Don de cellules souches du sang
Aperçu
Les cellules souches du sang sont des cellules « jeunes », fabriquées dans la moelle osseuse — le tissu spongieux à l'intérieur des os. Elles ont la capacité de devenir toutes les cellules du sang : les globules rouges (qui transportent l'oxygène), les globules blancs (qui défendent l'organisme) et les plaquettes (qui arrêtent les saignements). Faire un don de cellules souches, c'est prélever une petite partie de ces cellules chez une personne en bonne santé, pour les transfuser à une personne malade dont la moelle osseuse ne fonctionne plus correctement. On entend souvent l'expression « greffe de moelle osseuse », mais aujourd'hui le prélèvement se fait le plus souvent à partir du sang, sans opération.
Faits essentiels
- Le don est volontaire, gratuit et anonyme : on ne sait pas qui reçoit ses cellules, et le malade ne sait pas qui les lui a données.
- Il existe deux façons principales de donner : par le sang (le plus fréquent), ou par un prélèvement dans l'os du bassin sous anesthésie.
- Le corps reconstitue les cellules prélevées en quelques semaines : le donneur ne garde pas de séquelle.
- S'inscrire sur le registre des donneurs n'oblige à rien : un don n'a lieu que si vous êtes compatible avec un malade qui a besoin de vous.
- Un don peut sauver la vie d'une personne atteinte de leucémie ou d'une autre maladie grave du sang.
- En France, cette activité est strictement encadrée par l'Agence de la biomédecine ; les critères médicaux s'appuient sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS).
S'inscrire sur le registre des donneurs est assez courant, mais le don lui-même reste rare : il faut être compatible avec un malade, ce qui n'arrive que pour une petite proportion des personnes inscrites. Beaucoup de personnes passent des années sur le registre sans jamais être appelées, et c'est normal.
Le don concerne d'abord des adultes en bonne santé : en France, on peut généralement s'inscrire entre 18 et 35 ans, et donner jusqu'à un âge limite fixé par les règles nationales. Les hommes et les femmes sont concernés de la même façon. Du côté des malades, les receveurs peuvent être des enfants comme des adultes, atteints de maladies du sang ou de la moelle osseuse.
Symptômes
- Une douleur dans la poitrine, un essoufflement important ou un malaise avec perte de connaissance.
- Un gonflement du visage, des lèvres ou de la gorge, une difficulté à respirer ou à avaler (cela peut être une réaction allergique grave).
- Une fièvre élevée avec frissons et une sensation de confusion ou de grande faiblesse.
- Un saignement qui ne s'arrête pas au point de ponction malgré une pression de plusieurs minutes.
- Des maux de tête très violents et inhabituels, avec des troubles de la vue ou de la parole.
- ⚠Une fièvre supérieure à 38 °C dans les jours qui suivent le don.
- ⚠Une rougeur, une chaleur, un gonflement ou un écoulement au point de ponction.
- ⚠Des vomissements répétés ou l'impossibilité de boire.
- ⚠Une douleur osseuse intense qui vous empêche de bouger normalement.
- ⚠Une fatigue extrême qui s'aggrave au lieu de s'améliorer.
Symptômes courants
- Pendant les quelques jours de traitement avant un don par le sang : des douleurs diffuses dans les os (souvent le bassin ou le bas du dos), des maux de tête, une fatigue inhabituelle, parfois des nausées. Ces sensations s'arrêtent après le don.
- Pendant le prélèvement par le sang (on appelle cela une aphérèse) : des fourmillements autour de la bouche ou dans les doigts, une sensation de froid, une fatigue passagère. L'équipe soignante sait les reconnaître et les soulager.
- Au point de ponction (là où l'aiguille a été posée) : un bleu et une petite gêne pendant quelques jours.
- Après un prélèvement dans l'os du bassin : une douleur dans le bas du dos ou les hanches pendant quelques jours, comparable à une chute sur les fesses, et une grande fatigue pendant deux à trois jours.
- Une fatigue générale qui peut durer quelques jours à quelques semaines, le temps que l'organisme reconstitue ses réserves.
Causes
Causes principales
- Les leucémies aiguës ou chroniques, où la moelle osseuse fabrique des cellules anormales.
- Les lymphomes, des cancers du système lymphatique.
- L'aplasie médullaire, quand la moelle ne produit plus assez de cellules du sang.
- Des maladies génétiques du sang comme la drépanocytose, la thalassémie ou certains déficits immunitaires.
- Certaines maladies rares du métabolisme, surtout chez l'enfant.
- Après des traitements très lourds (par exemple une chimiothérapie à haute dose) qui détruisent la moelle osseuse et nécessitent de la « remplacer ».
Facteurs de risque
- Pour recevoir un don, il faut être compatible avec un donneur : cette compatibilité repose sur des marqueurs présents à la surface des cellules, appelés HLA. Elle est souvent trouvée dans la famille, sinon dans les registres de donneurs.
- Les maladies du sang ne dépendent pas du mode de vie : personne n'est responsable d'avoir besoin d'un jour d'un don.
- Pour donner, il faut être en bonne santé générale, avoir un poids suffisant et ne pas avoir certaines maladies transmissibles.
- Certaines situations empêchent temporairement ou définitivement le don : une grossesse en cours, une infection active, certains antécédents de cancer, ou un traitement incompatible.
- La diversité des donneurs compte : certaines origines sont moins représentées dans les registres, ce qui rend la recherche de compatibilité plus difficile pour certains malades.
Quand consulter un médecin
Consultez un médecin en urgence si :
- Si l'un des signes d'alerte listés plus haut apparaît après un don, contactez sans attendre le centre de prélèvement ou le 15 (SAMU).
- En cas de doute sur un symptôme, mieux vaut appeler que d'attendre : l'équipe qui vous a suivi connaît votre dossier et saura vous orienter.
- Si vous avez un malaise, une douleur intense ou de la fièvre dans les jours suivant un prélèvement sous anesthésie, faites-vous évaluer rapidement.
Prenez un rendez-vous de routine si :
- Vous souhaitez vous inscrire sur le registre des donneurs : parlez-en à votre médecin ou rapprochez-vous d'un lieu de collecte de sang ou de l'organisme qui gère le registre dans votre région.
- Vous êtes déjà inscrit et votre situation a changé (déménagement, grossesse, nouvelle maladie, nouveau traitement) : signalez-le pour que vos coordonnées et vos informations de santé restent à jour.
- Vous avez des questions sur la compatibilité, le déroulement du don ou la récupération : posez-les à l'équipe médicale, elle est habituée à les entendre.
Diagnostic
Il n'y a pas de maladie à diagnostiquer : avant tout don, l'équipe médicale vérifie surtout que vous pouvez donner sans risque pour vous et pour la personne qui recevra vos cellules. C'est ce qu'on appelle le bilan pré-don. Il se déroule en plusieurs étapes, sans urgence, et vous pouvez arrêter le parcours à tout moment.
Tests qui peuvent être effectués
- Un questionnaire de santé détaillé, sur vos antécédents, vos traitements, vos voyages et votre mode de vie.
- Un entretien avec un médecin et un examen clinique (tension, poids, état général).
- Une prise de sang pour vérifier la numération des cellules du sang et le fonctionnement du foie et des reins.
- Des analyses pour rechercher certaines infections transmissibles (comme le VIH ou les hépatites), afin de protéger le receveur.
- Un typage HLA, c'est-à-dire l'analyse des marqueurs de vos cellules, pour savoir avec quels malades vous pourriez être compatible.
- Selon les situations : un électrocardiogramme, un test de grossesse, ou d'autres examens demandés par le médecin.
À quoi s'attendre lors de votre rendez-vous
Le parcours prend souvent plusieurs semaines, parfois plusieurs mois, car chaque résultat doit être vérifié. Vous pouvez être contacté à tout moment pendant des années si vous êtes inscrit sur le registre. Si un malade compatible est trouvé, on vous rappellera pour confirmer votre accord et refaire quelques vérifications avant le don. Rien ne se fait sans votre consentement, à chaque étape.
Traitement
Ici, le « traitement » n'est pas un soin que l'on reçoit pour se soigner : c'est le don lui-même, suivi d'une courte récupération. Il existe deux techniques principales. La première, la plus fréquente, se fait à partir du sang : pendant quelques jours, un traitement fait passer les cellules souches de la moelle osseuse dans le sang, puis on les prélève par une machine qui trie les cellules et vous rend le reste de votre sang. La seconde consiste à prélever un peu de moelle osseuse directement dans l'os du bassin, sous anesthésie, au bloc. Le choix dépend de l'état du malade et de l'avis de l'équipe médicale, pas de votre préférence seule.
Soins personnels à domicile
- Buvez régulièrement avant et après le prélèvement : une bonne hydratation aide à récupérer.
- Reposez-vous les premiers jours, puis reprenez doucement une activité normale, sans forcer.
- Mangez équilibré, avec des aliments riches en fer si l'équipe vous le recommande après les prises de sang.
- Gardez le pansement au point de ponction au sec pendant le temps indiqué, et surveillez la zone.
- Notez les symptômes inhabituels (fièvre, douleur, saignement) et signalez-les sans attendre.
- Respectez les rendez-vous de suivi proposés par le centre de prélèvement.
Traitements médicaux
Avant un don par le sang, on reçoit pendant quatre à cinq jours un traitement qui stimule la moelle osseuse et fait circuler les cellules souches dans le sang. Ce produit est prescrit et surveillé par l'équipe médicale ; il peut provoquer des douleurs dans les os, ce qui est connu et surveillé. Le jour du don, votre sang passe dans une machine qui sépare les cellules souches, puis le reste du sang vous est rendu : on appelle cela une aphérèse, et cela dure quelques heures, confortablement installé. Pour un prélèvement dans l'os du bassin, on utilise une anesthésie générale ou une anesthésie locale puissante, et le geste dure environ une heure. Dans tous les cas, vous êtes accompagné et surveillé du début à la fin.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
Le prélèvement dans l'os du bassin se pratique au bloc opératoire, sous anesthésie, mais ce n'est pas une opération lourde : il n'y a pas d'incision, seulement quelques piqûres dans la peau, puis un prélèvement par une aiguille fine. On peut avoir mal au bas du dos ou aux hanches pendant quelques jours, et être fatigué. La plupart des donneurs reprennent une vie normale en une à deux semaines.
Vivre avec cette affection
Après un don par le sang, beaucoup de personnes reprennent leurs activités le lendemain ou dans les deux jours, en évitant simplement les efforts intenses. Après un prélèvement dans l'os du bassin, comptez quelques jours de repos à la maison, avec une gêne dans le bas du dos et une fatigue qui diminue progressivement. Un arrêt de travail de quelques jours peut être délivré si besoin. Conduire est souvent possible dès que vous vous sentez bien, mais demandez l'avis de l'équipe.
Conseils de mode de vie
- Dormez suffisamment : le repos est le meilleur allié de la récupération.
- Évitez les sports violents ou les efforts importants pendant quelques jours à quelques semaines selon la technique utilisée.
- Ne fumez pas dans les jours qui suivent, et limitez l'alcool : cela aide la cicatrisation et la récupération.
- Restez attentif à votre corps et notez ce qui vous semble anormal pour en parler.
- Continuez à donner votre sang si vous le souhaitez, en respectant les délais indiqués par l'équipe.
Alimentation et exercice
Une alimentation équilibrée, avec des protéines et des aliments riches en fer (viande, légumineuses, légumes verts) et une bonne hydratation, aide l'organisme à reconstituer ses réserves après les prises de sang et le don. La marche est une bonne façon de bouger les premiers jours ; reprenez le sport progressivement, en écoutant vos sensations plutôt qu'un calendrier strict.
Santé mentale et bien-être émotionnel
Donner peut susciter des émotions fortes : de la fierté, mais aussi de l'inquiétude, la peur des aiguilles, ou une pression que l'on se met soi-même à cause du malade qui attend. Certains donneurs se sentent tristes si le don ne peut pas avoir lieu, ou si le receveur va mal. Toutes ces réactions sont normales et méritent d'être exprimées. Si vous vous sentez en détresse, parlez-en à un professionnel de santé ; en France, le numéro national de prévention du suicide, le 3114, est joignable jour et nuit, gratuitement.
Prévention
Le don n'est pas une maladie : il n'y a donc rien à prévenir au sens médical. On ne peut pas prévenir le besoin qu'un malade aura un jour d'une greffe. En revanche, on peut prévenir les désagréments du don en respectant les consignes données par l'équipe (hydratation, repos, soins du point de ponction) et en signalant tout changement de santé avant le prélèvement.
Vaccins
Avant de donner, l'équipe vérifie que vous êtes à jour de vos vaccinations habituelles. Ce n'est pas une condition exceptionnelle : c'est simplement une façon de protéger à la fois le donneur et le receveur.
Programmes de dépistage
Le bilan réalisé avant le don joue le rôle d'un vrai contrôle de santé : questionnaire, examen médical et prise de sang peuvent révéler un problème que vous ignoriez. C'est aussi l'occasion d'en parler avec un médecin. Si vous souhaitez vous inscrire sur le registre, rapprochez-vous d'un lieu de collecte de sang ou de l'organisme qui gère le registre des donneurs dans votre région.
Complications
En l'absence de traitement
- Un point de ponction qui s'infecte peut devenir douloureux et rouge : cela se traite bien, mais il faut le signaler.
- Une fatigue importante qui persiste mérite un avis médical, pour vérifier qu'il n'y a pas d'anémie ou d'autre cause.
- Les réactions liées à l'anesthésie sont rares mais doivent être connues et surveillées les premiers jours.
- Chez le malade, en l'absence de greffe possible, la maladie du sang peut s'aggraver : c'est pourquoi chaque donneur compte.
Pronostic à long terme
La très grande majorité des donneurs récupèrent complètement, en quelques jours à quelques semaines, sans séquelle. Le risque de complication sérieuse est faible et l'équipe médicale est formée pour le prévenir et le prendre en charge. Surtout, ce geste peut offrir à une personne malade une chance de guérison ou de vie meilleure : c'est une expérience que beaucoup de donneurs décrivent comme marquante et positive.
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Dernière mise à jour: 3 novembre 2026
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