou instabilité. C'est cette précision qui permet de choisir le bon traitement. Il est utile d'apporter vos anciennes radiographies et la carte ou le compte rendu de votre première prothèse si vous les avez.
Traitement
Toutes les prothèses qui s'usent ne nécessitent pas une nouvelle opération. Quand la gêne reste supportable, on peut souvent surveiller, soulager la douleur, renforcer les muscles et adapter ses activités pendant des années. La reprise chirurgicale est proposée lorsque la douleur ou le handicap deviennent importants, ou lorsqu'il existe un problème qui abîme l'os, comme une infection ou un descellement évolutif.
Soins personnels à domicile
- Faire des exercices de renforcement musculaire, idéalement avec un kinésithérapeute
- Maintenir une activité douce et régulière : marche, vélo d'appartement, natation
- Éviter les sports avec chocs et sauts, qui accélèrent l'usure
- Utiliser une canne du côté opposé à la hanche douloureuse si elle aide à marcher
- Aménager le domicile pour éviter les chutes : éclairage, tapis retirés, barres d'appui
- Soigner son poids, sans régime extrême, avec l'aide d'un professionnel si besoin
- Noter l'évolution de la douleur et de la marche pour en parler au médecin
Traitements médicaux
Il n'existe pas de médicament capable de réparer une prothèse usée ou descellée. La prise en charge repose sur le soulagement de la douleur avec des traitements prescrits par votre médecin, sur la kinésithérapie pour entretenir la mobilité et la force, et sur l'adaptation des activités. Votre pharmacien peut vous conseiller sur la bonne utilisation de vos traitements et sur les précautions à prendre. En cas d'infection suspectée, le médecin décidera des examens et de la stratégie adaptée. Aucun de ces traitements ne remplace l'avis d'un professionnel de santé : ne prenez jamais un médicament sans prescription, et ne modifiez pas seul un traitement en cours.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
Une reprise de prothèse est envisagée lorsque la douleur ou la perte de mobilité retentissent nettement sur la vie quotidienne malgré un traitement bien conduit, lorsque les radios montrent un descellement ou une usure importante, lorsqu'une infection est confirmée, en cas de luxations répétées, ou lorsqu'une fracture ou une destruction osseuse menace la solidité de la hanche. La décision se prend toujours ensemble, chirurgien, médecin traitant et patient, en pesant les bénéfices attendus et les risques de l'opération.
Vivre avec cette affection
Après une reprise de prothèse, la récupération demande plus de temps que pour une première pose. Les premiers jours, vous marchez avec des aides et parfois avec un appareil de protection selon le type d'implant. La marche se fait progressivement, avec des séances de rééducation régulières pendant plusieurs semaines ou mois. La fatigue est fréquente les premières semaines : c'est normal, il faut s'accorder du temps. La conduite, le travail et la reprise des activités sont décidés avec le chirurgien, en fonction de votre métier et de votre récupération.
Conseils de mode de vie
- Suivre la rééducation avec régularité : c'est le facteur le plus important pour bien marcher
- Reprendre une activité douce dès que le chirurgien l'autorise, sans forcer
- Éviter les mouvements qui font « sortir » la hanche tant que la consigne est donnée
- Prévenir les chutes : bonnes chaussures, domicile dégagé, éclairage suffisant
- Signaler tout signe inhabituel au chirurgien ou au médecin traitant
- Conserver un suivi régulier de la prothèse, même quand tout va bien
Alimentation et exercice
Une alimentation équilibrée, riche en protéines, en calcium et en vitamine D, aide à garder des os solides et des muscles en forme : c'est important pour tenir un implant. L'activité physique la plus adaptée est celle qui ne fait pas mal : marche quotidienne, vélo, natation, gymnastique douce. Les sports de contact et de saut sont généralement déconseillés avec une prothèse. Si vous avez des questions sur votre alimentation, un médecin ou un diététicien peut vous orienter.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Il est très fréquent de se sentir anxieux avant une reprise de prothèse, puis frustré par la lenteur de la récupération. Certaines personnes redoutent de retomber, dorment mal ou se sentent isolées pendant les semaines de rééducation. Ces émotions sont normales et elles se parlent : votre médecin, votre kinésithérapeute ou un psychologue peuvent vous accompagner. Si vous vous sentez en détresse ou si vous avez des pensées sombres, parlez-en sans attendre à un professionnel de santé, et n'hésitez pas à contacter le numéro national de prévention du suicide (3114 en France, gratuit, 24h/24). En cas d'urgence vitale, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
Prévention
On ne peut pas empêcher à coup sûr l'usure d'une prothèse : c'est en partie le prix du temps qui passe. Mais on peut ralentir cette usure et repérer tôt les problèmes. Cela passe par un poids équilibré, une activité physique régulière sans chocs répétés, des os et des muscles entretenus, un suivi médical de la prothèse et une attention aux infections, notamment dentaires ou urinaires, qui doivent être soignées rapidement. Parlez aussi à votre chirurgien avant certains soins dentaires : il vous dira s'il faut des précautions particulières.
Vaccins
Il n'existe pas de vaccin contre l'usure d'une prothèse. En revanche, être à jour de ses vaccinations selon les recommandations de votre médecin est utile, car certaines infections peuvent, dans de rares cas, atteindre une prothèse. Demandez conseil à votre médecin traitant ou à votre pharmacien pour savoir ce qui est recommandé pour vous, en particulier avant une chirurgie.
Programmes de dépistage
Il n'y a pas de dépistage organisé de l'usure des prothèses. Le suivi joue ce rôle : une consultation et parfois une radiographie tous les un à deux ans, ou plus espacées si tout va bien, permettent de surveiller l'implant et de repérer un descellement débutant avant qu'il n'abîme l'os.
Complications
En l'absence de traitement
- Une douleur qui augmente progressivement et finit par limiter la marche
- Une perte de mobilité et d'autonomie, avec un risque de chute plus élevé
- Une perte d'os autour de l'implant, qui rend la future opération plus difficile
- Une luxation de la hanche, parfois répétée
- Une fracture autour de la prothèse
- Une infection chronique de la prothèse, qui peut devenir difficile à traiter
- Un retentissement sur le moral, le sommeil et la vie sociale
Pronostic à long terme
La reprise de prothèse de hanche est une opération sérieuse, mais elle donne de bons résultats chez la grande majorité des patients : la douleur diminue nettement, la marche s'améliore et beaucoup de personnes retrouvent une vie active et plus autonome. La récupération est plus longue que pour une première prothèse, et il faut parfois accepter quelques limites. Les résultats sont généralement durables. Votre chirurgien pourra vous parler de son expérience et des résultats attendus dans votre situation précise, pour que vous décidiez en confiance.
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Dernière mise à jour: 3 novembre 2026
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