Athérectomie des jambes : déboucher une artère bouchée
Aperçu
L'athérectomie est un geste médical qui consiste à retirer ou à « raboter » la plaque de graisse et de calcium qui bouche une artère, le plus souvent dans les jambes. Elle est proposée quand ces dépôts (on parle de plaques d'athérosclérose) réduisent trop le passage du sang et provoquent des douleurs ou des plaies. Le médecin ne fait pas une grande ouverture : il pique l'artère, généralement au pli de l'aine, et fait glisser un fin tuyau souple (un cathéter) jusqu'à l'endroit bouché. Au bout de ce tuyau se trouve un petit dispositif qui fragmente et évacue la plaque. On parle aussi d'« athérectomie par cathéter » ou d'« endartériectomie percutanée ». Le chiffre 17310 que vous avez peut-être vu est un code utilisé dans les documents médicaux pour désigner ce type de geste : ce n'est pas une maladie. La maladie traitée s'appelle l'artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), c'est-à-dire un rétrécissement des artères qui nourrissent les jambes.
Faits essentiels
- Le but du geste est de rétablir la circulation du sang vers la jambe et le pied, pour soulager la douleur et aider les plaies à cicatriser.
- Il se fait le plus souvent sous anesthésie locale, par une simple piqûre au pli de l'aine (parfois au poignet), sans grande cicatrice.
- C'est un geste courant en France, réalisé par une équipe de radiologie interventionnelle ou de chirurgie vasculaire, avec une courte hospitalisation dans la plupart des cas.
- Après le geste, un suivi régulier et une bonne hygiène de vie restent indispensables : l'athérectomie débouche l'artère, elle ne guérit pas la maladie des artères elle-même.
Oui, c'est un geste fréquent. Les rétrécissements des artères des jambes touchent surtout les personnes de plus de 60 ans, et les techniques par cathéter (dont l'athérectomie) font partie des traitements proposés en France lorsque les symptômes gênent la vie quotidienne ou menacent le pied.
L'athérectomie concerne des adultes, généralement après 50-60 ans, qui ont des artères rétrécies par les dépôts de graisse. Elle est plus fréquente chez les personnes qui fument ou qui ont fumé, chez les personnes diabétiques, et chez celles qui ont une tension artérielle élevée, un cholestérol élevé ou des problèmes de reins. Elle est très rare chez l'enfant et l'adulte jeune, sauf situation particulière (maladie rare des artères, malformation).
Symptômes
- Une jambe ou un pied qui devient brutalement froid, très pâle et très douloureux, avec perte de sensibilité ou impossibilité de bouger le pied : cela peut être une artère bouchée d'un coup (ischémie aiguë). Appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112.
- Un pied ou des orteils qui deviennent noirs ou bleu foncé, avec douleur intense : urgence absolue, appelez le 15 ou le 112.
- Après un geste sur une artère : un saignement important au point de piqûre qui ne s'arrête pas, ou une douleur thoracique, un malaise ou un essoufflement inhabituel — appelez le 15 ou le 112.
- ⚠Une douleur de repos nouvelle, surtout la nuit, qui ne cède pas.
- ⚠Une plaie du pied qui apparaît ou s'aggrave, avec rougeur, chaleur ou écoulement.
- ⚠Une rougeur, un gonflement ou de la fièvre au point de piqûre après le geste.
- ⚠Une jambe qui gonfle, devient chaude et douloureuse dans les jours qui suivent le geste.
- ⚠Une douleur qui augmente fortement dans la jambe après l'intervention, avec un pied qui devient plus froid.
Symptômes courants
- Une douleur ou une crampe dans le mollet, la cuisse ou la fesse qui apparaît à la marche et disparaît en quelques minutes à l'arrêt (les médecins parlent de « claudication intermittente »).
- Une distance de marche qui diminue avec le temps : on s'arrête de plus en plus vite.
- Des jambes ou des pieds souvent froids, une peau pâle, fine et luisante, des poils qui disparaissent sur le bas de la jambe.
- Des ongles des pieds fragiles et une peau qui sèche ou se fissure.
- Une douleur dans le pied ou les orteils au repos, parfois la nuit, qui oblige à se lever ou à laisser pendre la jambe.
- Des plaies ou des petites blessures des pieds qui cicatrisent mal ou très lentement.
Symptômes chez l'enfant
- L'artériopathie des jambes est exceptionnelle chez l'enfant.
- Toute douleur du mollet à la marche, toute jambe qui reste froide ou pâle, ou tout retard de croissance d'un membre chez un enfant doit être signalé à un médecin.
- Certaines maladies rares des artères ou des malformations peuvent se voir chez l'enfant : elles sont prises en charge par des équipes spécialisées.
Symptômes chez les personnes âgées
- Les symptômes peuvent être moins typiques : essoufflement, fatigue, difficulté à marcher attribuée à l'âge ou aux articulations.
- Une douleur de hanche, de genou ou de dos peut masquer une artère bouchée.
- Les plaies des pieds sont plus fréquentes et cicatrisent moins bien, surtout en cas de diabète.
- Une perte d'autonomie ou une chute peut être le premier signe d'une circulation insuffisante.
- Chez les personnes âgées, le risque d'atteinte grave du pied justifie un avis médical rapide dès les premiers signes.
Causes
Causes principales
- L'athérosclérose : des dépôts de graisse, de cholestérol et de calcium se forment dans la paroi des artères et réduisent le passage du sang.
- Une inflammation chronique de la paroi des artères, liée notamment au tabac et au diabète.
- Plus rarement, d'autres maladies des artères, des séquelles de radiothérapie ou des malformations vasculaires.
- Un caillot qui se forme sur une plaque abîmée et bouche brutalement l'artère (ischémie aiguë).
Facteurs de risque
- Le tabac, y compris la cigarette électronique et le tabac chauffé : c'est le facteur de risque le plus important.
- Le diabète, surtout s'il est ancien ou mal équilibré.
- Une tension artérielle élevée.
- Un taux de cholestérol élevé dans le sang.
- L'âge (surtout après 60 ans) et des antécédents familiaux de maladies des artères ou du cœur.
- Une maladie des reins, surtout à un stade avancé.
- Le manque d'activité physique, le surpoids et une alimentation riche en graisses saturées et en sel.
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Vous avez une douleur dans le pied au repos ou la nuit.
- Vous avez une plaie du pied ou des orteils qui ne cicatrise pas.
- Votre jambe ou votre pied change brutalement de couleur, de température ou de sensibilité.
- Vous avez été opéré récemment d'une artère et vous avez de la fièvre, une rougeur, un gonflement ou un saignement au point de piqûre.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Vous avez des crampes dans le mollet à la marche qui reviennent régulièrement.
- Vous remarquez que vous marchez moins longtemps qu'avant sans savoir pourquoi.
- Vous avez les pieds souvent froids, pâles, avec une peau qui sèche ou des ongles fragiles.
- Vous êtes diabétique, fumeur ou avez plus de 60 ans : parlez du dépistage des artères des jambes avec votre médecin, même sans symptôme.
Diagnostic
Le diagnostic commence par une consultation : le médecin vous interroge sur votre marche, vos douleurs, vos habitudes de vie, puis examine les pouls de vos jambes et de vos pieds et regarde l'état de votre peau. Un examen simple et indolore, l'index de pression systolique (IPS), compare la tension artérielle à la cheville et au bras : c'est souvent lui qui confirme le rétrécissement des artères. Ensuite, une échographie des artères (écho-Doppler) montre où le sang passe mal. Si un geste est envisagé, un scanner ou une IRM des artères permet de voir précisément la zone bouchée. C'est le médecin qui décide si une athérectomie est adaptée à votre situation, en en discutant avec vous.
Tests qui peuvent être effectués
- Examen clinique : palpation des pouls, aspect de la peau et des pieds, test de marche.
- Index de pression systolique (IPS) : mesure de la tension à la cheville avec un brassard et une sonde, sans douleur.
- Écho-Doppler des artères des jambes : échographie qui montre le sang qui circule dans les artères.
- Angio-scanner ou angio-IRM : images détaillées des artères pour préparer un éventuel geste.
- Parfois une artériographie : examen des artères avec un produit de contraste, réalisé pendant le geste.
- Bilans associés : glycémie (sucre dans le sang), cholestérol, tension artérielle, fonction des reins.
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
Ces examens sont indolores ou très peu gênants. L'écho-Doppler se fait allongé, avec un peu de gel froid sur la peau. L'IPS prend quelques minutes. Le scanner et l'IRM demandent de rester immobile un moment ; prévenez l'équipe si vous avez peur des espaces clos, si vous êtes enceinte ou si vous avez un stimulateur cardiaque. Vous pouvez venir accompagné et poser toutes vos questions : rien ne se fait sans votre accord.
Traitement
Le traitement a trois objectifs : soulager vos douleurs, protéger votre pied et réduire le risque de problèmes cardiaques ou vasculaires ailleurs dans le corps. On commence toujours par les mesures de mode de vie et les médicaments prescrits par votre médecin ; si cela ne suffit pas, une technique pour déboucher l'artère est envisagée. L'athérectomie fait partie de ces techniques, avec l'angioplastie au ballonnet et le stent (petit ressort métallique qui maintient l'artère ouverte). Le choix se fait au cas par cas, en équipe, et avec vous.
Soins personnels à domicile
- Arrêter complètement le tabac : c'est la mesure la plus efficace, et il existe des aides pour y arriver (parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien).
- Marcher régulièrement, à votre rythme, en vous arrêtant quand la douleur arrive puis en repartant : ce « entraînement à la marche » améliore souvent la distance parcourue.
- Examiner ses pieds chaque jour (dessus, dessous, entre les orteils) et signaler toute plaie ou rougeur inhabituelle.
- Laver les pieds à l'eau tiède, bien sécher, hydrater la peau, couper les ongles droit sans entailler la peau.
- Porter des chaussures confortables, fermées, sans couture intérieure agressive ; ne jamais marcher pieds nus, même à la maison.
- Éviter de s'approcher d'une source de chaleur (bouillotte, radiateur, bain très chaud) et ne pas se couper les cornes soi-même.
- Prendre ses traitements et ses rendez-vous de suivi sans les interrompre, même si l'on se sent mieux.
Traitements médicaux
Votre médecin peut prescrire des médicaments qui agissent sur les causes : ceux qui réduisent la formation de caillots, ceux qui baissent la tension artérielle, ceux qui font baisser le cholestérol, et pour les personnes diabétiques un bon contrôle du sucre dans le sang. D'autres médicaments peuvent aider à soulager la douleur à la marche. Ces traitements sont décidés et ajustés par votre médecin, qui tient compte de vos autres maladies et de vos traitements en cours ; certains sont à prendre au long cours. Ne modifiez jamais un traitement seul, et n'arrêtez pas un médicament sans avis médical. Les techniques pour déboucher l'artère (athérectomie, ballonnet, stent) se décident avec l'équipe vasculaire.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
Une intervention est discutée quand le traitement médical bien suivi ne suffit plus : douleur qui limite fortement la marche, douleur de repos, plaie qui ne cicatrise pas. L'athérectomie et les autres techniques par cathéter se font le plus souvent sous anesthésie locale, avec une courte hospitalisation. Après le geste, il faut souvent rester allongé quelques heures et boire suffisamment. Un traitement pour fluidifier le sang et un suivi rapproché sont fréquemment prescrits pendant un temps. Votre équipe vous expliquera exactement ce qui est prévu pour vous.
Vivre avec cette affection
Vivre avec des artères des jambes rétrécies demande surtout de la régularité : marcher un peu chaque jour, surveiller ses pieds, prendre ses traitements et honorer les rendez-vous de suivi (souvent une fois par an, parfois plus). Beaucoup de personnes constatent une nette amélioration de leur confort après un geste comme l'athérectomie, mais les gestes de prévention restent indispensables pour que l'artère reste ouverte le plus longtemps possible. Notez dans un carnet vos distances de marche et vos douleurs : cela aide beaucoup le médecin à suivre l'évolution.
Conseils de mode de vie
- Arrêter le tabac, avec l'aide d'un professionnel si besoin.
- Bouger un peu tous les jours, même par petites séances, en adaptant l'effort à vos douleurs.
- Garder un poids stable et limiter l'alcool.
- Soigner ses pieds quotidiennement et choisir de bonnes chaussures.
- Bien dormir et gérer le stress, qui pèse sur la tension artérielle.
- Faire vérifier régulièrement sa tension, son sucre et son cholestérol.
Alimentation et exercice
Côté alimentation, privilégiez les légumes, les fruits, les légumineuses, les céréales complètes, le poisson et les huiles végétales (comme l'huile d'olive), et limitez les produits gras, salés et très sucrés ainsi que les charcuteries. Côté mouvement, la marche est l'activité la plus étudiée pour les artères des jambes : commencez par des séances courtes, plusieurs fois par semaine, en vous arrêtant quand la douleur arrive et en repartant quand elle passe. Un kinésithérapeute ou un professionnel de l'activité physique adaptée peut vous accompagner. En cas de douleur thoracique, de malaise ou d'essoufflement anormal pendant l'effort, arrêtez-vous et demandez un avis médical.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Il est normal de se sentir inquiet, fatigué ou découragé quand marcher devient difficile ou quand on apprend qu'on a des artères abîmées. Certaines personnes ont peur de perdre leur autonomie ou de devenir un poids pour leurs proches. Ces émotions méritent d'être dites : parlez-en à votre médecin, qui peut vous orienter vers un psychologue ou un groupe de patients. Si vous vous sentez très triste, anxieux, ou si vous avez des pensées sombres, ne restez pas seul : parlez-en à un professionnel de santé et, en cas d'urgence, appelez le 15 (SAMU) ou le 112, ou rendez-vous aux urgences les plus proches.
Prévention
En grande partie, oui. L'artériopathie des jambes est liée à des facteurs sur lesquels on peut agir : arrêter le tabac, équilibrer son alimentation, bouger régulièrement, surveiller sa tension, son cholestérol et son sucre, et garder un poids stable. Ces mesures protègent aussi le cœur et le cerveau. Si vous avez déjà eu un geste sur une artère, elles restent la meilleure façon de protéger le résultat.
Vaccins
Certaines vaccinations, comme celles contre la grippe et les infections à pneumocoque, sont recommandées chez les personnes âgées et chez les personnes diabétiques ou fragiles. Demandez à votre médecin ou à votre pharmacien si elles vous concernent.
Programmes de dépistage
Chez les personnes à risque (diabète, tabagisme, âge avancé, antécédents familiaux), un simple examen des pouls et une mesure de la tension à la cheville (IPS) permettent de repérer tôt une artère rétrécie, avant même les symptômes. La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande ce repérage chez les personnes à risque ; parlez-en lors d'une consultation de routine. Un dépistage précoce permet d'agir avant l'apparition des douleurs ou des plaies.
Complications
En l'absence de traitement
- Aggravation de la douleur : la distance de marche diminue, puis la douleur apparaît au repos et la nuit.
- Plaies des pieds ou des orteils qui ne cicatrisent pas, infection locale.
- Apparition d'une zone noire (nécrose) pouvant conduire à une amputation dans les cas les plus graves.
- Risque plus élevé d'infarctus du myocarde et d'accident vasculaire cérébral, car les artères du cœur et du cerveau peuvent être touchées de la même façon.
- Perte d'autonomie et retentissement sur la vie sociale et le moral.
Pronostic à long terme
Le pronostic est généralement bon lorsque la maladie est prise en charge tôt et suivie régulièrement. Beaucoup de personnes voient leurs douleurs diminuer nettement grâce à la marche, aux traitements et, si nécessaire, à un geste comme l'athérectomie. Le suivi et les habitudes de vie restent la clé pour que les artères restent le plus ouvertes possible. Votre équipe médicale est là pour adapter le traitement au fil du temps : n'hésitez jamais à lui faire part de l'évolution de vos symptômes.
Trouver du soutien
Les liens externes ouvrent des sites tiers. Ruqelo n'est pas responsable du contenu externe. La mention d'une organisation ne signifie pas qu'elle est approuvée.
Vérifiez toujours avec votre médecin
Les recommandations de santé diffèrent selon le pays et la région. Cette page est une information générale et peut ne pas correspondre aux recommandations, médicaments ou pratiques de l'endroit où vous vivez. Discutez de vos préoccupations avec votre médecin ou un professionnel de santé, et suivez les recommandations locales lorsqu'elles existent.
Avis important Ces informations sont fournies à titre éducatif uniquement. Elles ne remplacent pas les conseils médicaux, le diagnostic ou le traitement d'un professionnel. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié au sujet de votre situation spécifique. En cas d'urgence médicale, appelez immédiatement les services d'urgence locaux.
Affections liées
Sources et recommandations
Aucune recommandation ne nomme ce sujet
Aucune recommandation de santé ni chapitre clinique qui nomme exactement ce sujet n'est cité ici. Cette page est destinée uniquement à l'éducation et à l'information générales. Elle n'est pas un diagnostic, un plan de traitement ni un avis médical personnel. Vérifiez auprès de votre médecin et suivez ses conseils. Si les symptômes sont graves, soudains ou inquiétants, consultez rapidement et appelez le numéro d'urgence local en cas d'urgence. Ruqelo LLC n'est pas responsable des conséquences médicales ou juridiques des décisions fondées sur ces informations.
Dernière mise à jour: 3 novembre 2026
Note éducative: Ces informations sont uniquement à titre éducatif et ne constituent pas un diagnostic.
Utilisez-les pour compléter, et non remplacer, l'avis d'un professionnel de santé.
Si les symptômes sont graves, s'aggravent ou sont urgents, appelez le numéro d'urgence local ou consultez en urgence.
Guidance may differ by country or region. Confirm local recommendations with a qualified healthcare provider.